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UNE VIE VIOLENTE

de Thierry de Perretti *

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Avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto

Synopsis : Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe, son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille.

C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

Si, comme moi, vous ne comprenez pas grand chose à ce qui se passe en Corse et pourquoi on entend plus souvent parler de l'Île de Beauté pour ses tueries et règlements de comptes ou parfois ses incendies criminels, que pour sa beauté justement, ce n'est pas ce film qui va vous y aider.

Si parfois les protagonistes prétendent que leurs actions et motivations sont politiques, il en est peu question ici. Dater l'histoire au tout début des années 2000, en 1990 ou aujourd'hui ne change rien à l'affaire, je n'ai strictement rien compris à ce qui se passait ici. J'ai vraiment eu la sensation que le film s'adressait aux corses et plus encore aux nationalistes, car pour ceux qui ne sont pas plongés dans leur actualité quotidienne, il est absolument impossible de s'y retrouver.

Il n'est ici question que de violence, exclusivement. On ne connaît jamais les tenants, les aboutissants, les raisons d'une action et encore moins qui est tué et pourquoi. Il m'a été bien difficile de reconnaître les personnages car ils sont toujours en paquet de 10, parlent ou hurlent tous en même temps. Et puisque l'histoire fait l'objet d'un long flash-back, j'ai eu également bien du mal à trouver qui était le fameux meilleur ami de Stéphane !

A l'écran que voit-on ? Des jeunes radicalisés à une cause (je le répète incompréhensible... non parce qu'elle n'existe pas mais parce qu'elle est mal racontée), certains semblent être des graines de délinquants, d'autres comme le "héros" Stéphane promis à un bel avenir grâce à ses grandes études. Il suffit de peu de choses, le transport d'une valise dont il prétend ne pas connaître le contenu pour passer par la case prison et intégrer les rangs du nationalisme qui flirte avec banditisme et mafia. A un moment on entend "c'est le milieu qu'on a au cul les gars !", et c'est tout. En ce qui me concerne je n'ai jamais réussi à faire la différence entre les uns et les autres. Il est vrai que les scènes à la Godfather abondent, notamment un mariage. Ok, et alors ? L'idéalisme d'une lutte n'apparaît jamais clairement. Un type allongé profère des "c'est mon île, ma patrie, on est chez nous ici, chez nous...", oui bon... moi aussi je suis chez moi, chez moi. A quel moment et POURQUOI on prend les armes pour tuer des gens ?

On ne pourra pas reprocher au réalisateur d'être trop didactique. Il ne l'est pas DU TOUT. On ne peut pas non plus lui reprocher une réalisation nerveuse, énergique qui me fait espérer un prochain film plus fictionnel proche du polar ou du thriller. Mais en dehors de la réalisation (ce qui est déjà un bon point d'avoir affaire à quelqu'un qui sait ce qu'il fait derrière la caméra), il y a encore du boulot il me semble. Les acteurs sont tous inconnus (à mon avis) mais auraient eu besoin d'un minimum de direction. Malgré certaines "gueules" qu'on retrouvera volontiers ailleurs, il aurait fallu également leur apprendre à articuler un texte, le plus souvent inaudible et incompréhensible. Et ce n'est absolument pas l'accent qui est gênant, au contraire il donne encore plus de poids au réalisme. Mais pour murmurer, ânonner ou crier, il faut aussi savoir articuler.

Enfin, les personnages sont tous et sans exception absolument antipathiques. Je n'irai pas jusqu'à dire que leur destin tragique nous indiffère mais pas loin. On voit surtout des jeunes gens très énervés toujours prêts à en découdre et qui comme des sales gosses ne regrettent jamais leurs bêtises mais se désolent d'être pris la main dans le sac. Je n'ai pas réussi à être émue par Christophe qui sanglote au téléphone par exemple.

Les femmes préoccupent le réalisateur on le sent et elles ont une place prépondérante dans la vie des hommes. Ils ne peuvent s'en passer. Mais elles l'embarrassent aussi. Que faire d'elles ? Les plus jeunes d'entre elles ne sont guère intéressantes ici et semblent avoir un QI limité. Il offre donc aux aînées, une belle scène, l'une des plus belles du film je trouve en les rassemblant autour d'une table où elles évoquent ce qu'est la vie d'une femme, qui est l'épouse, la mère ou la sœur d'un nationaliste ! Pas gai.

Commentaires

  • Bonsoir Pascale, j'avoue ne pas avoir compris grand-chose à l'histoire. Les personnages parlent tous ensemble. Je ne sais pas qui est qui. Sinon, oui, la scène des "ainées" est réussie, d'ailleurs j'ai compris ce qu'elles disaient. Bonne soirée.

  • Nous sommes entièrement d'accord.
    Les hommes sont pénibles mais PÉNIBLES...
    Les femmes formidables :-)
    Bonne soirée.

  • Corsée la critique ! Tu n'as pas peur des représailles ?
    En signe de soutien, je vais suivre ton conseil et laisser passer ce film.

  • Si j'ai peur mais je n'ai pas conseillé de ne pas le voir. Fais preuve d'audace.
    Je ne sais vraiment pas ce que le réalisateur à voulu démontrer. En tout cas il ne se mouille pas. Tout le monde est dans le même panier. Tu remarqueras qu'une partie de la critique encartée s'emballe fort.

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