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TENET

de Christopher Nolan **ENORME de Sophie Letourneur, jonathan Cohen, Marina Foïs, cinéma,

avec John David Washington, Elizabeth Debicki, Robert Pattinson, Kenneth Branagh

Muni d'un seul mot – Tenet – et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l'univers crépusculaire de l'espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s'agit pas d'un voyage dans le temps, mais d'un renversement temporel.

Quelques mots sur le gros machin qui doit sauver le monde cinéma. D'abord je dis chapeau à Nolan, ses producteurs, ses assureurs et leurs familles qui ont accepté de sortir le film en salle alors que Disney réserve la version live du classique Mulan (tant attendu par les plus petits) aux Etats-Unis pour la modique somme de 29,9 dollars en plus du coût de l'abonnement à la plateforme. J'aurais souhaité que les gens ne paient pas pour voir un film une fois à la télé à ce prix là, mais ça ne semble pas être le cas. Soit.

Être le sauveur de l'humanité est une grande responsabilité et Nolan doit avoir conscience de son grand pouvoir (ou l'inverse... ma toupie tourne).

Oui l'inversion, parlons-en ! L'Inception, c'était déjà pas du ptit lait mais l'inversion c'est quasiment de la physique quantique et comme chacun sait tout est discontinu, sauf la discontinuité elle-même, qui est continue évidemment. Je ne sais même pas de quoi je parle. Nolan, si ! Il a toujours aimé traficoter le temps, l'espace, voire l'espace temps et nous emberlificoter dans des considérations de distorsions du réel hautement perchées. Mais où va-t-il chercher tout ça ?

Le titre d'abord. C'est quoi Tenet ? Comme chacun sait, le titre est une référence directe au Carré Sator, un carré magique apparu dans l'antiquité romaine. Ok vous allez me dire, mais c'est quoi le Carré Sator en vrai ? Bon je sens qu'il faut que je vous fasse un  dessin :

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Vous avez vu dans le carré ? Il y a Tenet écrit. Tout s'explique non ? Non !!! Vous le faites exprès ?

Le carré Sator est un carré magique qui contient le palindrome latin SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS . Ce carré figure dans plusieurs inscriptions latines, la plus ancienne connue trouvée à Pompéi ne peut être postérieure à l'an 79. C'est rassurant.

Je vous vois venir. C'est quoi la traduction de SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS ? La plus probable, qu'ils disent dans les Internet est : «Le laboureur Arepo utilise les roues (c’est-à-dire. une charrue) comme forme de travail.» Précisons quand même que la traduction de tenet est : il ou elle tient (du verbe tenere) ou il tient voire maintient en son pouvoir.

Equipé de cette science, est-il possible ou plus facile (à l'impossible...) pour le béotien cinéphile moyen de comprendre de quoi il retourne ? Hélas, non !

ATTENTION : GROS SPOILERS INSIDE !

La première scène, tellement efficace est encourageante : une prise d'otages et un attentat dans l'Opéra de Kiev. ça va très vite, on ne comprend rien, on ne sait qui tire sur qui mais c'est bien ficelé et rondement mené. La musique fait badaboum, on s'accroche à son siège. Le Protagoniste, agent de la CIA (Washington junior, fade comme une endive) est infiltré dans l'opération mais il est découvert (je ne sais pas comment). Torturé il tente de se suicider au cyanure mais la capsule est un gros fake et après qu'on lui ait cassé puis réparé toutes les dents (j'ai encore pas compris pourquoi), il découvre que toute l'opération était un test pour voir si on pouvait lui faire confiance en vue de sauver le monde. Et là, Clémence Poésie lui explique l'entropie inversée. Et comme chacun sait l'entropie caractérise le niveau de désorganisation, ou d'imprédictibilité du contenu en information d'un système. Et franchement désorganiser un machin déjà en pleine désorganisation, vous imaginez le niveau du foutoir. La Clémence démontre comment une balle revient dans un pistolet alors qu'on tire à partir d'un pistolet vide (la tête du Protagoniste !!!) et ça, mesdames et messieurs ça peut mener à la troisième guerre mondiale.

- "Une catastrophe nucléaire ?" dit le Protagoniste profane.

- "Non... pire" répond la scientifique, les mains dans les poches mais la mine bouffie d'orgueil.

Pire qu'une catastrophe nucléaire mondiale ? Je vous laisse imaginer, vous avez trois heures...

... 3 heures plus tard et sans transition.

On va voir du pays : Londres, Bombay, Oslo, Italie (une honte de filmer la côté amalfitaine et le magique Ravello de façon aussi terne), Slovénie, Sibérie. Pourquoi ? J'en sais rien. Ah si sauver le monde !

