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LE COMTE DE MONTE CRISTO

de Mathieu Delporte et Alexandre De La Patellière ****

Le Comte de Monte-Cristo : Affiche

Avec Pierre Niney, Bastien Bouillon, Anaïs Demoustier, Patrick Mille, Laurent Lafitte, AnaMaria Vartolomei, PierFrancesco Favino, Vassili Schneider, Julien de Saint Jean, Julie Debona, Bruno Rafaelli, Bernard Blancan, Adèle Symphal

Pour avoir sauvé une jeune femme de la noyade au mépris des ordres de son capitaine Danglars, Edmond Dantès jeune marin fougueux s'attire l'inimitié de ce dernier.

Pour avoir demandé la main de Mercédès qui partage son amour alors que le cousin de la belle, Fernand de Morcef la convoitait, le jeune Edmond le rend fou de jalousie. En toute innocence Edmond a désormais et sans le savoir deux ennemis qui s'associent à un troisième, le fourbe procureur Gérard de Villefort pour l'accuser d'être un espion bonapartiste et le faire arrêter le jour même de son mariage. Edmond est expédié dans les oubliettes du Château d'If qui portent si bien leurs noms et effectivement, tout le monde oublie Edmond, persuadé pour la plupart qu'il est mort. Dans sa geôle il fait la connaissance au bout de six années d'enfermement et de solitude de l'Abbé Faria qui lui indique l'emplacement d'un trésor. Après une évasion rocambolesque, Edmond réussit à retrouver le trésor, devient immensément riche et revient sous un nouveau nom et une apparence nouvelle. Il est désormais le Comte de Monte Cristo et a mûrement nourri un projet de vengeance envers tous ceux qui lui ont pris vingt années et l'amour de sa vie.

Tous ces noms et cette histoire vous sont forcément familiers et on ne compte plus le nombre d'adaptations cinématographiques et télévisuelles de l'oeuvre monumentale d'Alexandre Dumas. Après avoir brièvement revu des extraits des cinq adaptations françaises, je peux dire que celle-ci est forcément la moins poussiéreuse mais certainement aussi la plus belle et la plus enthousiasmante. Une grande aventure pleine de sentiments exacerbés, de complots, de trahisons, de sentiments passionnés et de rebondissements. Les péripéties s'enchaînent à un rythme vertigineux et il faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil devant l'abondance de noms et de personnages. L'oeuvre littéraire de 1 889 pages publiée d'abord sous forme de feuilleton dans Le journal des débats d'août 1844 à janvier 1846 est un authentique page turner dynamique dont on suit la narration à l'écran sans un instant de lassitude ou d'ennui. Alors évidemment les réalisateurs prennent quelques libertés avec certains noms, certains personnages, en ajoutent de nouveaux quitte à complexifier une intrigue déjà ambitieuse... mais peu importe, l'essentiel est là et avant tout on ressent un plaisir immense face à ce grand divertissement populaire. Et tant pis pour ceux qui crieront à la trahison. Comment réussir à verrouiller en un seul film le destin d'un tel personnage et de tous les personnages qui gravitent autour de lui, de sa perte et de sa vengeance ? Mais au moins nous n'aurons pas à attendre des mois pour voir une éventuelle suite. Les réalisateurs ne reculent devant aucune grandiloquence appuyée par une musique peut-être omniprésente mais qui colle parfaitement à l'ampleur de l'entreprise. C'est lyrique, épique, romantique et romanesque.

Au centre de tout, il y a un personnage écrasant et un acteur. Pierre Niney impressionnant dont on salue chaque fois ses interprétations devrait avec ce rôle colossal marquer l'histoire du cinéma. On dirait qu'il était fait pour entrer dans les costumes chics et les différents avatars d'Edmond Dantès. D'une élégance folle, il donne vie à ce personnage fascinant que l'innocence bafouée a transformé en un vengeur implacable, dont l'âme s'est obscurcie au point de ne pas toujours se venger des bonnes personnes et de sacrifier de jeunes innocents de la génération suivante. L'acteur ne cherche pas à tout prix à rendre ce personnage sympathique qui ne l'est d'ailleurs pas.

On peut (un peu) regretter que la période de la captivité soit trop survolée ne laissant que peu de place à l'immense Pierfrancesco Favino en abbé Faria mais le déroulement imperturbable de la vengeance qui suit est absolument passionnant. "Et de un... et de deux...".

Peu d'émotions à ressentir dans cette impitoyable némésis. Mais deux personnages féminins, Mercédès et Haydée interprétés par les merveilleuses Anaïs Demoustier et AnaMaria Vartolemei parviennent quelque peu à infléchir la haine d'Edmond et à nous faire battre le coeur.

La troupe d'acteurs haut de gamme autour de Pierre Niney participe à la réussite de cette fresque magnifique et monumentale. Bastien Bouillon, Patrick Mille et Laurent Lafitte prennent un plaisir évident à incarner la noirceur, la duplicité ou la cruauté. Bruno Rafaelli dans le rôle de l'armateur qui accorde une promotion à Edmond et Bernard Blancan en père d'Edmond offrent deux jolis moments de douceur et de bienveillance. Julien de Saint Jean (magnétique) et Vassili Schneider (fragile) incarnent la deuxième génération. Ils marquent des points et devraient s'attirer une avalanche de rôles.

