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AMANDA

de Mikhaël Hers ****

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Avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin

Synopsis : Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda. 

Je vous ai déjà dit et redit à quel point j'aime pleurer au cinéma... mais là c'est l'overdose. Après Les chatouilles, Un amour impossible et ce film, je pense que je vais me tourner vers une comédie caca-prout quitte à m'énerver un peu mais tant pis. En avez-vous une sous le coude à me proposer ? Pour l'instant, pleurer je peux plus. Ou alors plus raisonnablement, je vais faire une petite pause. J'ai tellement pleuré au cinéma ces derniers temps que j'ai les yeux en feu.

Ce que l'on fait subir aux enfants m'est absolument intolérable. Vous n'avez pas idée. Ne serait-ce qu'entendre un enfant ou un bébé pleurer ou crier me met dans une position inconfortable à la limite de la crise d'angoisse. J'ai aussitôt la main sur le téléphone pour appeler Police Secours ou la DDASS et l'envie d'écorcher vif l'adulte qui fait pleurer un enfant me vient rapidement. Sauf que parfois l'adulte n'y est pour rien. Enfin, pas tous et pas toujours. Il y a toujours quand même au moins un responsable.

Ici il n'est pas question de pédophilie mais de deuil (le truc que je cherche toujours à savoir ce que c'est...), je devrais même plutôt dire de deuils au pluriel car quand quelqu'un meurt il y a des dommages collatéraux multiples voire tentaculaires. Rarement une seule personne est touchée. Et certains doivent prendre soin des autres alors qu'ils sont eux-mêmes ravagés de chagrin. Double peine.

Le réalisateur part d'un évènement réaliste mais imaginaire. Une horreur qui est bien arrivée mais pas là où il la place. Et si vous ne savez pas comment la maman d'Amanda meurt, je ne vous dis rien. Il ne s'éternise pas, un plan de quelques secondes et la vie s'effondre. Pas la peine d'insister. Un autre plan, un peu plus tard montre David (Vincent Lascoste, merveilleux) prêter son portable à une inconnue qui a perdu le sien. Ces petits riens qui font tout et parsèment le film de son humanité, fragile, fugace... on a rarement idée à quel point !

Isaure Multrier est Amanda. Elle est ce genre d'enfant acteur miracle qu'on a envie de sauver, de protéger. Sauf que sa maman  meurt (le père a toujours été absent, ne l'a même pas reconnue), celle avec qui elle dansait, celle qui lui offrait un Paris-Brest (pas le voyage, le gâteau) avant de passer à table, celle qui savait comme personne lui expliquer la portée et le sens d'une expression comme Elvis has left the building... et rien ne peut consoler de la perte de cette maman là, solaire, lumineuse, joyeuse, vivante malgré la difficulté parfois d'être seule avec une enfant de 7 ans, curieuse, exigeante. Mais elle a un frère (Vincent Lacoste, magnifique), soutien solide, indéfectible même s'il est parfois en retard.

Vincent Lacoste (impressionnant) tient ici son meilleur rôle. Je n'en pouvais vraiment plus de ses rôles d'adulescent immature voire d'étudiant (lui qui a quitté l'école au CM2). Bien sûr, il est toujours très jeune et ce n'est pas un reproche mais ici, il montre un côté enfin adulte malgré la précarité de sa situation (il enchaîne deux petits boulots). Il est bouleversant et ça marche. La scène de la gare... où il sanglote sans que rien ne puisse l'arrêter est déchirante. Car si Amanda a perdu sa maman, lui a perdu sa grande sœur. Et ils étaient proches, unis, complices. C'est aussi à lui que revient la mission quasi inhumaine d'annoncer à sa nièce que sa maman est morte. La caméra s'éloigne. Peu importe les mots.

Le réalisateur ne donne pas d'explications, pas de solutions pour continuer à vivre quand tout s'écroule au point de, petit détail, ne plus savoir où on a garé son vélo, il observe avec justesse la vie qui continue malgré tout, malgré le soleil, malgré l'école et le travail où il faut continuer à se rendre et les autres qui font ce qu'ils peuvent et ceux qui ne savent pas. Et peu à peu David (Vincent Lacoste, idéal) chemine vers ce qui est sans doute la première plus grande décision de sa vie : s'occuper d'un "petit lardon" de 7 ans empli de larmes, voire devenir, et les 15 ans qui les séparent le permet, papa d'une enfant qu'il adore mais qui n'est pas à lui.