Neil (Robert Pattinson, toujours aussi bon film après film), un autre agent est recruté pour aider le Protagoniste qui ne comprend rien à rien. Il l'emmène rencontrer Priya, une indienne qui sait d'où viennent les balles inversées. De Sator (tiens ?) un marchand d'armes russe (Kenneth Branagh, savoureux) très très vilain avec sa jolie femme Kat (la grande et formidable Elizabeth Debicki) qu'il persécute psychologiquement. Une histoire d'oeuvre d'art (incompréhensible) plus tard, Kat explique, la larme à l'oeil, au Protagoniste qu'elle aimerait plonger d'un yacht... Du coup, le Protagoniste fait exploser un avion qui roule au sol (pas en vol, vous êtes fous ?), scène SPECTACULAIRE, et là, à cause du tourniquet magique, tout s'inverse et si c'était incompréhensible jusque là, cela devient abscons et ténébreux.

Puis le Protagoniste rencontre Sator qui lui demande sans préambule ni préliminaire : "you fuck my wife ?". Pas très poliment je trouve, il lui explique qu'il aimerait lui couper les couilles et les lui faire avaler parce que pour lui c'est un spectacle réjouissant de voir un gars s'étouffer avec ses propres bijoux. Les deux garçons ne deviennent pas amis. Il faut dire que la grande Kat est entre les deux. Oui Tenet, c'est aussi une grand histoire d'amour au plutonium qui donne lieu à une course poursuite en voitures sur une autoroute. De folie, la course poursuite je vous préviens, ça réveille du blabla ambiant. Une mallette passe d'une voiture à l'autre et Kat, ligotée dans une bagnole lancée à vive allure s'en tire de justesse.

Sans transition, Ives des Forces Spéciales, une tronche en quantique, explique que les tourniquets permettent de voyager dans le temps inversé et du coup d'avoir une longueur d'avance sur ce qui se passe. Stupéfaction du Protagoniste qui se voit vivre un truc qui n'est pas encore arrivé. Ives m'a fait mourir de rire. Il s'agit de l'acteur Aaron Taylor Johnson, surtout connu parce qu'il a une épouse de 23 ans plus âgée que lui. Il se prend pour Robert De Niro, démarche et mimiques comprises. Ces apparitions sont à déguster sans modération et en plus, il sait des choses que les autres ne savent pas.

Et paf, le drame. Kat se prend une balle inversée. Le Protagoniste se bat contre lui-même sans le savoir. Et là, ne m'en veuillez pas, j'ai lâché l'affaire car... je m'en fichais royalement. Je suis restée jusqu'au bout. Avant la fin inversée, il y a une grosse baston en plein désert où certains sont inversés et d'autres pas, ça tire partout, on ne sait, comme au début qui tire sur qui. La boucle est bouclée.

Ce film est fatigant et à la fin, ben la toupie, elle tourne et 1 gr de paracétamol est bienvenu.

Commentaires

  • Satorlipopette ! En tous cas ta critique est passionnante, pleine de suspens, de rebondissements ....❣️

  • De rebondissements le film n'en manque pas non plus :-)

  • Hihihihhi ce que j'aime quand tu nous écris ce type de billet ♥ Oui c'est encore mieux que de voir le film :-) En plus moi j'avais rien compris à Inception ... A cause de la physique cantique hein !
    Bref tu me fais rire et en plus tu nous expliques pleins de choses interessantes.
    Bisous

  • Ravie de t'avoir amusée.
    Et t'as vu comment je me suis documentée ? Parce que Nolan, il est bien mignon mais un peu court en explication.

  • Aaron Taylor Johnson le nouveau de Niro ? Mais carrément !
    Par contre, Washington n'est ni fade, ni endive. Je le trouve trop cool attablé avec Sir Michael Caine qui lui fait des remarques sur son costard de prisunic, encore plus flegmaticool à la table de Branagh qui promet de lui enfoncer les coucougnettes dans la gorge.
    Pas un mot sur la sublime Elizabeth Debicki (à part le plongeon,un moment de grâce, "la seule image du temps de paix à traverser le temps de guerre" comme on dit dans "la jetée" de Marker) ? Pas d'éloge pour Kenneth et son accent russe ?
    C'est vrai qu'on voyage beaucoup dans "Tenet". Je constate que tu as visité déjà quelques uns de ces lieux, notamment cette côte Amalfitaine que je découvre dans le film, et qui m'a impressionné. Dans ton dépliant de cartes postales, tu oublies Kiev et son opéra (ok tu en parles au début, on va dire que ça compte) et Tallin avec le braquage du camion.
    Te sentant perdue avec la finalité du film, je te propose de faire appel à un ami (d'outre-tombe hélas), Monsieur Stephen Hawking va t'expliquer tout cela mieux que moi :
    "Imaginez qu'une tasse tombe d'une table et se brise en morceaux sur le plancher. Si vous filmez cela, vous pourrez aisément dire si le film se déroule à l'endroit ou à l'envers. Si vous le déroulez à l'envers, vous verrez les morceaux se rassembler soudain sur le plancher et sauter en l'air pour former une tasse entière sur la table. Vous pouvez dire que le film va à l'envers parce que ce genre de comportement n'est jamais observé dans la vie ordinaire. Si c'était le cas, les fabricants de porcelaine mettraient la clef sous la porte." extrait de "une brève histoire du temps", 1988, p 186-187.
    On peut donc en conclure aisément que Monsieur Nolan, avec son film, a la ferme intention de mettre tous les fabricants de porcelaine sur la paille.