On a du mal à imaginer qu'un seul homme puisse ourdir un tel plan machiavélique et parvenir à ses fins et pourtant... Le Comte de Monte Cristo reste le chef-d'oeuvre de l'innocence bafouée, de la jalousie déplorable, de la méchanceté, de la vengeance impassible et impitoyable et c'est toujours exceptionnellement cinématographique. 3 heures d'une beauté remarquable (quels décors !!!) que l'on ne voit pas passer.

Commentaires

  • Oui quel beau spectacle que furent ces trois heures... Et ce qui n'a pas gâcher mon plaisir, en un demi-siècle, on ne m'avait pas encore spolier l'histoire du comte de Monte Cristo.
    C'est donc avec un regard tout neuf et totalement naïf que j'ai pénétré dans cette grande salle obscure, certainement le grand gagnant de la fête du cinéma...

  • Ooooh tu ne connaissais pas l'histoire d'Edmond ?
    Incroyable cette belle version et grand Niney.
    D'attaque pour les 1 889 pages ?

  • Je crois que sur ce coup-là et devant les 1889 pages promises, je vais passer mon tour... D'autant plus que maintenant le film m'a spolié la fin du roman ;-)))

  • On ne se lasse pas de plonger et replonger dans les eaux tourmentées du Frioul.

  • Je commence par mon petit bémol : j'ai habité les îles du frioul au large de Marseille... et du château d If alors dommage pour moi que le temps de la détention et du partage entre Faria et Edmond ne soit pas plus exploité et peu d image de la prison et l'évasion pas assez mise en avant.
    Mais le film est une superbe épopée riche en rebondissements et de nombreux personnages occupent bien la scène ( les deux jeunes acteurs Julien et Vassili dans 2 registres très différents). Très beaux lieux de tournages, le château d Edmond est superbe. 3h qui passent vite.

  • Sans y avoir vécu je trouve aussi que cette partie est un peu trop survolée. Notamment le changement entre Faria et Edmond... comment s'y prend-il ?
    Pour le reste, c'est du grand et bon spectacle populaire. Une réussite.

  • Ah, Le Comte de Monte-Cristo, le plus grand livre d'aventures de la littérature française. Le film ne sera jamais à la hauteur du livre, mais c'est une adaptation habile et réussie, très distrayante et très bien jouée, même si quelques scènes (le duel final, mal filmé) sont nettement en deçà du reste. J'en ai parlé aussi chez moi. Pour le Bison : la fin du livre est différente, et sur plusieurs points, le film diverge du livre. Donc, il faut lire ce livre fabuleux, qui se lit à toute vitesse !

  • Quand une adaptation (dans tous les sens du terme) est aussi réussie je ne fais pas la fine bouche. C'est tellement supérieur aux Trois mousquetaires (on compare car c'est récent) ! Et des films qui donnent envie de (re)lire, je dis : bravo !

  • Quel enthousiasme ! J'attends un peu que l'engouement se calme pour aller le voir, et surtout que la fete du cinéma soit passée !

  • Oui j'ai vraiment beaucoup aimé.

  • Vu hier soir avec dasola. En sortant de la salle et en marchant jusqu'à notre arrêt de bus, j'ai entrepris de lui expliciter les différences avec le roman (que je connais - presque - par coeur) et cette version cinématographique. Jusqu'à me faire interpeller par une voyageuse inconnue: "j'étais dans la même salle, je l'avais lu au collège, mais là, vous me donnez vraiment envie de le relire!). Heureux j'étais...
    A part ça, quelques petits faits me font me demander si on n'aura pas droit, dans quelque temps, à une "version TV" délayée à 6 ou 8 heures, et qui développerait par exemple quelques personnages à peine entrevus (les familles Morel, de Villefort...)?
    Au final, en l'état et en salle, un grand beau spectacle et une oeuvre à part entière (malgré les différences avec Dumas).

  • Bravo pour cette incitation à la lecture.
    Devant un tel spectacle, les différences et adaptations avec le roman m'indiffèrent.
    Je suis d'ailleurs contente que le film ne soit pas découpé en plusieurs parties mais il est vrai qu'en 3 heures, il est difficile de faire entrer toutes les histoires. J'ai d'ailleurs oublié certains aspects du livre donc rien ne m'a dérangée. J'en ai profité pour me régaler. J'espère que le film a plu à Dasola.

  • Bonsoir Pascale, j'ai passé un excellent moment à voir ce film dans une salle très pleine et cela m'a fait plaisir. Bonne soirée.

  • Bonjour dasola. C'est en effet réjouissant de voir un tel divertissement accessible à tous.

  • Une très belle surprise... Un grand film d'aventure même si j'ai toujours du mal avec ce maquillage qui ne tient pas la route ; comment ne peuvent-ils pas le reconnaître ?!

  • Ils sont tellement convaincus qu'il est mort.
    On le reconnaît et on ne le reconnaît pas...
    Mais les 3 heures filent à toute allure.

  • J'arrive après les éloges, j'envoie à mon tour ma petite carte postale depuis le château d'If. Même enthousiasme, les trois heures filent à la vitesse d'un galion sous le vent. C'est parfois grandiloquent, mais comment faire la fine bouche quand on a dit du bien du film de Kevin. Je crois que c'est le genre de films dont on a besoin en ce moment.
    Histoire de te faire réagir : Bastien Bouillon est assez moyen dans le rôle de Morcerf, non ?

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