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LE DEUXIÈME ACTE - Ouverture Cannes 2024

de Quentin Dupieux ****

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Sélection officielle Cannes 2024 - HORS COMPETITION

Après la cérémonie d'ouverture de cette 77ème édition Quentin Dupieux nous livre son nouvel ouvrage plus cinématographique que jamais.

La cérémonie était placée sous le signe féminin du glamour et de l'élégance au cours de laquelle ont brillé Camille Cottin en maîtresse de cérémonie dont la voix a à peine tremblé au début de son beau discours rappelant la célèbre et hélas erronée prédiction de W.D. Pabst "En 2024, le cinéma aura contribué à éliminer de la surface du monde tout conflit armé" (quel rêveur ce William !), la Présidente Greta Gerwig et son vertigineux décolleté, Lilly Gladstone et son merveilleux sourire, puis Zaho de Sagazan à l'aise comme si elle avait pratiqué l'exercice de chanter et danser devant ce parterre depuis des décennies et enfin la reine d'entre toutes Meryl Streep et sa grande classe, sa beauté inaltérable, son intelligence. Les larmes (sur commande ?) de Juliette Binoche m'ont semblé plus agaçantes que touchantes.

LE DEUXIÈME ACTE de Quentin Dupieux ****

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Avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Louis Garrel, Raphaël Quenard, Manuel Guillot

Faire l'ouverture de l'un des plus prestigieux festival du monde ce n'est pas rien. Nul doute que la nouvelle folie de Quentin Dupieux en a dérouté et en déroutera plus d'un. Les commentaires à la sortie de la salle me laissent à penser que sans connaître ce réalisateur et son oeuvre, on risque d'être décontenancé. Et pourtant, comme toujours avec ce réalisateur original, différent mais qui ne cherche jamais (il me semble) à tomber dans la provocation facile, il faudrait (comme ce fut mon cas) ne RIEN savoir de ce que l'on va voir. Pour le peu que j'en ai lu, les encartés se chargent déjà d'en dire trop et d'éventer la surprise. C'est dommage et j'espère ne pas en faire de même. Sinon, ne lisez pas et revenez ensuite.

Je sais, en démarrant un film de Dupieux que je vais me faire balader voire malmener et c'est en partie ce qui m'attire. La bande-annonce est d'une folle originalité et donne un très léger aperçu de ce que sera la suite. Mais je préfère m'en tenir au synopsis officiel qui ne révèle rien :

"Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part".

Pour le reste sachez que le réalisateur déclare une fois de plus son amour du cinéma et surtout des acteurs. Il leur met en bouche des situations et des dialogues concoctés pour devenir cultes. Il se sert de la personnalité et de ce que nous connaissons ou croyons connaître de son quatuor d'acteurs complètement dévoué au projet pour les faire parler et nous faire tomber dans l'abîme d'un abîme et nous faire rire, parfois aux éclats, nous surprendre, nous laisser en apnée devant la force des joutes verbales et conclure brillamment son histoire parfois vertigineuse tant il brouille les pistes. La "chute" est parfois la petite faiblesse des films de Dupieux , ils semblent ne pas finir. Ici, c'est talentueusement conclus.

Et en nous baladant constamment entre vérité et fiction, entre le jeu d'un acteur et la réalité il glisse également en toute discrétion parfois les préoccupations actuelles concernant l'ère #metoo, le mépris des acteurs stars face aux "petites mains" du cinéma, les dangers de l'intelligence artificielle, le racisme, les handicapés, l'homophobie, l'antisémitisme, la fin, l'effondrement du monde, "défendus" par Vincent Lindon (Président !)... En parler ? Ne pas en parler ? Dire les mots ou pas ? Rien ne va plus, jamais. L'hypocrisie est partout.

Les quatre acteurs, et le quatrième inconnu Manuel Guillot, sont également exemplaires et TRES drôles. Les dialogues sont très vivants voire très vifs. C'est très drôle aussi. Oui je l'ai déjà dit. Je ne peux vous livrer la réplique dont je ne me remets pas mais voir Vincent Lindon sans moustache pour le tournage, s'en coller une pour la vraie vie donne une idée de la folie douce qui traverse la tête du réalisateur. Et les longs travellings forçant les personnages à échanger leurs répliques en marchant à vive allure me paraît être une véritable performance. Aucun ne tire la couverture, chacun apporte son aisance, sa personnalité, son professionnalisme et c'est admirable.

Du cinéma purement, simplement, joyeusement jubilatoire. J'en redemande ENCORE !

Commentaires

  • Du Dupieux tout craché, c'est toujours jubilatoire, mais comme trop souvent on a toujours l'impression qui ne sait pas comment terminer, ou plutôt comment étoffer certains aspects pour atteindre au moins 90mn. La première partie est un peu longue, la partie resto est de haut niveau, bien aimé la dernière partie, on passera sur les "rails" qui restent bien superflus...

  • J'ai trouvé que pour une fois il y avait une vraie conclusion complètement inattendue.
    Et oui, le long travelling sur rails est superflu. Une petite fantaisie dupiesque.

  • Rebonjour Pascale, un bon moment. Quand Lindon et Quenard s'en vont main dans la main à la fin, j'ai trouvé le moment touchant. C'et plutôt amusant dans l'ensemble. En revanche, tous les goûts sont dans la nature mais j'ai un collègue qui a vu le film (bof pour lui) et il a vu 5 ou 6 personnes dans sa salle partir avant la fin (comme quoi). Sinon, concernant l'hommage à Meryl Streep, elle était divine (avec un discours beaucoup trop court) mais Binoche était insupportable avec son texte interminable, je voulais qu'elle se taise. Bonne journée.

  • Rebonjour dasola.
    Dans la salle il y avait également des gens qui découvraient Dupieux. Je comprends que ce soit déconcertant mais sortir alors que le film dure 1 h 20... Bref, ils font ce qu'ils veulent.
    La relation Quenard Lindon est surprenante. Ils sont vraiment bien dans cette scène.

    Meryl était impériale comme toujours.
    Juliette avec son pauvre papier écrit en caractère taille 72 parce que porter des lunettes ce doit être dégradant essayait de bien tirer la couverture à elle. Son discours était LONG, aucune humilité et son émotion factice. Une vraie actrice en somme, capable de pleurer sur commande et de s'arrêter instantanément. La pauvre Meryl a dû s'adapter pour réagir à ce torrent de larmes mais Juju ne lui en a pas laissé le temps. Triste prestation.

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