vendredi, 08 janvier 2010
Bright Star de Jane Campion **



John Keats, jeune poète pauvre de 23 ans et sa voisine Fanny Brawne font connaissance et commencent par être comme chien et chat puis rapidement happés, envahis par un amour bouillonnant qui les submergent.
Le meilleur ami de Keats et la mère de Fanny tentent de s’opposer à cet amour que seule la mort pourra anéantir.
Cette histoire est d’un romantisme insensé et d’une pureté rare. Les deux amoureux s’effleurent, du bout des doigts, du bout des lèvres et s’en contentent manifestement. Ce qui les enchante et les transporte au-delà de tout sont les mots et les lettres qu’ils s’échangent qui les embrasent littéralement.
Devenus plus qu’amis, vivant sous le même toit mais dans des chambres séparées, Fanny couturière élégante mais pas sotte demande à John de lui apprendre la poésie. Elle semble mieux que quiconque comprendre le talent du jeune homme dont le premier ouvrage est massacré par la critique.
Les poèmes de Keats comme ce film sont hantés et habités par la beauté, beauté évidente bien que pas classique des interprètes, beauté de la nature caressée par la caméra amoureuse de Jane Campion, beauté des textes et l’imminence de la mort « Je rêve que nous sommes des papillons n'ayant à vivre que trois jours d'été..." Cette proximité de la mort et la noirceur de certains textes n’effraient en rien la jeune fille qui aime à s’en rendre malade à la moindre séparation. Tout comme le jeune homme qui affirme « J’ai l’impression de me dissoudre » dès qu'il s'éloigne de son aimée.
Malgré ce souffle d’un romantisme exacerbé, la perfection de l’ambiance, de la nature luxuriante, lumineuse et colorée, des intérieurs élégants et moelleux, de la jeunesse et de la fougue des deux acteurs parfaits, Ben Whishaw et Abbie Cormish (impressionnant sosie de Nicole Kidman), de leurs sentiments fiévreux et exaltés, malgré mon attirance pour les romances délicieuses et enivrantes du XIXème siècle, et mon cœur de midinette qui ne rêve plus du prince charmant, à aucun moment je n’ai été transportée et enivrée par cet amour. Il semble que les deux tourtereaux soient plus amoureux de l’idée qu’ils se font de l’amour que de la personne cause de tous leurs tourments. Ils ne paraissent jamais si ardents que lorsqu’ils sont séparés.
En outre, on ne comprend pas bien les oppositions à leur union puisqu’ils vivent sous le même toit… Et le personnage de Brown l’ami omniprésent et empêcheur de s’aimer en rond est horripilant comme il est rare qu’un l’acteur puisse l’être.
Incroyable qu’un film romantique aussi tragique m’ait laissé les yeux secs. Il est d'une élégance folle, empli d'images et de sentiments sublimes mais m'a toujours tenue à distance.
Cela dit le générique de fin est l’un des plus beaux que j’ai jamais entendu… mais le rendez-vous est quand même manqué selon moi et je le regrette infiniment.
"Cette main vivante, à présent chaude et capable
D’ardentes étreintes, si elle était froide
Et plongée dans le silence glacé de la tombe,
Elle hanterait tes journées et refroidirait tes nuits rêveuses
Tant et tant que tu souhaiterais voir ton propre cœur s’assécher de son sang
Pour que dans mes veines coule à nouveau le flot rouge de la vie,
Et que le calme revienne dans ta conscience – regarde, la voici, –
Je te la tends."
15:17 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : bright star de jane campion, ben whishaw, abbie cormish, cinéma
Commentaires
sosie de la Kidman !
ah quelle horreur !
Écrit par : FredMJG/Frederique | vendredi, 08 janvier 2010
Répondre à ce commentaireT'as même pas mis un lien vers ma critique enflammée. Alors que le cynique que je suis a parfaitement fondu devant cette très grande,histoire d'amour.
Écrit par : Rob | vendredi, 08 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | vendredi, 08 janvier 2010
Répondre à ce commentaireRob : t'as fondu aussi devant Coco. T'es plus crédible mon pauvre Robinet.
Ed : yes. You'll be welcome.
Écrit par : de Pascale @ Fred, Rob, Ed | vendredi, 08 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : FredMJG/Frederique | vendredi, 08 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sandra.M | samedi, 09 janvier 2010
Répondre à ce commentaireSandra M. : oui j'avais eu une journée où je m'étais coiffée, maquillée, habillée toute seule comme une grande. Je n'étais pas passée entre les mains de la coiffeuse de Ben Whishaw et hélas... je n'ai pas vibré sauf au générique qui m'a envoûtée !
Écrit par : de Pascale @ Fred@SandraM. | samedi, 09 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ SandraM. | samedi, 09 janvier 2010
Répondre à ce commentaireComme personnage secondaire, j'ai beaucoup la petit soeur fraîche et naturelle.
Écrit par : Papillon | samedi, 09 janvier 2010
Répondre à ce commentaireIl a fallu que je me concentre intensément pour me souvenir de la petite soeur...
J'ai cru aussi que je n'avais pas de coeur et surtout que j'avais perdu le bonheur de m'émouvoir et soupirer pour ce genre de film (comme"Raisons et sentiments" ou "Retour à Howards End)... mais je vois que je suis de moins en moins seule. Ouf.
Écrit par : de Pascale @ Papillon | samedi, 09 janvier 2010
Répondre à ce commentaireMais Bright Star est tout de même un très beau film (trop beau ? Je ne pense pas.)
Écrit par : Yohan | dimanche, 10 janvier 2010
Répondre à ce commentaireLes problèmes d'intendance et de vie commune sont effectivement très flous.
Je ne me suis pas ennuyée mais j'aurais aimé être foudroyée.
Écrit par : de Pascale @ Yohan | dimanche, 10 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alexandre mathis | dimanche, 10 janvier 2010
Répondre à ce commentaireEtrange sensation...
Ah oui, la dame là avec toutes ses invraisemblables galurins, elle aurait pas un peu le tarin en trompette ?
M'en vais cueillir des camélias, ça m'occupera l'esprit !!
Écrit par : FredMJG/Frederique | dimanche, 10 janvier 2010
Répondre à ce commentaireFred : Oh oui ce nez... quelle horreur ! Et pourquoi des camélias ? tu tousses ?
Écrit par : de Pascale @ alexandre mathis @ Fred | dimanche, 10 janvier 2010
Répondre à ce commentaireEuh, juste, ils ne vivent pas vraiment sous le même toit. Ou alors, dans un HLM tous les gens de tous les apparts vivent sous le même toit ?
Écrit par : Ed | mercredi, 13 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alexandre mathis | mercredi, 13 janvier 2010
Répondre à ce commentaireSi ils sont sous le même toit.
alexandre mathis : aïe, ça fait mal la douleur !
Écrit par : De Pascale @ alexandre mathis @ Ed | jeudi, 14 janvier 2010
Répondre à ce commentaireEt j'ai passé le film à trouver à l'acteur de Brown un air de François Xavier Demaison!
Écrit par : coming soonn | lundi, 18 janvier 2010
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