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LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES

d'Ann Sirot et Raphaël Balboni **

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Avec Lucie Debay, Lazare Gousseau, Florence Loiret-Caille  

Rémy et Sandra s'adorent mais se désespèrent de ne pas avoir d'enfant. Leur médecin leur annonce comme une excellente nouvelle qu'ils sont atteints du Syndrome des amours passées, une affection nouvellement découverte aux Etats-Unis.

L'annonce étant faite avec beaucoup d'enthousiasme par la faculté, le couple ne remet nullement en cause le "traitement" qui permettrait le déblocage de la situation et rendrait madame enceinte. Il suffit purement et simplement de re-coucher une fois avec tous ses précédents partenaires. Le soir même, au lit, Rémy et Sandra font le compte. Pour lui, le calcul est rapide, ses ex sont au nombre de 3. Pour elle, il faut multiplier le chiffre par 7 ou 8. Le moment de stupéfaction passé, chacun se met à la recherche de cette vingtaine de personnes et leur propose ce déroutant marché : veux-tu bien recoucher avec moi, juste une fois ? A une exception près, retrouver ses ex (qui tous (comme c'est commode) ont été immortalisés par un polaroïd) est d'une facilité déconcertante. Et si ce n'est un ancien amant de Sandra devenu homosexuel qu'elle ne parvient plus à faire bander et dont on ne saura s'ils sont allés au bout de la proposition, recoucher avec ses ex ne pose pas le moindre problème.

Vous l'avez compris, malgré  l'originalité, la fantaisie, la belgitude peut-être du projet et les sourires qu'il provoque, je n'ai pas été embarquée tant j'ai trouvé d'invraisemblances, de facilités qui ne tiennent pas la route. Même en voulant revisiter la comédie romantique dont le chemin scénaristique est souvent parcouru de facilités providentielles pour que les tourtereaux finissent dans les bras l'un de l'autre, le singulier postulat de départ ici aurait permis davantage de surprises et d'audaces voire d'accrocs. Il y en a peu, si ce n'est du point de vue de la réalisation qui est soignée, originale et donne aux scènes de sexe (très prudes même si les acteurs passent une bonne partie du film nus) des allures de chorégraphie. Mais je n'ai pas vu à quelles métaphores faisaient allusion avec insistance la réalisatrice présente lors de l'échange d'après film. Peu de questions ont d'ailleurs été posées car le film impose sa démonstration sans réelle discussion possible.

L'enchaînement des situations, des retrouvailles s'effectue dans la plus parfaite connivence. Pas l'ombre d'une séparation ne semble s'être déroulée dans l'hostilité, et l'acte sexuel à chaque fois semble être, surtout pour Sandra, un pur moment d'extase. Tant mieux pour eux mais on peut se permettre de douter. Le film alors se répète, ronronne et patine. Sauf lorsque Rémy se trouve dans une orgie échangiste dans une piscine où tous les participants portent des masques d'animaux. Rémy se trompe d'oiseau et ne couche pas avec la bonne personne. C'est assez drôle et encore plus de voir ces gens avec leur tête de cheval ou d'aigle se croiser et se dire poliment bonjour.

On retrouve, c'est évident la fantaisie qui faisait l'un des charmes du premier merveilleux film de ces réalisateurs talentueux, Une vie démente, qui avait le même postulat de départ (le désir d'enfant, Ann, Raphaël, il faut vous y mettre) mais il y manque la douceur, la folie et surtout l'émotion qui nous étreignait régulièrement entre deux éclats de rire.

Le film reprend (pour moi) de l'intérêt lorsque Sandra se met finalement à souffrir de la situation et se dirige en conséquence vers ce qui me semble être une option plus réaliste mais il est un peu tard et le ronron s'est installé. Par contre, l'interprétation jusque dans le moindre second rôle est formidable.

L'épilogue aussi inattendu, stimulant qu'original, est très réussi.

Mitigée donc et déçue par ces réalisateurs dont j'attendais mieux.

Commentaires

  • Mais franchement ça ne fonctionne pas.

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