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LA DARONNE

de Jean-Paul Salomé *

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Avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani, Liliane Rovère

Patience Portefeux est interprète judiciaire franco-arabe, spécialisée dans les écoutes téléphoniques pour la brigade des Stups.

Lors d'une enquête, elle découvre que l'un des trafiquants n'est autre que le fils de l'infirmière dévouée qui s’occupe de sa mère. Elle décide alors de le couvrir et se retrouve à la tête d'un immense trafic ; cette nouvelle venue dans le milieu du deal est surnommée par ses collègues policiers "La Daronne".

Malgré le numéro réjouissant d'Isabelle Huppert toujours juvénile et sublime dans ses tenues (abaya) de Daronne, je me suis ennuyée abondamment. Cette petite brindille qui parle arabe, tient tête aux flics et aux dealers, aux truands (des chinois, des arabes, tous les clichés sont énumérés) aurait pu être drôle mais ne l'est pas. L'actrice se donne à fond et sans compter mais il y a toujours une petite arrière-pensée qu'on parle de millions d'euros et de centaines de kilos de drogue écoulés à Paris et ici j'ai eu du mal à en rire. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on ne plaisante pas avec le trafic de drogue mais surtout, pas grand chose ne tient.

Que la daronne et les petits  malfrats qui répondent aux doux noms de Scoth et Chocapic fassent leurs deals, échangent sacs de drogue contre sacs de fric sur le parking de la prison de Fleury ou dans un supermarché sous l'œil des multiples caméras de surveillance, faut pas pousser. Lorsque Patience fait écouter des enregistrements d'écoute à ses collègues flics, on reconnaît clairement sa voix même si elle parle en arabe. Lorsqu'un commerçant chinois refuse un paiement de 600 € en carte bleue et dans la même seconde change d'avis : oh et puis si... Qu'elle réussisse à échapper aux flics dans un magasin, que le chauffeur de taxi (aimable comme un chauffeur de taxi parisien) l'attende... et j'en passe, tout est mis en œuvre pour qu'elle s'en sorte alors qu'à l'intérieur du commissariat (avec l'affiche du film Traffic de Soderbergh en déco) tout semble réaliste, ça ne colle pas.

En marge de l'aspect polar, la mère de Patience se meurt dans un Ehpad, elle vit seule depuis un veuvage précoce qui l'a laissée couverte de dettes, ses filles lui rendent quelques visites... Elle peine à couvrir les frais d'hospitalisation de sa mère et s'offre une photo à 5 000 €uros et personnellement je n'ai jamais réussi à comprendre si ce qu'elle racontait  sur sa vie passée était réel ou le fruit de sa féconde imagination. C'est peut-être le talent d'Isabelle Huppert qui, malgré ce rôle à contre emploi semble parfois absente. Les autres acteurs lui servent la soupe avec générosité.

J'ai eu l'impression que Salomé souhaitait faire un polar réaliste et une comédie débridée. Selon moi il ne réussit pas la combinaison des deux dans un seul film.

Pour voir cet assemblage polar/comédie parfaitement abouti je vous recommande +++ Le monde est à toi de Romain Costa Gavras avec l'autre Isabelle dans le rôle de la daronne voilée.

P.S. : ne vous impatientez pas, je repars quelques jours :-)

Commentaires

  • Ce film ne sera pas sur notre liste, nous n'avons pas envie de nous ennuyer au cinéma. Vu le contexte, nous restons devant le petit écran et là nous avons la possibilité d'éteindre...
    Bon voyage

  • Le roman d'Hannelore Cayre a eu un joli succès, critique et populaire. Je crois que je serais plus intéressé par sa lecture que le commentaire que tu en fais du film.

  • Bon, comment dire... J'adhère totalement à ton analyse sur le film pas drôle (les rares moments où on sourit sont déjà tous dans la bande annonce), mais contrairement à toi, j'ai accepté les moments d'ineptie (oui, il y a des longueurs, non, on n'a peut-être pas besoin d'avoir les expressions grossières répétées par Isabelle Huppert 3 ou 4 fois, oui, on reconnait parfaitement sa voix, non, je n'imagine pas une personne comme elle aller se frotter aux trafiquants, et encore moins dealer des dizaines de kilos sur le parking d'une prison truffé de caméras) mais je me suis dit que c'est un film, hein, bon.
    Mais j'ai eu 1) le plaisir de mon Hippolyte (mes amours de jeunesse) : je trouve qu'il a toujours un charme fou, qu'il vieillit bien, et qu'il y a beaucoup de finesse dans son "j'ai compris, mais je ne dirai rien", et 2) le plaisir d'avoir quasiment la projection rien que pour nous
    Bref, je suis d'accord avec une seule étoile (c'est un bon petit film du dimanche soir qu'on aura oublié 5 minutes après l'avoir vu), mais c'était quand même un bon moment.

  • Oui la BA m'a fait penser à au fil de costa-gavras.
    Pas attirée du tout par celui-ci, mais j'ai vu les critiques qui sont pas si mauvaises !

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