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WELCOME

de Philippe Lioret ***

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Simon est maître nageur à Calais. Il ne va pas très bien car il est en train de divorcer de la femme qu’il aime encore. Un jour, presque malgré lui Simon vient en aide à Bilal, un jeune Irakien du Kurdistan qui rêve de rejoindre sa belle qui vit en situation régulière à Londres. Alors qu’il échoue à faire la traversée dans un camion avec d’autres « migrants » et après avoir payé (cher) un passeur, Bilal prend la décision de tenter de traverser la Manche à la nage. Simon va tenter de le soutenir, de le dissuader (10 heures de nage dans une eau à 10°…) puis devant l'obstination du jeune homme de l’entraîner.

 

 

Il FAUT voir ce film, car c’est le premier film hors la loi de tous les temps. Le fait qu’il ait fortement déplu à Eric Besson et au gouvernement rance auquel il appartient me semble être un autre argument. Il faut savoir que la non-assistance à personne en danger est punie par l’article 223-6 du Code pénal. Aider des personnes en situation irrégulière est par ailleurs aujourd’hui passible de cinq ans de prison. Ces incohérences et contradictions sont parfois délicates à gérer pour les calaisiens compatissants, charitables, humains qui se retrouvent avec un échantillon du quart monde à leurs portes et l’interdiction de les aider sans risque de foutre leur vie en l'air à leur tour. Même l’Association Salam (dont je vous avais déjà parlé lorsque j’avais assisté au tournage du film de Jean-Pierre Améris « Maman est folle », mais qui n’avait pas eu les honneurs d’une sortie en salle) qui distribue nourriture et vêtements est parfois chassée manu militari des quais de Calais. Philippe Lioret nous montre et nous démontre ce quotidien de l’horreur de façon quasi documentaire mais sans pathos jamais et sans insister sur le côté misérable de ce que vivent ces personnes qui ont quitté leur pays (souvent) en guerre pour cet ailleurs qu’ils ont rêvé meilleur et qui les transforme en bêtes traquées. Le réalisateur rappelle (discrètement) qu’il y a une soixantaine d’années, aider les juifs pouvait s’avérer dangereux et l’inquiétude que peut inspirer cette assimilation.

 

 

Il y a aussi et néanmoins beaucoup de cinéma dans cette histoire, un sens du suspens et de la narration impeccables qui en font un « vrai » film. La partie divorce de Simon qui justifie son attitude solitaire, triste, abandonnée est moins convaincante (bien que portée par un Vincent Lindon impérial) mais pour le reste, si Philippe Lioret nous avait fait verser des torrents de larmes à « Je vais bien, ne t’en fais pas », c’est ici à la révolte et au dégoût qu’il nous confronte. Même s’il n’insiste pas lourdement sur l’aspect dramatique et bouleversant de la situation des migrants, on est pourtant saisi de honte et d’écoeurement. C’est peut-être aussi parce que j’ai vu de mes yeux vus ces endroits et ces « gens », que j’ai rencontré quelques bénévoles de l’Association Salam et pas uniquement au travers de l’écran que j’en suis encore plus bouleversée. En tout cas, ce qui se passe là-bas est bel et bien choquant et scandaleux, avec la mer du Nord (ou presque) pour dernier terrain vague .

 

Face au jeune acteur non professionnel, Firat Avverdi, magnifique et convaincant, il y a

Vincent Lindon

imposant,

magnétique,

immense,

au zénith...

Welcome - Vincent Lindon

 

 

P.S. : méfiez-vous de vos voisins qui ont un paillasson "Welcome" devant chez eux...

Et Ma Moitié va encore plus loin, il dit "méfiez-vous des gens qui ont un paillasson"... :-)

 

 

Commentaires

  • C'est vraiment un intégriste ce moit.

  • Oui, Welcome, j'allais le dire ! Enfin je me comprends... Oui ? Ou bien ?

  • hervé : oui, moitié intègre moitié triste...

    Loreal : non, toujours pas ! ;-)))

  • Mazette ! les affaires reprennent...

  • Il était temps.
    T'as un paillasson toi ?

  • Entièrement d'accord avec toi sur ce film, qu'il faut absolument voir.

  • rien que pour la scène effarante, qui rappelle une France d'une autre époque millésimée 1943, du contrôle de CO2 dans les camions, ce film est indispensable !!!

  • Superbe film, à la fois grand moment de cinéma et révoltante dénonciation d'une situation assez inextricable, on en ressort la gorge nouée et la larme à l'oeil, grâce aussi au talent des interprètes, bravo Mr Lindon!

  • Beh non le portail n'est pas assez grand... :oD

  • Aifelle : absolument.

    Nico : pas seulement mais aussi.

    Georges : aaaah Lindon. Je vais aller voir si tu as mis une belle photo :-)

    Frederique : j'suis branque... un paillasson devant un chateau o_O !!!

  • Entends tu bien le cri de ta télé ce soir au fond de Baltar ???
    je compte sur toi pour me faire rire demain matin dès potron minet...

  • Ah! enfin je comprends le coup du paillasson. Ben moi, avec mon drapeau américain ....

  • Philippe Lioret signe une nouvelle fois un film poignant, intense, sur une uatre registre que Je vais bien ne t'en fais pas. L'aspect politique est magnifiquement montré, par petites touches, ce qui évite l'effet démonstratif. Plus encore que les controles au CO2, c'est le marquage au feutre qui m'a sidéré et vraiment inquiété.
    Un film fort, un vrai moment de cinéma, servi par un merveilleux Vincent Lindon. A voir, rien que pour emm.... Besson !

  • J'ai bien hâte qu'il sorte à Montréal!

  • Frederique : les rugissants dès potron ??? Tu rêves ! Faut que je me rassemble d'abord.

    Ed : tu l'as donc vu Dada ?

    Yohan : à voir AUSSI pour emme.. Besson !

    Charles Henri : tu verras, c'est un épisode glorieux de ce qui se passe en France !!!

  • Nan, mais j'ai compris que ça avait rapport avec ce film, dont je connais le thème, bien que je n'aie pas lu ta note, puisque je ne lis qu'après...
    Je comprendrai donc encore mieux après !

  • Ohhhhhh, Ed elle ne lit même pô tes notes, elle regarde juste les images......

  • Film très fort, Vincent Lindon Genialissime, moi qui ne prétait pas attention aux clandestins, je passais mon chemin avec mes petits soucis, je ne les regarderai plus de la même façon. Je vais tacher de me souvenir qu'ils ont des rêves, des espoirs, des familles, de l'amour, des souvenirs, de la fierté, qu'ils sont comme nous, sauf qu'ils sont nés au mauvais moment, aux mauvais endroits!

  • Ed : et t'as vu quand on regarde mon paillasson à l'envers ce que ça donne ???

    hervé : t'inquiète je le sais, elle s'en est déjà vantée... Quel foin elle ferait si j'en faisais autant avec ses notes !!!

    zygaena : et oui ! Comment réagirions-nous si nous avions, comme à Calais, des centaines et des centaines de clandestins qui errent dans les rues, sales, traqués, affamés...

  • Ce film m'a fait aimer Vincent Lindon.

  • Je l'ai toujours aimé !

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