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06/01/2014

2 AUTOMNES 3 HIVERS de Sébastien Betbeder ***(*)

2 AUTOMNES 3 HIVERS de Sébastien Betbeder, vincent macaigne, maud wyler, bastien bouillon, audrey bastien, pauline étienne, cinéma

Arman, bac + 5, vivote de petit boulot en petit boulot, mais à 33 ans il prend des résolutions :


fonder une relation, un truc, il ne sait pas trop quoi en fait. Et d'abord, courir.

Lors de sa première séance de jogging, il percute Amélie, 27 ans, belle comme un astre (Maud Wyler, belle comme un astre). Ils se séparent, se recroisent sans échanger leurs 06. Désormais Arman n'a plus qu'une idée en tête : retrouver la belle qui hélas ne court plus dans ce parc. Heureusement les hasards et coïncidences font parfois bien les choses. La deuxième rencontre, que je vous laisse le soin de découvrir, imprévisible, inattendue, sera plus déterminante. Et l'on va suivre deux années, deux automnes, trois hivers de la vie d'Arman et Amélie mais aussi de leurs plus proches amis, et juste un peu, mais pas trop, leurs familles.

C'est tout à fait par inadvertance et suite à une erreur de programmation que je me suis retrouvée dans cette salle, la faute à Vincent Macaigne qui fait plutôt sur moi effet de repoussoir. Oui je sais, c'est mal... paraît que le physique, il faut pas... Mais tous ces poils, les cheveux longs malgré une calvitie évidente, la barbe mal taillée, la moquette qui dépasse de l'encolure (devant ET derrière)... c'est comme voir une araignée, un serpent ou un rat pour certains (ça dépend des phobies respectives !). Je peux pas.

Je ne peux toujours pas mais ç'eut été dommage, vraiment dommage de rater ce film, comédie réussie quoique hétéroclite, bâtarde, mixture de la vieille nouvelle vague et d'un cinéma bobo/branchouille, à la fois terriblement drôle et profondément émouvante. Pourtant, comme vous l'avez sans doute déjà compris ou remarqué, les trentenaires dépressifs (oui je sais la conjoncture tout ça... on n'est plus dans les années 70), immatures, hésitants, instables, versatiles, c'est comme les ados boudeurs, ronchons, rengaines, renfrognés (pardon pour les pléonasmes), ce n'est pas ma came cinématographique.

Alors pourquoi ça marche ici ? Je vais tenter de vous l'expliquer et vous donner l'envie de foncer voir cette curieuse et remarquable pépite. Pourtant c'était pas gagné puisqu'un barbu (Macaigne donc) mal dans sa tête, dans son corps, dans sa vie nous explique, face caméra, qu'il est mal dans sa tête, dans son corps, dans sa vie. Oulala ! Au secours ! Que fais-je dans cette galère ? Dans quelle étagère ? Et puis pas du tout. Au bout de 10 minutes, le concept est acquis et on ne pourra plus s'en passer. Et ça tombe bien ; les personnages principaux viendront à tour de rôle s'entretenir avec le spectateur, unique confident, justifiant, éclairant ou commentant ce qu'il vient de voir.

L'ensemble a l'air bricolé, fait de bric et de broc et pourtant sous une apparente légèreté voire une certaine simplicité, la profondeur du film est évidente. Et un reflet touchant de la vie qui va. L'être humain n'a t'il pas la capacité incroyable, admirable, de faire face, de se relever, d'encaisser les caprices du destin ? Sébastien Betbeder le démontre par petites touches en faisant avancer ses personnages malgré les épreuves, les revers, les accidents de la vie. La vie est fragile semble t'il nous dire. Et oui, c'est évident. Et comme dans la vraie vie, Arman, Amélie, leurs amis Benjamin (Bastien Bouillon qui semble tout droit sorti d'un film d'Eugène Green) et Katia (Audrey Bastien) fréquenteront les Urgences de l'hôpital, pleureront, hésiteront, se tromperont. Mais aussi, ils continueront contre vents et marées à sauter les obstacles, à croire en la rencontre, en l'autre, en l'amour.

Et l'on croisera aux hasards, dans le désordre et en toute simplicité Michel Delpech, des séries télévisées, Joy Division, Judd Appatow, Alain Tanner, Eugène Green, Nicolas Sarkozy, Bernadette Chirac... pour sortir de la salle attendri, touché, ravi ! Un film comme un baume enjôleur sur les chagrins et les soucis.

Commentaires

Chaque fois que j'ai vu un extrait, j'ai pensé "je ne risque pas d'y aller à celui-là" .. pas sûr que tu me fasses changer d'avis, il m'énerve le type dans les extraits, il m'énerve ...

Écrit par : Aifelle | 06/01/2014

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Franchement, je t'assure qu'il y avait un gros gros handicap en ce qui me concerne, et le film est... pfiou !

Écrit par : @Aifelle | 07/01/2014

VM j'en peux plus
Et dans la vie, il est pareil !
Alors bon

Écrit par : Fredmjg | 07/01/2014

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Ben je l'ai vu que Dans la fille du 14 juillet mais bon...
Et il est pareil comment ? cradoc ?
Mais elle vient d'où la folie Macaigne en fait ?

Écrit par : @Fred | 07/01/2014

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aaah, j'avais oublié la moquette en plus de Macaigne ! quelle horreur cet ours (euh, type). comme toi, j'ai beaucoup aimé l’originalité, le mélange des genres, même si un peu trop de références parigot bobo branchouille. j'ai préféré la référence sur Le chasseur ;-) un peu déçue par la fin que j'ai trouvé moins intéressante, mais j'ai adoré le début ! j'en parle aussi.

Écrit par : Papillote | 07/01/2014

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Tu l'imagines sur la plage ??? IL fait place nette en deux secondes !

Écrit par : @Papillote | 07/01/2014

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ne va pas le voir dans Tonnerre alors, je n'imagine même pas ta réaction ! enfin si, et ça me ferait marrer.. macaigne est encore plus horrible : il se tape une gamine de la moitié de son âge, c'est répugnant. misogyne le film en +, avec un flic qui dit qu"un enlèvement "c'est romantique"... hyper énervant !

Écrit par : Papillote | 12/01/2014

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Un film avec Macaigne qui s'appelle Tonnerre ???
Hou ben tu m'as passé l'envie définitivement ! MErci.

Écrit par : @Papillote | 12/01/2014

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