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bernard blancan

  • TORIL

    de Laurent Teyssier ***(*)

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    Avec Vincent Rottiers, Bernard Blancan, Sabrina Ouazani, Tim Seyfi, Karim Leklou, Alexis Michalik

     

    Philippe partage son temps entre sa serre de cannabis destinée à sa consommation personnelle et un petit trafic artisanal, son travail dans un entrepôt, son activité de raseteur (je me suis renseignée ici), sa jolie fiancée Sonia et son meilleur ami Bruno.

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  • VENDEUR de Sylvain Desclous **(*)

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    Avec : Gilbert Melki, Pio Marmaï, Sara Giraudeau, Pascal Elso, Bernard Blancan

     

    Synopsis : Serge est l’un des meilleurs vendeurs de France. Depuis 30 ans, il écume les zones commerciales et les grands magasins, garantissant à ses employeurs un retour sur investissement immédiat et spectaculaire. Il a tout sacrifié à sa carrière. Ses amis, ses femmes et son fils, Gérald, qu’il ne voit jamais. Et sa santé. Quand Gérald vient lui demander un travail pour financer les travaux de son futur restaurant, Serge hésite puis accepte finalement de le faire embaucher comme vendeur. Contre toute attente, Gérald se découvre un don.

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  • LA FRENCH de Cédric Jimenez ***

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    Dans les années 70, il y avait la French Connection et les Yankees nous envoyaient "Popeye" pour s'attaquer à un fléau : la drogue et plus particulièrement l'héroïne dont la majorité était importée de France et inondait le marché de la consommation américaine.

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  • JEANNE CAPTIVE de Philippe Ramos **

     Jeanne Captive : photo Philippe RamosJeanne Captive : photo Philippe Ramos

    Avant de se jeter du haut du donjon où elle est retenue prisonnière, Jeanne demande pardon à Dieu. La jeune femme qui a conduit les troupes françaises à la victoire contre les anglais et permis à Charles VII d'être couronné est bel et bien abandonnée par ce dernier qui ne lèvera jamais le petit doigt pour lui venir en aide. Retrouvée en miettes au pied du chateau elle est de nouveau enfermée et soignée par Jean de Luxembourg, seigneur peu scrupuleux qui doit la vendre (en bon état) aux anglais et en tirer 10 000 livres. Se sentant également délaissée par Dieu qui ne lui fait plus entendre "ses voix", Jeanne décide de se taire à tout jamais. Bien qu'un médecin lui propose de l'aider, elle s'obstine dans son mutisme. Au terme d'un épuisant procès de plusieurs mois, Jeanne finira comme l'on sait sur le bûcher !

    Il faut être audacieux ou inconscient pour s'aventurer à aborder une nouvelle fois ce sujet maintes fois traité depuis les origines du cinématographe. Ce qui fait l'intérêt et l'originalité du film de Philippe Ramos est qu'il élude totalement toutes les scènes de procès et du bûcher qui étaient le pivot des films de ses illustres prédécesseurs et si le nom de l'Evêque Cauchon est évoqué, il n'apparaît jamais à l'écran.

    Le centre de ce film est le corps de Jeanne martyrisé, exposé, palpé, soigné, humilié. La frêle et opalescente Clémence Poésy prête également à la Sainte son visage diaphane qui s'illuminera lors d'un voyage en bord de mer où les fameuses voix envoyées par Dieu lui-même lui tiendront à nouveau compagnie. Autour d'elle, des hommes misérables qui la voient et la considèrent comme une sorcière. L'actrice incarne à merveille la fragilité, la force et la foi proche du mysticisme de Jeanne au milieu de tous ces hommes qu'elle fascine et inquiète. Il est donc vraiment dommage que le sort monstrueux réservé à cette petite jeune fille ne provoque absolument aucune émotion.

    L'apparition de Mathieu Amalric en prédicateur halluciné et d'Adam et Eve qui s'apergent le corps des cendres de Jeanne d'Arc sont quant à elles complètement absconses...

  • HORS LA LOI de Rachid Bouchareb ***

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    Chassée de ses terres par des colons français, une famille algérienne (3 garçons, 2 filles et les parents) s'installe à Sétif. Le 8 mai 1945, la population fête la fin de la guerre et profite de ce rassemblement pour revendiquer l'indépendance de l'Algérie. La manifestation se transforme en massacre lorsqu'un policier tire sur un jeune homme. Le père et les deux filles sont tués lors des émeutes. Abdelkader est emprisonné en France comme opposant politique et s'engagera dans le Front de Libération Nationale (FLN) à sa sortie de prison, l'aîné Messaoud le rejoindra de retour d'Indochine, tandis que le plus jeune Saïd s'installera avec sa mère dans un bidonville de Nanterre (saisissante reconstitution) avant de devenir proxénète à Pigalle puis associé dans une boîte de nuit avant de faire fortune dans les combats de boxe.