  • La scène où Michael (love) se moque du costard prisu du Protag' est la meilleure de Junior. Je suis sûre qu'il s'est aspergé de Brut de Fabergé (à vomir). Pour le reste il est fadasse et pas très badass. C'est mon avis et je le partage. La scène des coucougnettes,c'est Kenneth qui l'emporte.

    Tu as dû lire en diagonale.
    Je dis d'Elizabeth qu'elle est belle, grande et formidable. Il t'en faut plus ?
    De Kenneth je dis qu'il est savoureux. Ok c'est un peu court jeune homme. Son accent russe est un régal et je m'étais promis de parler de son addiction à son rythme cardiaque et j'ai oublié. C'est tordant.

    Pour les visites touristiques, je t'enverrai des photos persos de cet endroit de rêve près de Naples. La côte amalfitaine est ce que j'ai vu de plus bleu dans ma vie. Mais elle se mérite... la route serpente.
    De Kiev, si je ne m'abuse on ne voit que l'Opéra, et de Talinn l'autoroute... pas vraiment une visite touristique.

    Stephen était un mariole. Si je l'avais eu en cours de science je ne serais sans doute pas dans ce trou noir devant un Nolan.

  • En effet, rendre Ravello et la côté amalfitaine "ternes", il fallait le faire - j'en parlais aussi dans ma critique comme tu le sais - et cela témoigne du peu d'intérêt que Nolan semble porter à ses images et ses personnages. "Terne", c'est un mot qui convient mieux au film que "Tenet". Sinon, un film qui ne peut se comprendre sans la connaissance d'éléments extérieurs est un film mal écrit. Pire : connaitre le carré magique de Pompeï, remarquer que le méchant s'appelle Sator, qu'il y a une scène à l'opéra, etc. comme dans le carré magique, n'apporte rien au spectateur, ne rend pas meilleur ce film sans queue ni tête (c'est-à-dire sans début ni fin). Moi aussi, j'ai fini par m'ennuyer. Grosse déception après Interstellar et Dunkerque.

  • Je suis d'accord. Si après toutes ces recherches pour tenter de comprendre parce que le film n'offre pas l'ombre d'une piste et qu'on n'y comprend toujours rien, c'est que le réalisateur se fiche du spectateur.
    Ce film est confus, bruyant, agité. Et à part quelques traits d'humour, ça se prend très au sérieux. Et au final, tout ce mystère pour ça !

  • Bonsoir Pascale, bravo pour ce billet car moi, je n'ai pas eu le courage d'en écrire un. Je ne peux pas parler d'un film que je n'ai pas compris mais si je l'ai suivi sans ennui. Bonne soirée.

  • Bonjour Dasola, au début je me disais à quoi bon... et puis c'est venu tout seul.
    Bonne semaine.

  • Au moins le film fait parler - ou commenter.
    Je note surtout que tu a l'air d'être vachement calé en physique quantique tout comme en latin. Je me suis laissé guidé par les images, peu importe si j'ai rien compris. Faudrait peut-être que je le regarde une nouvelle fois. Peu importe si j'ai plus de paracétamol, je prendrais un verre de vodka à la place... Ça passe toujours mieux la physique quantique avec l vodka...

  • Oui jme défends en physique quantique

  • Bon, alors là... la frustration totale : non seulement on n'est pas encore allés voir le film, mais en plus il faut attendre de l'avoir vu pour lire ta critique.
    Ca devient un vrai supplice, d'aller au ciné en s'informant sur ton blog, ha ha ha !
    Promis je reviens dès qu'on l'a vu ! Des bizzzzzzz

  • J'imagine la torture :-) mais en fait jene spoile rien puisque je n'ai rien compris.

  • Ah mais le soulagement ! Alors je vais lire ! Bizzzzz

  • Au début, le film m'a déroutée. C'est vrai que la 1ere heure, ouch, compliqué d'y entrer ! L'intrigue en elle-même (si on en reste à la base) n'est pas si compliquée mais je crois que c'est sa mise en oeuvre qui rend cette même intrigue plus compliquée qu'elle ne l'est réellement. Après ma séance, une fois le tout digéré, j'ai bien aimé le film, même s'il a des défauts. Ca reste quand même très bien foutu, bien joué (Washington a beau de charisme, Pattinson toujours impeccable, Debicki effectivement très bien aussi). En fait, ce film, je crois qu'on peut s'appuyer sur l'une des répliques de Clémence Poésy : faut pas tout comprendre, faut ressentir. Et finalement ca marche pas mal même si c'est pas le meilleur de Nolan. Mais j'adhère.

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