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PILLION

d'Harry Lighton ***(*)

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ROYAUME-UNI, IRLANDE

Avec Harry Melling, Alexander Skarsgard

Colin, la trentaine vit encore chez ses parents dans une petite ville tranquille, très très tranquille de la banlieue de Londres.

Colin est enveloppé de tendresse par ses parents et surtout par sa mère qui, en phase terminale de cancer, aimerait le voir entamer une relation durable avant sa mort. Elle lui organise donc des rencontres avec des garçons dont aucune n'aboutit. Colin exerce le métier soporifique d'agent de la ville qui pose des contraventions sur des pare-brise et le week-end il fait partie d'un quatuor de chanteurs a cappella. C'est lors d'une soirée au pub que Ray, un biker plus âgé faisant partie d'un groupe de motards gays et d'une beauté renversante lui propose un rendez-vous pour le lendemain tout en lui disant "qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?". Il faut dire que Colin a un physique quelconque, il est introverti, d'une timidité quasi maladive et Ray, dès leur premier rendez-vous, à l'arrière d'un bâtiment dans une impasse lui impose sans un mot, sa façon d'envisager leur relation. En ouvrant lentement sa combinaison de cuir face à Colin hypnotisé, Ray donne le ton...

Rapidement le jeune homme est intégré au groupe dont les relations intimes sont basées sur les rapports de dominants/dominés. Certains sont les esclaves sexuels d'autres et portent une chaîne avec un cadenas autour du cou. Il n'y a aucune violence et les rapports ne rassemblent que des adultes consentants. Colin découvre donc innocemment au début les pratiques BDSM basées sur la soumission. Il pratique avec enthousiasme et se soumet au moindre désir de Ray qui lui impose de dormir sur le tapis au pied du lit (à condition qu'il ne ronfle pas), lui envoie ses listes de courses par sms sans le moindre mot supplémentaire, lui demande de faire le ménage et la cuisine (en plus des relations sexuelles). Sa tendresse de plus en plus profonde et sincère pour cet homme monolithique et peu bavard à l'autorité calme évolue évidemment. Colin jusque là docile et toujours parfaitement consentant commence à trouver cette relation déséquilibrée puisqu'il s'attache à Ray qui ne manifeste aucun sentiment. Il sent que sa prédisposition à la soumission voire à la dévotion le fait complètement disparaître dans la relation. Il va alors faire une proposition audacieuse à Ray qui d'abord refuse puis accepte. Cela donne tout un pan du film qu'on attendait pas et des scènes étrangement tendres.

Contre toute attente, malgré la crudité de certaines scènes (le film n'est pas à mettre devant tous les yeux), le réalisateur réussit avec finesse, parfois humour à explorer le sentiment et le désir chez des hommes aux tempéraments opposés. Entre découverte de soi et dépendance affective le film louvoie subtilement de la romance au drame psychologique tout en n'éludant pas les pratiques sexuelles explicites crûment filmées.

Le couple d'acteurs vedette n'est pas étranger à la réussite de ce premier film. Harry Melling (le Dudley des Harry Potter) est terriblement attachant et bouleversant. Et j'ai trouvé Alexander Skarsgard qui n'avait étrangement jamais imprimé ma rétine (et oui, malgré ce physique et ce torse surnaturels) jusque là, absolument renversant de beauté en bloc marmoréen impassible, énigmatique et au charisme dévastateur.

Un film très tendre sur un sujet plutôt sulfureux.

NB. : le terme pillion désigne le siège arrière d'une moto. Chez les motards gays, cette place est associée à la soumission.

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