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JEAN-JACQUES BEINEIX

8 octobre 1946 - 13 janvier 2022

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En apprenant la mort de Jean-Jacques Beineix d'une maladie de merde, j'ai pensé "mais non il est jeune !". Et finalement bien qu'il n'ait pas eu le temps de devenir un vieillard, surprise, il avait 75 ans alors que pour moi il était resté le jeune homme des années 80.

Car oui, il me semble que Jean-Jacques Beineix est le cinéaste d'une génération. La génération de ceux qui étaient jeunes dans les années 80. Je pense que comme moi, vous attendez des films et que vous vous précipitez sans hésitation et sans même savoir de quoi il s'agit. Il suffit que le film soit "de"... J'attendais donc les films de Jean-Jacques Beineix car je savais que quoiqu'il arrive ce serait une aventure, un voyage, une surprise, une découverte. Je les ai donc tous vus. Et comme le dernier date de 2001, aucun n'est chroniqué sur cette route et je n'en ai pas revu suffisamment récemment pour en parler correctement. Mais tous m'ont marquée d'une façon ou d'une autre.

J'ai l'impression que la vie ou plutôt la carrière artistique de Jean-Jacques Beineix n'a été qu'une lente et longue dégringolade. Sa grande gueule, ses ambitions, ses choix esthétiques, la critique souvent assassine et les échecs commerciaux ont eu raison (c'est mon interprétation) de sa résistance et sans doute de ses finances. Quel dommage !

J'imagine que Diva et 37°2 le matin sont ses films les plus connus et les plus populaires. Le premier me laisse le souvenir d'une robe argentée dérobée, du Jardin des Tuileries au petit matin,de Richard Bohringer dans sa baignoire, d'une petite cleptomane sur patins à roulettes, de Jules petit postier poursuivi par des bandits ("Jules ! ça te va tellement pas que ça te va bien") et d'une chanteuse sublime et d'un air devenu mythique La Wally par Wilhelmenia Wiggins Fernandez.

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37°2 le matin s'ouvrait sur une scène de sexe terriblement troublante et réaliste. Comme on en voit peu au cinéma. On suivait le road movie d'un couple amoureux passionnés jusqu'à la folie et on découvrait une inconnue de 20 ans, une fille insensée, éblouissante, à la beauté explosive. Béatrice Dalle c'est Betty Blue forever. Et face à elle Jean-Hugues Anglade déconcerté et étourdi par sa beauté et son audace.

37°2 le matin « Le cinéma d'Impétueux

Je garde peu de souvenirs de Roselyne et les lions et de Mortel transfert qui pour le peu que je me souvienne n'étaient pas très bons. Par contre, je me souviens avoir été fort impressionnée et même bouleversée par IP5. Est-ce parce qu'il fut le dernier film d'Yves Montand (qui ne put finir le tournage) dont le personnage comme l'acteur meurt d'une crise cardiaque ? J'ai en mémoire un Yves Montand extraordinaire dans le film. C'est d'ailleurs celui-ci que j'aurais très envie de revoir.

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Mais celui dont je garde le souvenir le plus ébloui c'est La lune dans le caniveau qui a été littéralement massacré à sa sortie et n'a pas rencontré son public. Il est vrai que le film est étrange mais il m'avait hypnotisée. Et c'est en partie ce qu'on reprochait à Jean-Jacques Beineix, faire de belles images, trop cadrées, trop travaillées. Le film dont l'histoire se passe sur les docks a été entièrement tourné dans les studios de Cinecitta entre les plateaux de Leone et Fellini. Et justement cette esthétique évoque parfois Fellini qui m'avait subjuguée. Et jamais Depardieu n'avait été aussi beau. J'ai longtemps eu l'affiche et une image du film au mur chez moi.

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Un exemple de critique intelligente assassine.

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Commentaires

  • Nous reconnaissons humblement que notre culture cinématographique de Beineix reste limitée, surement à tort. Diva nous avait marquées à l'époque ; une nouvelle façon de filmer avec des images graphiques et une histoire qui était bien plus profonde qu'un simple thriller.
    On se rattrapera, il y aura sûrement quelques-uns de ses films à la télé...
    Passez un bon weekend

  • Oui c'était beau Diva. Un film très étonnant que j'ai revu. C'est vintage.
    Je pense aussi que nous pourrons désormais les voir à la télé.

  • Diva, je l'adore... Il m’hypnotise. Sa musique, ou Richard dans sa baignoire...
    37°2 le matin ou le soir... je crois que je ne l'ai vu qu'une fois, c'était il y a si longtemps... au moment de sa sortie ou presque. Et ça me rappelle que j'ai le roman à lire (mais c'est écrit tout petit, faut que je sois en forme, les yeux grands ouverts)
    Je me souviens aussi d'avoir été ému par IP5, est-ce que je le serais encore...
    Les films de Beinex ne sont plus souvent diffusés à la télé.

  • D'accord avec ce que tu dis. Et je me demande également si IP5 me plairait autant, les critiques sont tellement mauvaises !
    Et en ce qui concerne les livres écrits tout petit, quand j'étais petite je disais : "c'est du petit marqué".

  • Eh bien je crois que tu es plus apte que moi à chanter les louanges de Beineix (j'ai même du mal à orthographier son nom tellement je le connais mal). J'ai vu pas de ses films pourtant, à commencer par cette "Lune" qui reste assez floue néanmoins dans mon souvenir. Mais c'est sans doute celui dans lequel j'avais trouvé le plus de satisfactions (essentiellement visuelles je dois bien l'admettre). Pour le reste, il y a "Diva" vu au ciné, puis revu à la télé, mais qui a tendance à me taper sur les nerfs. "37.2°" s'est contenté du petit écran, mais un peu mieux apprécié, sans doute parce que je trouvais Betty à mon goût. Mais définitivement trop folle. Et puis j'ai vu "IP5" au ciné aussi. Mais alors là, aucun souvenir du tout. Film totalement effacé de ma mémoire, sinon un vague sentiment de profond ennui tout du long.
    Comme tu le constates, cela ne fait pas de moi un grand beineixophile.
    Heureusement que tu es là.

  • Oui Jean-Jacques exagère, 2 i dans son nom c'est trop qu'il n'en faut.
    Te moque pas, je ne suis pas tant apte sauf que j'ai découvert que j'avais vu tous ses films et qu'effectivement Beineix avec 2 i faisaient partie de ces réalisateurs dont j'attendais chaque film et qui m'a bien déçue pour les deux derniers.
    J'aimerais revoir IP5 et comprendre pourquoi il me reste le souvenir d'avoir été tant bouleversée.
    Pour moi aussi la Lune reste vague après la pluie... mais je suppose que comme toi qui trouvais Betty Blue à ton goût, je n'ai jamais vu Gégé aussi beau. Et puis les images restent gravées. Il faut dire que j'ai eu deux posters devant les yeux pendant des années. Un autre était celui de Molière d'Ariane Mnouchkine. Ce serait tellement bien qu'ils le ressortent au cinéma. Mais ça, c'est une autre histoire.
    Oui, heureusement que je suis là. Fais le savoir.

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