dimanche, 14 septembre 2008
La belle personne de Christophe Honoré **



Dans un lycée parisien où les profs et les élèves rivalisent de beauté éthérée et se mélangent au gré de leurs amours possibles ou interdites, Junie est la « nouvelle ». Elle va chambouler la tête, le cœur et la vie d’Otto, un garçon de son âge et de Nemours, son prof d’italien.
Evidemment on ne peut le nier et comme l’a écrit Madame de La Fayette « jamais cour n’a eu tant de belles personnes ». J’aurais aimé adorer ce film pour plein de raisons. Notamment parce qu’il est de Christophe Honoré qui m’a valu mes plus belles émotions « trufaldiennes » (oups !) et cinématographiques de ces dernières années et la découverte de quelques acteurs sublimes. Hélas, cette mayonnaise n’a pas pris, je n’ai cru ni à l’histoire ni aux effets collatéraux en cascade qu’elle entraîne. La patte de Christophe Honoré est là pourtant, indéniablement, ne serait-ce que dans sa façon inimitable de filmer Paris qui donne encore et encore le désir de redécouvrir la ville en dehors de tout circuit touristique. Mais la passion censée animer et détruire les trois personnages en présence m’a laissée de glace. Elle nous est imposée sans qu’on comprenne bien pourquoi et comment cette gamine boudeuse aux yeux rouges (elle vient de perdre sa maman…), ado dans le pur style fille perdue cheveux gras, peut séduire et ravager le cœur des deux garçons. Il faut dire que la fille, la toute nouvelle Léa Seydoux qui semble enflammer aussi les critiques malgré sa diction approximative et son jeu limité ne m’a pas convaincue du tout ; et qu'ils cessent de la comparer à Adjani, pitié ! Il faut dire aussi que mon cœur de pierre était déjà resté de marbre devant la « Naissance des pieuvres » l’an passé, autres ados ronchons et soupirantes. J’aime être emportée par le souffle épique et romanesque des passions romantiques mais je pense que les émois adolescents et capricieux des cours de récré ne me captivent pas. Autant une héroïne shootée au spleen existentialiste peut électriser quand elle est interprétée, incarnée par une actrice qu’on sent bouillonner et animée de l’intérieur autant il ne reste que des bouderies lunatiques exaspérantes quand c’est une petite fille qui s’y colle…
Face à elle, les deux très aristocratiques Louis Garrel (sublime, qui peut alterner dans la même scène humour, légéreté et désespoir) et Grégoire Leprince Ringuet (la grâce et la ferveur incarnées) sont les joyaux de ce film également illuminé par les apparitions (c’est rien de le dire) luminescentes, flamboyantes, fulgurantes des merveilleuses Chiara Mastroiani et Cothilde Hesme.
09:54 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : la belle personne, cinéma
Commentaires
Je partage ton point de vue de A à X (non pas de A à Z parce que, parce que, Louis Garrel.) Ce grand échevelé me fait toujours frissonner et sa seule présence me suffit à adorer un film qui par ailleurs ne casse pas forcément des briques.
Léa S., pour coller au plus près de l'actu, m'a semblé être une apparition divine (sublime dans son genre ado-paumée-à-la-coupe-de-cheveux-années-folles) jusqu'au moment où elle a ouvert sa bouche, notamment dans la scène où elle s'entretient avec Otto au sujet d'un homme qu'elle tenterait de fuir, sa diction est irritante, on dirait qu'elle annone son texte sans faire l'effort d'y mettre du sens.
Grégoire L-R n'est pas si mal (trop mièvre à mon goût, je l'ai préféré dans son rôle d'homo qui course après Garrel), sympa les apparitions de Chiara et de Clothilde.
Bref pas le film de l'année, mais, mais, mais : Louis Garrel. Raaaaaaaaa, quel regard, quel présence, quelle moue !!!!!
Écrit par : Marine | dimanche, 14 septembre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marine | dimanche, 14 septembre 2008
Répondre à ce commentaireJe suis contente d'avoir l'avis d'une "jeune" sur la prestation de Léa Seydoux. J'ai failli le mettre dans cette note qu'effectivement j'avais le sentiment qu'elle ne comprenait absolument rien à ce qu'elle avait à dire, faire et interpréter... Terrible pour un acteur. Donc, la déception de ce film tient peut-être à cette colossale erreur de casting.
Et merci Arte :-)
Écrit par : de Pascale @ Marine | dimanche, 14 septembre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | mercredi, 17 septembre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Ed | samedi, 20 septembre 2008
Répondre à ce commentairePeur de ses sentiments ? Désir à tout prix de garder le controle, ce film m'a fait penser à "ne Touchez pas la Hache " de Rivette, en voulant garder la maitrise de ses sentiments on finit par tout perdre !
J'avais enregistré sur arte puis suis finalement allé le voir sur grand écran..c'est quand meme autre chose que les 30cm de mon poste TV..
I hate TV ! but I like Cinoche !
Écrit par : kilucru | dimanche, 21 septembre 2008
Répondre à ce commentaireBref j'écris surtout pour dire bravo, bravo pour ce site très riche et surtout très souvent actualisé. Petite nouvelle sur la blogosphère, j'avoue être fan de ciné aussi mais ne pas suivre au même rythme les sorties ciné ! Je reviens tout de même de Stella, à voir vraiment !
Écrit par : Yon | vendredi, 14 novembre 2008
Répondre à ce commentairePour Stella : aussitôt dit, aussitôt fait. Film magnifique.
Là je me suis bien retrouvée... Question de génération sans doute !:-)
Écrit par : de Pascale @ Yon | samedi, 15 novembre 2008
Répondre à ce commentaireC'est Léa qui vous parle...
Je vous remercie pour ces critiques...qui me blessent terriblement.
Et vous au fait qui êtes vous pour critiquer de la sorte?
Tous les goûts sont dans la nature.
Heureusement pour moi.
Écrit par : L | dimanche, 11 janvier 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ L | dimanche, 11 janvier 2009
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