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LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE

de Dominique Rocher ***

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Avec Anders Danielsen Lie, Goshifteg Farahani, Denis Lavant

Synopsis : En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s'organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ?

Attirée par le titre magnifique, je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. J'ai bien fait de suivre mon instinct. Ce film est un survival comme je les aime. Sans doute invraisemblable dans son hypothèse. Sauf erreur, il y a peu de chance qu'un jour l'humanité se transforme en zombies... quoique, mais tout à fait réaliste lorsqu'il s'agit d'instinct de survie et des trésors d'ingéniosité qu'un être humain possède et met en œuvre pour faire face seul à sa survivance.

Passé l'effet de surprise, dès qu'il découvre l'ampleur des dégâts, les murs sont couverts de sang et ses amis ont disparu, Sam doit faire face et décider quoi faire. Sans doute ses amis errent-ils dans les rues à l'instar des morts-vivants qu'il aperçoit de la fenêtre de l'immeuble où il doit organiser sa survie. Heureusement comme toujours, le zombie, même s'il ressemble à un être humain, est vidé de la moindre intelligence et le cerveau n'est plus irrigué. Le zombie ne sait même plus ouvrir une porte. Cela tombe bien et facilite de pouvoir se barricader. Son seul but dans l'existence catastrophique qui est désormais la sienne, errer au ralenti, être secoué de brusques accélérations à l'odeur de chair fraîche et bouffer.

Quant à Sam, même si ses nuits sont emplies de cauchemars, il rassemble toute son habilité et son imagination pour trouver de la nourriture et occuper le temps qui s'étire désormais. Sa rencontre avec un homme en phase de zombification (Denis Lavant, zombie touchant) et coincé dans un ascenseur (il n'y a plus d'électricité) sera son seul lien avec l'humanité. Et plus tard avec une jeune femme futée qu'il blessera, la prenant pour un zombie.

Le manque de moyens est évident mais il ne gêne pas et permet au contraire de se concentrer sur la terreur que peut engendrer ce genre de situation extrême mais aussi sur les petites routines quotidiennes qui entretiennent... l'humanité. Comme de marquer les jours qui défilent par exemple. Il n'y a donc pas de scènes véritablement gore, ni de violence excessive et l'angoisse est suggérée par les bruits alentours dont on ne sait pas d'où ni de qui ils proviennent.

Pour un premier film, le réalisateur a eu de nombreuses bonnes idées pour évoquer l'apocalypse sans quitter un immeuble hausmannien de Paris. La solitude écrasante de l'homme nous renvoie à un questionnement sur notre propre solitude. Que ferions-nous dans de telles circonstances on ne peut plus anxiogènes. Le héros imagine le sort de ses proches et se rassure tristement : "ma mère n'a jamais été le genre à marcher sur les autres, elle a dû mourir rapidement..."

Pour réussir à maintenir l'attention, il fallait trouver un interprète capable de tenir un film à lui seul. L'incroyable Anders Danielsen Lie, déjà seul et désarmant dans Oslo, 31 août réussit le pari haut la main. Ses multiples talents de chanteur, batteur, musicien (très belles séances musicales), sportif emmènent parfois le film dans des directions inattendues. L'humour s'invite aussi, lorsqu'il "s'amuse" à tirer avec un fusil de paint-ball sur des zombies qui ne ressentent strictement plus rien. 

Le dernier quart d'heure prend une brusque accélération et on s'élance avec Sam le souffle court...

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