Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

LE VÉNÉRABLE W.

de Barbet Schroeder **

042735_jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Synopsis : En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.

Une sinistre crevure, dont je n'avais strictement jamais entendu parler, sévit donc actuellement en Birmanie, le pays de la Dame à la fleur dans les cheveux. Est-ce parce que je n'avais pas trop envie de faire la connaissance d'un énième sombre crétin malfaisant ou parce que je n'avais pas envie de savoir qu'Aung San Suu Kyi a laissé tomber la communauté exterminée, que ce film m'a terriblement gênée ? Je ne sais pas.

Il y a donc en Birmanie une toute petite minuscule communauté musulmane qui dérange un abruti de grande envergure au discours haineux sous les habits d'un moine bouddhiste (chercher l'erreur). Il accomplit donc consciencieusement un génocide au prétexte que les  membres de la communauté musulmane Rohingya se reproduisent inconsidérément, se bouffent entre eux comme les poissons chats africains. Le Vénérable W. parle comme Hitler mais son discours me semble d'une pauvreté sans nom. Sans le moindre argument, il galvanise des foules de moines bouddhistes qui déambulent dans les rues et scandent l'équivalent d'un "dehors bougnouls". Le vénérable prétend même que les musulmans qui vivent dans de petites maisons, les brûlent eux-mêmes pour en avoir de plus grandes !

Les exactions, les maisons brûlées poussent ces gens persécutés à l'exil et se retrouvent dans des camps au Bengladesh qui évidemment ne veut pas d'eux. 30 000 auraient fui en 2016. Il semble que l'actuel gouvernement, d'Aung San Suu Kyi donc, ne serait pas étranger aux exactions commises contre cette population.

Mais ici n'est pas le procès de la Dame ni celui du Vénérable d'ailleurs, que Barbet Schroeder observe et laisse s'exprimer sans intervenir.

Ce n'est pas par la haine qu'on viendra à bout de la haine. Seul l'amour le pourra. Voilà le discours bouddhiste. Il y a du chemin et beaucoup de travail.

Commentaires

  • La haine engendre la haine. ET face à la haine, il n'y a que l'amour. Tous à poil, faisons l'amour pas la guerre. Mais je crois qu'il est bien plus facile de haïr que d'aimer. C'est pour cela que la guerre se déclenche plus facilement que la paix, et que les bouddhistes (du moins, les vrais, ceux de la non-violence et de la compassion) se font massacrer depuis des années.

    J'aime beaucoup les documentaires de Barbet Shroeder. Il ne prend pas partie, il observe. Je me souviens par exemple de son "Avocat de la Terreur" qui m'avait grandement passionné.

    De toute façon, j'ai une grande passion pour le réalisateur depuis "More" et "La vallée". Mais même si je ne pense pas m'enfermer dans une salle pour un documentaire (le prix d'une séance est un frein à cet accès), je serai preneur pour sa version petit écran.

  • Une version petite lucarne pour moi aussi .... Ou pas, voire peut-être, j'aime bien Schroeder.

  • Ici ce sont de (prétendus) bouddhistes qui massacrent. Je ne pensais pas qu'il y avait des extrémistes dans cette religion. La religion, LES religions : quels fléaux !

    J'avais adoré L'avocat de la terreur. Passionnant et quel personnage ce Vergès, ambigu, charismatique.

    Je crois que depuis le début de l'année à quelques rares exceptions (The lost city of Z) les documentaires ont toutes mes faveurs.

  • @Pascale : Je crois que depuis le début de l'année à quelques rares exceptions (The lost city of Z) les documentaires ont toutes mes faveurs.

    Tout pareil ! C'est fou mais même constat. Pas encore vu celui-là mais il me tente bien.

  • Il est désolant... voire désespérant.
    Qui aurait cru que La Dame à la fleur... même si elle n'est pas une magicienne.

  • Je ne doute pas de la qualité de ce documentaire, (j'avais beaucoup apprécié celui sur Verges), mais les grands malfaisants de la planète, j'en peux plus .. et j'en ai déjà beaucoup entendu parler de celui-ci ... Hé oui, l'îcone tant adulée en Occident ne sort pas grandie de cette histoire là.

  • Voilà. Tout pareil. J'aurais pas dû et la grande dame toujours aussi belle toujours aussi fleurie dégringole de son piédestal.
    Le Verges était fascinant.

  • Le documentaire est un portrait , je ne crois pas qu'il fasse le procès d'une société. Cependant j'ai eu l'impression que ça manquait de contrepoids et la position de Aung San Suu Kyi est pas claire du tout :( Ceci dit, je ne pense pas avoir tous les tenants et aboutissants suite à ce docu, et si le mec est un monstre, je ne sais pas bien où le pays lui mm se situe face à ces exactions ?

  • Je me suis un peu documentée Aung est très critiquée par la communauté internationale :-(

  • Bonsoir Pascale, j'ai été frappée par la banalité de ce type. Il n'a aucun charisme. On se demande comment il fait pour galvaniser les foules. IL n'a aucun charisme et même pas un vrai service de com. Son petit film vidéo sur l'écran du téléphone qui montre un viol avec une musique tonitruante devrait faire fuir plutôt qu'autre chose. La bétise humaine est consternante. Bonne soirée.

  • Bonjour Dasola. Oui c'est vrai, en le voyant on en arrive presque à comprendre comment certaines ordures parviennent à séduire. Mais lui ??? Je ne sais si c'est parce qu'il est tellement puant que je lui ai trouvé un air vraiment très bête mais il a l'air vraiment bête !
    Et le vide de son discours est abyssal !

Écrire un commentaire

Optionnel