Il n'y a pas de place ici pour l'analyse de ce qui est arrivé, pas de place pour la haine, les suppositions et les regrets. C'est ainsi. Il faut s'armer, continuer ce qui devient un combat, vivre, aimer, faire et refaire les choses, manger un Paris-Brest, aller à un tournoi de tennis, entreprendre un voyage prévu "avant", revoir une personne essentielle disparue depuis plus de 20 ans. L'émotion est là encore et encore mais sans aucune lourdeur, jamais, sans sur-jeu, sans sur-texte. Vincent Lacoste est... (remplir les pointillés).

La pudeur me semble un terme trop souvent employé et un peu vague pour être utilisé ici. Alors qu'est-ce que c'est ? La délicatesse, l'élégance, la tendresse et le respect infinis pour ses personnages, L'insoutenable légèreté de l'être qui l'aide à tout surmonter ? Je ne sais pas.

Vincent Lacoste et Isaure Multrier, une rencontre magique, sont bouleversants. Cela devrait suffire à vous faire courir voir ce film, ou à le fuir. Et comme disait Blier, préparez vos mouchoirs... aucun match de tennis ne vous fera autant pleurer car peut-être que finalement, Elvis n'a pas vraiment quitté le building...

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Commentaires

  • Comme dirait Dard, pleurer, c'est l'hygiène de l'œil. Le chagrin aboutit parfois chez les psychiatres, jamais chez les ophtalmos ....
    Cela dit, je vais opter pour la fuite. ;-)

  • Mes yeux à moi m'entraînent vers les deux...
    Pourquoi je ne suis pas surprise ?

  • Merci pour ta critique, elle est très douce. Ce film me tenait à cœur car Mikhael fait parti de la famille de Monsieur, et que l'année dernière, on a suivi l'avancée de son travail. Du coup on est très heureux du résultat, nous aussi on a été très émus par ce troisième opus, et je suis vraiment heureuse que tu ais aimé, vraiment. Ton avis me tenait beaucoup à cœur !

  • Félicite le pour moi. C'est splendide et le Sentiment de l'été est passé sur Arte avant hier. Très beau aussi.

  • Bonsoir Pascale, avec Les mauvaises herbes, Amanda est le film que je dois voir ce week-end. Bonne soirée.

  • Vincent Lacoste a tendance a me donner de l'urticaire avec ses personnages habituels. Et puis, je n'ai pas envie de pleurer .. mais mais mais .. j'ai quand même envie de le voir. Côté comédie, j'en connais pas vraiment sinon, j'y courrais moi-même.

  • Vincent Lacoste avait un peu cet effet sur moi... jusqu'à ce film. A peine si je le reconnais. Douceur et maturité. Aucune tentative d'humour souffreteux habituel. Rien. Un grand garçon triste qui se relève...
    Quant à la comédie... je nirai pas voir Le flic de Belleville pour autant.
    J'ai vu Mon cher enfant. Je nen parle même pas tant c'est mal fait et que je me suis ennuyée. Mais c'est LOIN d'être une comédie.

  • L'une de mes grosses envies du moment. Je reviendrai te lire un peu plus tard... :D

  • Comme toi, j'ai beaucoup aimé ce film, de même que j'avais beaucoup aimé Ce Sentiment de l'été. On reconnait bien la façon de filmer de Hers. En revanche, je n'ai pas trouvé le film triste. Je veux dire par là que ce n'est pas larmoyant (pas besoin de mouchoirs à mon avis), même si Vincent Lacoste pleure. Chez Hers, la vie, les saisons, les parcs, sont comme un flux continu plus fort que la mort et c'est ça qui est beau. La dernière scène est magnifique. Pour plus de détails, voir ma chronique chez moi.

  • Je suis une éponge en ce moment...
    Même quand on est SUPER gentil avec moi, je me transforme en flaque.
    J'irai lire sans faute.

  • Et pour la dernière scène, je n'ai pas pleuré de tristesse...

  • Viens de sortir de la séance de 15h45. Sans être larmoyant le film aborde le thème du deuil sobrement sans en rajouter. V. LACOSTE et la jeune actrice sont superbes mais j ai trouvé que les rôles féminins apportaient tendresse et petite touche de sincérité,que ce (se ?) Soit la maman, la tante au lapin ou la mère de londre. Jolie critique de ta part qui m'a un peu plus motivée à aller voir le film car je voulais arrêter les enfants malmenés au ciné ( Capharnaum- chatouilles- samoni road....) !

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