vendredi, 02 mai 2008
Deux jours à tuer de Jean Becker °°

Comme l’affirme l’exécrable expression populaire, Antoine a tout pour être heureux : une jolie femme toujours souriante dans sa cuisine, de jolis enfants qui se couchent à 19 heures sans broncher, une belle maison de bourge (mais pas suffisamment grande pour que les enfants aient chacun leur chambre !!!), une énorme voiture qui se fait flasher à 240 sur l’autoroute, un métier merveilleux (publicitaire), des amis infaillibles, et surtout un chien fidèle… Par un beau matin de printemps, Antoine pète un plomb et décide d’envoyer péter tout le monde, femme, enfants, amis (mais pas le chien). Chacun en prendra pour son grade pour pas un rond et sera rhabillé pour l’hiver au même tarif.
De mémoire de cinéphile je ne me souviens pas avoir vu un film aussi détestable de bout en bout avec la très désagréable impression d’être prise pour une conne. Les films de Jean Becker toujours ancrés dans le terroir étaient jusque là naïfs au mieux, au pire réacs comme je l’ai lu souvent. Il s’y dégageait néanmoins un parfum pas désagréable de sincérité, de bonhomie et les bons sentiments s’y ramassaient à la pelle. Ici, dès le début et la tirade surfaite d’Antoine au boulot, calquée sur celle des nez de Cyrano sonne faux. La suite sera à l’avenant et la méchanceté d’Antoine ne sera à aucun moment justifiée malgré la grande révélation finale (qu’on flaire au bout d’un quart d’heure… demandez à moitié, je lui avais dit « non, me dis pas que… ? » Et si U_U) par ce qui lui arrive. Comme Jean Becker prend le spectateur pour un con, j’ai appris qu’il avait demandé dans le dossier de presse de ne pas révéler la fin du film… Le pauvre ! Je mets au défi quiconque de ne pas avoir compris dès le début du film, mais je vais respecter ce vœu uniquement parce que je suis lâche et je ne veux pas d’ennui avec la police. Cela dit, quoiqu’il arrive à ce type, jamais on n’accepte ni on ne comprend pourquoi il en vient à régler ses comptes avec autant d’acharnement et de brutalité, surtout pour implorer beaucoup plus tard une demande de réhabilitation aux yeux de tous… Ses amis sont riches, bon, et alors. Apparemment l’argent qu’ils ont, ils ne l’ont volée à personne et lui aussi semble s’être bien repu du système qu’il condamne. Lorsqu’il décide de tout quitter il le fait quand même au volant de son énorme voiture ostentatoire. Avant cela il regarde sa femme dans le blanc des yeux et lui affirme qu’il ne l’aime pas. Il prend un malin plaisir à être inutilement cruel avec ses enfants (je dirai 5 et 8 ans…). Seul le chien sera épargné et méritera jusqu'au bout caresses et attention.
Et le voilà parti, direction l’Irlande où vit son père, misanthrope et pécheur à la mouche devant l’éternel qui l’a abandonné à l’âge de 13 ans. Grandes retrouvailles, grandes révélations… que dalle et le pire, l’émotion est absente, le cœur et les yeux demeurent irrémédiablement secs. Reste quelques vues superbes de l’Irlande mais c’est trop peu pour que cessent les soupirs de consternation devant cet inutile et stupide jeu de massacre.
Que penser d’un film dont la première heure est une épreuve, la dernière demi-heure un attrape-nigaud et qui ne traite bien que les chiens ? Rien de bon en tout cas. Fuyez.
08:05 Publié dans 7 °° En route vers le néant absolu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : deux jours à tuer, cinéma
Commentaires
Écrit par : hervé | samedi, 03 mai 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | samedi, 03 mai 2008
Répondre à ce commentaireEd. : Dupontel est irréprochable anéfé mais comme je l'ai entendu dire dans une interview qu'il comprenait tous les actes de son personnage... je me dis qu'il n'a pas toute sa tête.
Écrit par : @hervé@Ed | samedi, 03 mai 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sandra.M | samedi, 03 mai 2008
Répondre à ce commentaireDupontel, ah Dupontel... c'est vrai que je suis injuste et que j'aurais dû mentionner quel acteur il est ici ! Et puis non ! Poubelle !
Écrit par : @Sandra M. | samedi, 03 mai 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sandra.M | dimanche, 04 mai 2008
Répondre à ce commentaireToi aussi t'es fin prête pour les JO. La championne de la pirouette finale : la déclaration de haine qui se transforme en déclaration d'amour ah ah ah !!!
Écrit par : @Sandra M. | lundi, 05 mai 2008
Répondre à ce commentaireMais je ne comprends absolument pas les motivations du personnage.
QUE CEUX QUI VEULENT VOIR LE FILM NE LISENT PAS LA SUITE.
Tout saboter, tout plaquer pour aller en Irlande régler ses comptes avec son père et finir ses jours d'un cancer qu'il a caché à tout le monde, famille et amis. C'est pas crédible ! Même si on a la crise de la quarantaine, si on ne voit plus le sens de sa vie, on parle à quelqu'un de sa terreur de mourir. On n'abandonne pas des enfants et une femme quand on les aime après s'être rendu totalement odieux à leurs yeux. Je n'y crois pas une seule seconde. Je ne travaille pas dans le secteur médical ou psy, je n'ai donc pas une grande idée des comportements et des motivations des gens atteints de maladie incurables, mais je n'arrive pas à croire à ce type de comportement.
Ce film est foncièrement misanthrope, bêtement dénonciateur d'une certaine bourgeoisie ouest-banlieusarde et en même temps, c'est ce monde là que le réalisateur se complait à montrer.
Le début est intéressant, drôle même si c'est odieux, car on attend une explication plausible. Mais la fin ne tient pas la route. Elle est bâclée, superficielle et humainement odieuse malgré la beauté des paysages irlandais.
Écrit par : apsarine | vendredi, 06 juin 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @apsarine | samedi, 07 juin 2008
Répondre à ce commentaireDétestable !
Écrit par : Foxart | samedi, 27 février 2010
Répondre à ce commentaireJ'ai rien compris à ce film !
Écrit par : de Pascale @ Foxart | samedi, 27 février 2010
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