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FALLING

de Viggo Mortensen ****

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Avec Lance Henriksen, Viggo Mortensen, Terry Chen, Sverrir Gunadson

Willis et sa femme s'aiment et ont un bébé, John. Ils vivent dans l'Amérique rurale. 50 ans plus tard John vit en Californie avec son mari Eric et leur fille adoptive Monica. John va chercher son père à la santé mentale déclinante pour le ramener en Californie et tenter avec sa soeur Sarah de lui trouver un logement plus proche du leur.

Le multi talentueux Viggo Mortensen (acteur, photographe, peintre, poète, musicien et éditeur) s'essaie pour la première fois à la réalisation et c'est tant mieux. Il choisit de s'attaquer au très casse-gueule thème de la famille, carcasse de tous les possibles. Le film étant dédié à deux Mortensen, on peut imaginer qu'il y ait une part autobiographique dans l'affaire, mais je n'ai pas essayé d'en savoir plus : peu importe. Ce film a beaucoup de classe, de tenue, entre sobriété, austérité et subtilité. Il aurait pu s'appeler The father puisque l'image et la présence envahissantes du père sont centrales. Mais je parlerai de ce father plus tard...

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C'est le deuxième film que j'ai vu depuis la réouverture des salles et j'ai beaucoup de mal à en parler. Il fait encore son "effet" une semaine après la projection. Composé de flash-backs il décrit comment la relation du père Willis, s'est peu à peu délitée avec tous les membres de sa famille. La rudesse parfois violente dans les propos du père s'oppose à la douceur du fils devenu père, mari aimant et attentif à son tour. Mais comment ce vieil homme irascible, raciste, homophobe, misogyne qui n'a pas évolué avec le monde qui l'entoure pourrait-il comprendre un fils marié à un homme, père d'une petite fille hispanique. Deux mondes parallèles semblent ici irréconciliables. Le père est englué dans son passé, ses certitudes, ses regrets et ses remords que l'on perçoit parfois. Il refuse obstinément de baisser la garde, de témoigner le moindre intérêt et la moindre tendresse à son entourage. A une seule exception près, une fois il prendra sa petite fille adoptive dans ses bras pour un long câlin alors qu'il ne manifestera que critiques et animosité envers les enfants de sa fille.

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La seule réserve que j'évoquerai est qu'on aurait pu attendre et espérer une embellie dans cette tentative de réconciliation. D'autant que le fils puis la fille y mettent une belle énergie, une bienveillance admirable. Au fond, la force supplémentaire du film réside peut-être aussi dans le fait que comme il arrive souvent au cinéma, aucune paix ne survient miraculeusement malgré quelques instants de répit. Willis reste un connard indécrottable mais finalement je n'ai pas eu à chercher bien loin pour réaliser que ce genre de personnages existe bel et bien dans la vraie vie. Lance Henriksen est vraiment impressionnant dans le rôle de ce père rustre, rural dont l'aigreur incurable et incompréhensible semble le ronger de l'intérieur. Les flash-backs le montrent pourtant très épris et admiratif de sa femme elle même amoureuse et attentive dont il règlera le sort dans une scène étonnante. La première fois qu'on entend Willis s'adresser à son fils, c'est lorsqu'il est tout bébé pour lui dire : "pardonne-moi de t'avoir mis au monde pour que tu meures." Glaçant.

Le film chemine dans la douceur et toutes les tentatives possibles et imaginables des enfants pour prouver à leur père qu'il n'est pas seul, qu'il peut compter sur eux. Jusqu'à une scène, un climax, ce point culminant où les deux hommes s'affrontent dans un échange verbal où tous les non-dits, les rancoeurs et les regrets s'expriment. C'est troublant et dérangeant.

Sverrir Gudnasson (qui  fut Bjorn Borg) a la charge d'interpréter Willis jeune. Il s'en sort mieux que bien et fait parfaitement ressentir le tempérament déjà réac et cruel du personnage.

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Quant à Viggo Mortensen dans le rôle du fils délicat, bien qu'il se mette souvent en retrait, on a du mal à le quitter des yeux. 

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Commentaires

  • "Willis reste un connard indécrottable mais finalement je n'ai pas eu à chercher bien loin pour réaliser que ce genre de personnages existe bel et bien dans la vraie vie." Hey, toi aussi tu mets une part d'autobiographie dans le texte on dirait. ;-)
    Le déconfinement des EPHAD nous vaut un feu croisé de films de "vieux". Je suis très en retard sr le sujet, faut bien admettre. je dis d'ailleurs que je devrais vite regarder "Nebraska" avant que Bruce Dern nous dise bye bye.

  • C'est bien souvent que je mets de l'autobiographie dans mes notes. Et oui hélas j'ai connu ce genre de connard...
    Les vieux finissent mal au cinéma.
    Euh Bruce Dern... j'aime pô. Je n'ai donc pas vu son périple.

  • 'Viggo Mortensen acteur, photographe, peintre, poète, musicien et éditeur' Pas que : Rencontré Mortensen en 2016 à Sare ( Pays-Basque ) ou il a été intronisé chevalier d’honneur de la palombe.
    https://images.sudouest.fr/2016/08/29/57e10d7366a4bde778cfd24d/default/1000/viggo-mortensen-est-un.jpg
    PS / Falling, ça le fera pas en ce qui me concerne.
    ++

  • Magnifique. Il semble ravi de sa consécration.
    Falling sans toi ? Je sais : c'était mieux avant ou sur écran géant à sa maison :-)

  • Il me tente beaucoup ce film-là, pas encore sorti chez moi. Oh oui, des vieux cons indécrottables comme celui-là, il y en a dans la vraie vie et même beaucoup.

  • Je suis surprise de voir qu'il ne sort pas dans certaines contrées. J'ai de la chance à Nancy.
    C'est quand même fou ces vieux cons qui ne se bonifient pas avec le temps.

  • Oui mais 'Nancy, c'est très loin, c'est au bout de la terre
    Ça s'éloigne à chaque anniversaire....
    Pinaize je JoeDassine là. :-)

  • Tu es un pouète !

  • Aaaaah Viggo.
    Tu ne vis plus à Paris ?

  • Viggo est l'un des artistes de cinéma les plus intéressants qui soient. Ce serait bien de voir ce film en diptyque avec "Green book" pour mesurer à quel il peut tout jouer !

  • Il peut TOUT jouer. Ici à l'opposé de Green Card dans le rôle d'un homosexuel délicat.

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