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INCHALLAH UN FILS

de Amjad Al Rasheed ***
Inchallah un fils

Avec Mouna Hawa, Haitham Ibrahem Omari, Yumna Marwan

Nawal et son mari ont une fille et essaient d'avoir un deuxième enfant. Bien que jeune, le mari de Nawal meurt dans son sommeil. Cela se passe à Amman de nos jours en Jordanie.

Le temps des condoléances passé où chacun affirme à Nawal qu'il est là pour elle en cas de besoin, la jeune femme va devoir affronter le système injuste d'une société encore patriarcale où en l'absence d'héritier mâle, le patrimoine du couple revient... à la famille du défunt !

Autant dire que les promesses font long feu et que face à l'absurdité et à l'injustice administratives Nawal se retrouve bien seule. Sans compter que son beau-frère réclame une dette impayée et qu'il peut également en cas de défaillance devenir le tuteur de sa nièce et l'enlever à la garde de sa mère... Nawal a beau faire valoir ce qui ressemblerait à des droits, elle a participé au paiement du crédit de l'appartement, elle travaille (elle est infirmière mais sans contrat de travail...), elle a apporté des biens et de l'argent en dot au moment du mariage, rien n'y fait. D'ailleurs, aucun document officiel ne confirme ses affirmations. Les lois et Dieu, tellement commode à invoquer quand cela arrange les hommes, sont inflexibles.

Nous allons de surprise en consternation devant ce film présenté comme une course contre la montre stressante au cours de laquelle Nawal n'obtiendrait qu'une aide précieuse qu'elle refuse puisqu'il s'agit de son collège kiné qui est amoureux d'elle. Malgré la gentillesse et la sincérité du garçon, l'aide ne serait peut-être pas gratuite. Pas de solidarité à attendre des femmes comme de son frère qui attendent de Nawal qu'elle rentre dans le rang et pourquoi pas se trouve rapidement un nouveau compagnon comme font toutes les veuves, sans faire de vague.

Nawal est une femme qui lutte pour sa survie et son indépendance. Sur son chemin semé d'embûches, aucune place ne lui est accordée pour son chagrin. Elle avance, fonce même pour faire face à un enchevêtrement de situations de plus en plus absurdes. Dans son combat, elle semble n'avoir que des ennemis au sein même de sa propre famille. Le scenario infiniment réaliste et intelligent ne l'épargne pas et accumule les obstacles qui finissent par ressembler à des pièges.

Si seulement elle avait un fils, les soucis disparaîtraient comme par enchantement !

C'est complètement dingue et l'on est tendu d'un bout à l'autre de cette histoire où l'on a envie d'aimer, de soutenir et de secourir cette femme digne et courageuse. La voir couvrir ses magnifiques cheveux à la hâte même lorsqu'elle est chez elle dès qu'un homme fait une apparition est une des moindres aberrations qui jalonnent ce film admirable.

A Amman capitale de la Jordanie, toutes les ruines antiques semblent disparaître sous les tentacules d'une ville moderne en perpétuelle construction. La ville est un des personnages du film.

Commentaires

  • Bonjour Pascale, avec La salle des profs, c'est l'un des deux films que je veux aller voir demain. J'ai hâte. Bonne après-midi.

  • Bonjour dasola. Excellents choix. Deux films qui m'ont bien bousculée.

  • Bonjour Pascale, je l'ai vu et j'ai adoré ce film tendu de bout en bout. C'est terrible, ces sociétés où les femmes n'ont le droit que de faire des enfants et de se taire. Une femme, parce qu'elle est veuve et sans héritier mâle n'est plus rien du tout. La petite Noura est adorable et pourtant son destin ne va pas être rose. Bonne journée.

  • Bonjour dasola, C'est toujours douloureux et incompréhensible de voir ce que subissent certaines femmes. On se demande comme cette idée de leur supériorité est venue aux hommes.

  • Merci.

  • Nawal est une battante et elle aura besoin de toutes ces forces pour vaincre les aberrations et absurdités.
    J'ai beaucoup aimé la "confrontation" dans la chambre entre Laureen et Nawal, si différentes mais qui vont unir leurs forces malgré tout !
    Amman semble tentaculaire, peu de vert et de lieu ou trouvé la sérénité...

  • On tremble pour elle mais elle est impressionnante.
    Ces grandes villes sont effrayantes je trouve. La poussière, l'agitation, la modernité et l'obscurantisme.

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