    Ce n'est pas une leçon d'histoire que nous donne Rachid Bouchareb mais à travers les difficultés d'une famille marquée et secouée par les événements qui ont jalonné l'histoire de l'Algérie, mais surtout celle des algériens de France, il retrace le destin de trois frères qui avaient comme point d'ancrage l'amour indéfectible de leur mère. Des français de France nous ne verrons que les policiers. C'est donc bien du seul point de vue des algériens que le film se situe. Et c'est passionnant parce que le réalisateur nous détaille trois perspectives, trois façons de choisir ou pas de s'en sortir, trois manières différentes de vivre un engagement ou de décider qu'il faut s'en sortir coûte que coûte.

    Ce cinéma a belle allure, c'est un cinéma ample, lyrique et passionné, ponctué de scènes d'action efficaces et puissantes, d'autres plus intimistes. Rachid Bouchareb est à l'aise dans ces deux extrêmes. Film de gangsters, chronique politique, saga familiale, petite histoire des "petites" gens intégrée dans la Grande, "Hors la loi" est tout ça, c'est-à-dire éminemment populaire au très bon sens du terme, jamais prétentieux ou péremptoire mais toujours sincère et romanesque, donc accessible et captivant.

    Incontestable directeur d'acteurs accompli, Rachid Bouchareb réunit pour la deuxième fois son prestigieux casting quatre étoiles (sauf Samy Nacéri, hélas) d'"Indigènes", qui accomplit cette fois encore des prouesses et des miracles. Il faut dire qu'avec ces quatre là, il joue sur du velours. Sami Bouajila s'est emparé du rôle d'Abdelkader l'activiste forcené prêt à tout sacrifier au FLN même ses frères avec une telle détermination qu'il en fait presque peur. Son investissement est tellement radical qu'il en perd parfois toute humanité. Il ne s'accorde aucun répit dans sa lutte mais c'est pourtant à son grand frère Messaoud qu'il laisse le soin d'accomplir toutes les sales besognes. On ne sait jamais tout à fait si c'est à la cause ou à son frère que ce dernier est le plus dévoué. En tout cas, Roschdy Zem, constamment en lutte contre ses états d'âme et sa mauvaise conscience est un colosse aux pieds d'argile absolument fascinant. Jamel Debouze, toujours meilleur, toujours différent, est Saïd, le petit caïd de Pigalle qui refuse de "faire l'esclave chez Renault" et trouve les combines pour s'en sortir confortablement.

    Evidemment je n'oublie pas Bernard Blancan, ici colonel Faivre de la DST, ancien résistant qui continue après la fin de la guerre à faire son boulot "pour la France". Inflexible mais sûr de son engagement patriotique, il est ce flic appliqué néanmoins capable de respecter et d'admirer son adversaire au point de lui dire qu'ils auraient pu faire partie du même réseau de résistance. A ce titre Sami Bouajila et lui ont l'avantage de partager l'une des plus belles et plus fortes scènes du film. C'est aussi à Bernard que revient la très belle réplique finale au double sens et l'on décèle sous l'apparence imperturbable, l'humanité et la désillusion.

     

    NB : si vous ne l'aviez pas regardée en mai, je vous invite à (re)voir la vidéo de l'interview que Sandra M. avait faite de Bernard Blancan à Cannes, mais surtout à aller voir le film évidemment.

  • HORS LA LOI de Rachid Bouchareb avec BERNARD BLANCAN...

    Evidemment je n'ai pas encore vu ce film puisque d'une part je n'étais pas à Cannes où il a été présenté hier en compétition officielle et d'autre part il ne sortira que le 22 septembre prochain.

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    Je tiens simplement à en parler aujourd'hui parce que pendant tout le festival j'ai suivi Sandra M. sur son blog copieusement alimenté chaque jour et plus que jamais in the mood. Sandra qui tribulationne et pérégrine là bas chaque année depuis 10 ans voire plus. J'ai également suivi le festival grâce au site TousCoprod qui réalisait chaque jour des vidéos et des interviews simples, décontractées et vraiment bien faites. Contrairement à d'autres sites participants au festival que j'ai rapidement laissé tomber car, même s'ils ont vu énormément de films, m'ont rapidement agacée à vanter quotidiennement leurs beuveries, la recherche de la soirée où se montrer, le changement de robes ou de chaussures. Soit, le sujet n'est pas là...

