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THE FATHER

de Florian Zeller ***

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Avec Anthony Hopkins, Olivia Colman, Rufus Sewell, Imogen Poots

Je ne supporte pas les affiches ornées de superlatifs (je préfère les utiliser moi-même après avoir vu le film), j'affiche donc cette belle photo d'Anthony Hopkins dans le film.

Il s'agit donc de quelques jours, semaines ou mois dans la vie d'un vieil homme qui en est au stade intermédiaire et terriblement anxiogène, on l'imagine sans peine, où il prend conscience de son état.

Pour avoir vu un bref reportage hier à Quotidien, Anthony Hopkins a encore bon pied bon oeil, mais nul doute qu'il a pu ici sans tricher jouer de son âge. Il donne d'ailleurs sa véritable date de naissance dans le film. Sa corpulence désormais massive, sa démarche un peu hésitante, ses yeux si intensément bleus un peu délavés, il est à la ville comme à l'écran cet homme de 83 ans qui s'appelle Anthony.

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Ce film c'est un couloir, des portes, un itinéraire qui va de la chambre au salon et du salon à la cuisine et un personnage qui déambule, hésite, se perd, cherche sa montre, répète que les français ne parlent pas anglais, est persuadé de se souvenir et se trompe. La première demi heure est troublante. On ne sait jamais où l'on se trouve, dans l'appartement du père ou de la fille, et qui dit vrai. On connaitra peu à peu la vérité et l'endroit où l'on est. Même si on peut s'en douter, le doute est habilement entretenu.

La maladie terrible et implacable dont Anthony est atteint n'est jamais citée mais plus que jamais entre sursaut de conscience et perte de repères, l'agressivité et la détresse qu'elle provoque, l'humiliation face aux regards consternés des autres, nous font réaliser dans quel état d'inquiétude et d'angoisse les malades doivent se trouver.

Permettez-moi de régler le sort d'Olivia Colman. Cette actrice ne me plaît pas. Je la trouve au mieux sans expression, au pire grimaçante. J'ai essayé je vous assure. J'ai été indulgente dans Tyrannosaur, j'ai supporté difficilement The favourite, regretté qu'elle remplace Claire Foy dans The crown. Mais cette fois, peu aidée par une coiffure amochisante au possible, des tenues qui tiennent plus du sac poubelle acrylique que de costumes de scène (Razzie Award à la costumière)... c'était insupportable. Je ne dis rien de son expression la plus courante : petite bouche sans lèvres ouverte sur de jolies petites dents impeccablement alignées et un sourire gingival équin.

Ce film, c'est aussi, c'est surtout un acteur, IMMENSE. La prestation vaut la note maximale de 5 étoiles. Sans fard, il sait de quoi il parle. Si la vieillesse n'est pas forcément un naufrage, on sait où elle mène irrémédiablement. La détresse qui se lit dans son regard, son visage, ses attitudes quand il ne sait plus trop où il est, à qui il parle sont poignantes comme rarement. Toutes ces hésitations, cette perte de contrôle progressive semblent nous mener droit à la dernière scène tellement déchirante qu'elle laisse la salle reniflante muette, anéantie. Ce moment bouleversant d'émotion intense on le doit à cet acteur prodigieux qu'est Anthony Hopkins. On a envie de traverser l'écran, le prendre dans ses bras, le rassurer, le consoler, le bercer, comme ferait sa maman...

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Anthony Hopkins a l'élégance de ne jamais s'agacer qu'on résume sa carrière au rôle mythique d'Hannibal Lecter (alors qu'il n'apparaît que 16 minutes dans le film) qui lui vaudra son premier Oscar, mérité. Mais pour moi il sera toujours le Henry J. Wilcox de Retour à Howards End, le James Stevens des Vestiges du jour, le C.S. Lewis des Ombres du coeur et désormais Anthony, The Father.

UNE raison de voir le film ? Anthony Hopkins.

Aujourd'hui star de Tik Tok où il fait le mariole, Anthony Hopkins a reçu son Oscar dans son jardin :

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Commentaires

  • "Elephant Man" ? "Dracula" ? Hannibal n'apparaît que 16 minutes dans "Hannibal" ?
    Un peu plus d'écran dans "The Father" visiblement.

  • Dans le silence...
    Oh oui. Il est merveilleux.

  • Je vais commencer par ce film là pour renouer avec le cinéma. Pour lui bien sûr. J'ai adoré sa période "Vestiges du jour" et "retour à Howard ends" comme toi.

  • Excellent choix.
    J'adorais ces rôles troubles et troublants.
    J'aime la profondeur de son regard

    Prends des mouchoirs.

  • Un de mes acteurs préférés !! Moi j'ai un gros faible pour "Meeting Joe Black".
    J'ai bien ri lors du paragraphe sur O Colman, je comprends qu'elle puisse agacer, j'ai bien aimé la coiffure au contraire et ses boucles d'oreille

  • Oula Meeting Joe Black... une grosse daube selon moi :-)
    Elle ne m'agace pas, je la trouve vraiment mauvaise. Je ne comprends pas cet engouement. Mais je reconnais ne pas avoir vu les boucles d'oreilles, j'aurais peut-être changé d'avis :-) Mais la coiffure collée au front : non !

  • Pour nous ce n'est plus un sujet de fiction mais bien une réalité familiale. Malgré la performance d'un acteur que nous aimons beaucoup nous passerons notre tour.

  • Quelle épreuve cette maladie ! Angoissante même sans y être confrontée directement.

  • Rien à voir (quoique), mais c'est l'anniversaire de notre Clint préféré : 91 ans et encore des films à tourner. C'est pas beau ça ?

  • Et hier j'ai revu Le canardeur sur Arte. Il était Meeeeeeeeeeeerveilleux. On rit pas mal et on finit par ne plus rire. Le duo avec Jeff fonctionne à merveille. J'espère que tu l'as vu.
    Et le doc ensuite sur Cimino m'a fait tellement de peine. Quel acharnement contre ce réalisateur majeur !

  • Oh zut, essaie de le voir. Malgré son titre français, ce film est vraiment formidable. Nul doute que le doc te donnera envie.

  • J'ai vu qu'il avait d'excellentes critiques Allociné mais dans mon podcast Pardon le cinéma 3/4 des chroniqueurs n'ont pas aimé. Moi j'ai adoré. Je suis sortie très touchée par ce film et par Anthony H!

  • Anthony est très juste, sobre dans son jeu (ce qui n'est pas sa qualité première) et bouleversant dans la scène finale qui m'a laissée en miettes.

  • Anthony est incontournable et j'aime les acteurs capables de me faire pleurer.
    Oui c'est maso.

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