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LES HEURES SOMBRES

de Joe Wright ****

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Avec Gary Oldman, Kirstin Scott Thomas, Ben Mendehsohn, Lily James, Stephan Dillane, Simon West

Synopsis : Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé en urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain.

Dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.


Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume- Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout.


Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousée 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

Je dois reconnaître que la vie et l'œuvre de Churchill ne m'empêchent pas de dormir et que je suis allée voir ce film car j'aime les reconstitutions historiques mais sans plus de conviction. D'autant que découvrir un acteur adoré enseveli sous le latex n'est pas non plus ce que je préfère voir sur grand écran. Mais j'aime le cinéma souvent lyrique de Joe Wright (sauf Orgueil et Préjugés à cause du miscasting impardonnable de Darcy...), et je fais partie de ces cinéphiles pas crédibles qui peuvent revoir sans se lasser Atonement (étrangement traduit Reviens-moi).

Mais ici, grande fut ma surprise de me retrouver en larmes devant un tel film. Pas vraiment un biopic puisqu'il relate quelques semaines de mai 1940 où Churchill, nommé sans enthousiasme, fut le seul gouvernant européen à tenir tête à Hitler. Comment Joe Wright a-t-il réussi à titiller une fibre patriotique en moi que je ne soupçonnais évidemment pas est un mystère ? Toujours est-il que les faits sont là. Va-t-en guerre qui refuse même de prononcer le mot paix au grand dam de ces collègues du gouvernement, il n'a qu'une idée en tête, se battre, résister et certaines scènes qui m'ont littéralement mises KO.

Pendant que Christopher Nolan nous emportait avec passion sur la plage de Dunkerque et nous chahutait les nerfs en nous narrant simultanément le calvaire des soldats sur terre, sur mer et dans les airs, Joe Wright nous emmène dans les sous-sols de Westminster. C'est là que Churchill, seul contre tous, à force de discours ardents, de mots bien choisis prend la décision de ne pas parlementer avec le mal par l'intermédiaire de son valet-bouffon Mussolini ("on ne discute pas avec un tigre quand on a la tête prise entre ses mâchoires") mais aussi de mobiliser toute la marine de plaisance et donc non militaire pour aller récupérer les soldats pris en tenaille dans les Hauts de France.

Mais avant d'être acclamé par ses pairs Churchill doute, hésite, craint de se tromper mais soutenu de façon inconditionnelle par son admirable épouse qui lui assure que ce sont ces doutes qui font sa grandeur, il tranche. 

On a beau connaître les faits et ce qui s'en est suivi, le suspense est néanmoins haletant ce qui relève de la prouesse puisqu'on ne devrait avoir aucune surprise. Ce n'est pas comme si le cinéma pouvait réécrire l'histoire, la vraie, la Grande ! Le film de Wright est donc sombre comme le titre l'indique et lumineux grâce à la personnalité étourdissante de son personnage. Et les scènes virtuoses et emballantes se succèdent d'où l'humour malgré le tragique et l'urgence de la situation n'est pas exclu.

La rencontre entre le Roi George VI (admirablement interprété par Ben Mendehlson) et Churchill qui se détestaient cordialement se clôt par un réjouissant "finalement ce ne fut pas si difficile". Les moments d'intimité entre Winston et sa Clémentine insufflent humanité et émotion. Comment elle le "recadre" en lui rappelant ses nombreuses vertus et qualités, comment ils se comprennent en se reposant front contre front... toutes leurs scènes sont belles, tendres et fortes. Cet indéfectible soutien proche du sacrifice est magnifique, tout comme Kristin Scott Thomas qui incarne l'épouse à bouclettes blanches. Il y a aussi cette scène incroyable où il tente de dicter un discours à sa dévouée secrétaire. Les mots s'étouffent au fond de sa gorge, se transforment en insultes inaudibles, comment respecter une telle ordure, il ne trouve plus les mots pour évoquer le mal absolu, celui dont il refuse presqu'obstinément de prononcer le nom, Herr Hitler !

Et puis cette scène, de pure fiction semble-t-il où le Premier Ministre prend le métro pour la première fois et rencontre les londoniens médusés. Je l'ai trouvée purement et simplement magique, d'une grande force même si très cinématographique, infiniment idéaliste.

Gary Oldman ne se contente pas de disparaître sous l'épaisseur du monument, il interprète, il est présent, d'ailleurs je trouve qu'on le reconnaît. Un rôle à cigares, à V de la Victoire inversé, à Oscar... sans doute, mais mille fois mérité. L'acteur est exceptionnel ici.

A voir ABSOLUMENT.

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Commentaires

  • Contrairement à toi j'ai adoré "Orgueil et Préjugés" et peu apprécié "Reviens moi" :-) de fait j'étais curieuse de découvrir son nouveau film et quelle belle surprise ! Passionnant. Un beau moment d'Histoire et de cinéma porté par des personnages épiques, on en redemande. 2018 démarre fort !

  • Ah non je ne peux lire ça. La quiche internationale qui joue d'Arcy, je le HAIS et toute sa descendance. Adieu :-)

  • Enfin quelqu'un qui n'aime pas cet Orgueil et Préjugés ! Cela confirme tout le bien que je pensais de ce blog et m'incite à continuer à le lire régulièrement :-)
    Je suis très tentée par Les heures sombres, je crois que cette critique va définitivement m'y faire basculer

  • Oh merci c'est gentil.
    J'espère que tu seras aussi emballée que moi.
    Plus le film avançait plus j'étais captivée.

    Quant à Orgueil et Préjugés, j'avais tant aimé le livre et surtout Darcy...
    Voici ce que j'en disais :
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2006/03/27/orgueil-et-prejuges-de-joe-wright.html

  • Ma parole, la tonitruance du vieux lion t'a inspirée comme jamais ! Un film à victoires comme tu dis (Gary a déjà son Globe, reste à voir ce qu'en pensera Oscar), qui nous maintient en haleine, non pas par les aboutissants (forts connus) mais justement par les tenants. En cela le scénario est remarquable et, l'interprétation puissante aidant, il annule toute propension lyrique inappropriée du réalisateur (ces digressions vues du ciel notamment).
    "We shall fight on the speaches", mais pas cette fois entre nous ma chère Pascale. ;-)

  • Oh merci pour l'appréciation ! J'aurais aimé réussir plus d'envolées lyriques :-))
    Les scènes vues du ciel ne m'ont pas plu non plus mais sans doute pas pour les mêmes raisons que toi ; on voit trop les effets spéciaux je trouve et en effet, elles sont inutiles puisque l'essentiel se concentre autour de la parole et des sous-sols. Voilà pourquoi je n'en ai pas parlé. Ne pas mettre de points négatifs à ce film tellement FORT.
    Quant à Gary... les mots s'étouffent dans ma gorge. Je l'imagine déjà brandissant Oscar et remerciant ses parents sans qui il ne serait pas là !
    Tu es trop bien élevé pour qu'on se fight à propos de cinéma.

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