03.10.2009
Mary et Max de Adam Elliot ***


Mary vit en Australie. C’est une petite fille de 8 ans assez moche, triste et seule aux yeux couleur "gadouille". Elle a une tâche de naissance couleur "caca" sur le front. A l’école elle est le souffre-douleur des autres enfants. Son père ne s’intéresse pas à elle et sa mère, kleptomane mal dans sa peau, qui lui a révélé qu’elle était "un accident" noie son mal de vivre dans l’alcool et le tabac. Un jour, Mary arrache la page d’un annuaire américain et écrit au hasard à un New-Yorkais dont le nom l’amuse, elle lui demande d’être son correspondant.
C’est Max Horowitz qui reçoit la lettre. Il a 44 ans, il est juif, obèse et il souffre d’une forme d’autisme : le syndrome d’Asperger. Sa maladie qu’il refuse de considérer comme un handicap lui provoque, à la moindre contrariété, au moindre évènement qui dérègle l’harmonie symétrique de son quotidien, d’incontrôlables crises d’angoisse. Sa vie sociale est fortement affectée par cette maladie qui l’a déjà conduit et le ramènera encore en hôpital psychiatrique.
Les deux vont forcément s'entendre et surtout se comprendre.
Il s’agit de mon premier film en pâte à modeler. Il n’est donc jamais trop tard… Et j’ai été bouleversée.
Dès les premières images, sublimes, un New-York pré-11-septembre-2001 avec twins de guingois, une banlieue melbournienne de traviole et des personnages tout grisouilles et pas jobards dont le moindre défaut physique est accentué, j’ai oublié la technique pour être littéralement happée par l’histoire délicieuse et douloureuse de Mary et de Max.
Avant toute chose, sachez que je crois qu’il me semble raisonnable d’éloigner les enfants de ce film. Cette relation épistolaire dépressive et poignante est parfois très éprouvante tant Mary et Max accumulent les chagrins inconsolables et les imprévus négatifs. En dehors de leur amitié solide mais parfois mise à l’épreuve du temps et de la distance sur plus de 20 ans, ils vont connaître bien des déboires, déconvenues, moqueries et trahisons.
Un film avec de vrais acteurs humains vivants aurait sans doute été un mélo insoutenable… Ici, on assiste à un spectacle de pure poésie animée, ce qui ne retire rien à la force des émotions ressenties.
L’amitié, l’obésité, la maladie, la sexualité, l’homosexualité, la religion, la difficulté de vieillir, la différence, le passage à l’âge adulte… tout est évoqué avec humour souvent, délicatesse et tendresse toujours, mais à la fin « on » pleure.
10:24 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : mary et max, adam elliot, cinéma, animation
