22/08/2012
VOIE RAPIDE de Christophe Sahr **



Alex n'a qu'une passion dans la vie : sa voiture, un machin jaune citron customisé jusqu'à plus soif ! On ne peut même pas dire que sa compagne, la courageuse et compréhensive Rachel et leur petite fille Jennifer, passent en seconde position ; au mieux, il ne sait comment s'y prendre avec elles, au pire elles ne l'intéressent pas. En outre, exprimer des sentiments est au-delà de ses compétences. Ce dont il est certain, c'est de s'être fait piéger par Rachel qui lui aurait "fait un enfant dans le dos". Par contre il partage ses soirées avec son meilleur ami atteint de la même ivresse du tuning, du barouf des enceintes, de la vitesse et des jeux vidéo (avec des voitures dedans). Mais un soir alors qu'il est lancé à toutes berzingues sur la voie rapide, Alex renverse, tue un piéton et prend la fuite. Il ne parle à personne de son accident mais rapidement taraudé par la culpabilité, son comportement change.
Avec un tel sujet, le réalisateur aurait pu faire de son héros un loser marginal. Il choisit et c'est tant mieux, d'en faire un type ordinaire qui a un boulot, un logement, vit une relation durable. Le quotidien sans charme ni saveur d'Alex est parfaitement décrit. Et si lui ne rêve que de voitures qui font vroom, Rachel aspire à une vie de famille avec de vraies vacances à la mer. Elle pourrait être le point d'ancrage d'Alex, mais il est aveuglé par sa passion à laquelle il sacrifie tout. L'accident dont il est l'auteur va justement le mettre face à ses responsabilités. Mais dans un premier temps il va choisir d'épier la mère du jeune garçon mort, puis tout faire pour la rencontrer. En se rendant chez ses propres parents, il tentera bien de chercher une oreille compatissante voire attentive. Quelle erreur ! En une scène cruelle, le sort des relations familiales est réglé. Puis Alex rencontrera la mère du jeune homme... Et là, le réalistateur se prend complètement les pieds dans le tapis. Et la partie centrale du film subit une vraie baisse de régime, d'intérêt et de tension à cause de cette improbable rencontre. La scène où Alex rejoint la mère du garçon à l'étage est d'une absurdité et d'une invraisemblance sans nom ! Etant donné le nombre d'années que Christophe Sahr a passé à travailler et retravailler son scenario, comment se fait-il que personne ne lui ait dit que cette scène ne tenait pas la route ?
Nonobstant cette sortie de piste, il faut reconnaître que la toute dernière scène, inattendue voire inespérée rattrappe les faiblesses. Johan Libéreau fait une nouvelle fois des prouesses dans le rôle d'un petit merdeux, taiseux et maussade qui résiste à voir la lumière. Et Christa Théret est impressionnante en jeune femme amoureuse, responsable, attentive et tolérante.
08:26 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : voie rapide de christophe sahr, cinéma, johan libéreau, christa theret, isabelle candelier

Commentaires
Écrit par : Marion | 22/08/2012
Répondre à ce commentaireY'a différence entre dire ce qu'on pense et ce qui se passe !
La scène avec la mère... avec LES mères je devrais dire, est impardonnable.
Enfin celle avec la sienne... ça va. On comprend que le garçon a un passif pas piqué des vers !
Écrit par : @Marion | 22/08/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Julie | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @julie | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sandra.M | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireMais Johan grandit n'est ce pas ?
Écrit par : @Sandra M. | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireQuant à la miss, elle était déjà cette amoureuse esseulée de M.A Grondin dans Mike. Elle le fait très bien au demeurant.
Écrit par : Lalalère | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireEt puis toi, tu n'as peut-être pas eu l'honneur de danser avec lui à Cabourg :-)
Écrit par : @Lalalère | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireY cause bien l'garçon ?
Écrit par : Lalalère | 25/08/2012
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