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    Hors La Loi donc de Rachid Bouchareb... avec la même équipe (moins Samy Nacéri) que celle d'Indigènes, film que j'avais absolument adoré et qui m'avait permis de rencontrer par la suite Bernard Blancan qui y était absolument époustouflant au même titre que les Sami, Roschdy et Jamel. Il est toujours un peu la cinquième roue de ce superbe carosse mais sans lui, le vilain n'aurait sans doute pas cette consistance. En dehors de la polémique sur ce film qui n'a pas vraiment eu lieu si j'ai bien compris, et de la qualité du film dont on ne pourra juger qu'en septembe, il faut reconnaître à Rachid Bouchared un don incomparable pour raconter de grandes et belles histoires et surtout, ce que je trouve primordial, moi qui aime tant les interprètes, d'être un directeur d'acteurs hors pair, de les diriger admirablement tous autant qu'ils sont, d'en tirer le meilleur !

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    Je vous invite donc à suivre, si vous ne le faites pas déjà, le blog de Bernard Blancan où il raconte quasi quotidiennement tous ses tournages, tous les castings, les tractations, la recherche de subventions pour son documentaire, ses dons et son travail de sourcier qui le passionne etc... Il est l'un des rares acteurs à tenir un blog, à ce que je sache, ce qui est vraiment très intéressant pour les cinéphiles que nous sommes. Laissez-lui des messages, il répond aux commentaires, ce qui a toujours été pour moi l'un des principes de base du blog... Même si tu ne commentes pas chez moi, la moindre des choses est de répondre aux commentaires qui y sont laissés, un échange en quelque sorte... C'est mon point de vue et je le partage (message subliminal à ceux chez qui je ne commente plus et qui s'en étonnent peut-être parce qu'ils ne se donnent jamais la peine de répondre).

    Je vous encourage également à écouter l'interview de Bernard réalisée par Sandra qui est vraiment très très intéressante et agréable,

    et à lire la critique en avant-première qu'elle fait du film de Rachid Bouchareb, ainsi que la conférence de presse du film que le réalisateur conclut ainsi : "Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire du film un champ de bataille car il y a eu trop de violence dans le passé. On ne va pas remettre ça aujourd'hui ».

     

  • Adieu Gary de Nassime Amaouche ***

    Et aussi Adieu Yasmine, car il me semble en effet important de rappeler que l’acteur principal du film qui tient le rôle de Samir est mort samedi dans un accident de scooter. En dehors de ses amis et de sa famille, il doit être douloureux pour toute l’équipe de soutenir ce beau film ainsi endeuillé.

    …………………………………………………….

     Jean-Pierre Bacri, Yasmine Belmadi, Nassim Amaouche dans Adieu Gary (Photo) Dominique Reymond, Jean-Pierre Bacri, Nassim Amaouche dans Adieu Gary (Photo)

    Samir sort de prison et rejoint son père et son frère dans la petite maison qu’ils occupent dans une cité ouvrière qui se vide progressivement. Le dernier espoir de cette communauté dont le lien, en dehors de la mixité ethnique est l’évidence d’appartenir au milieu ouvrier, semblait résider dans l’usine locale qui vient de fermer ses portes. A mesure que l’usine est démontée pièce par pièce, on accompagne quelques uns des habitants du quartier qui choisissent de rester, de partir ou simplement de rêver de le faire...

    Dans ce petit monde clos, il y a :

    Francis (Jean-Pierre Bacri) qui a travaillé toute sa vie sur une machine et continue de la réparer, pour rien, par amour du travail bien fait et accompli, jusqu’à ce qu’elle soit emportée. Avec ses façons tendres, bourrues et maladroites, il tente d’inculquer à ses grands garçons qu’il a eus avec une marocaine morte depuis, la valeur et l’importance du travail.

    Maria (Dominique Reymond) la voisine très très proche de Francis, et mère d’un ado, José, qui croit que son père est Gary Cooper et qui regarde mutique tous les vieux westerns de l’acteur en attendant le retour du héros. Maria qui, sous le regard inquiet de Francis teste des médicaments pour l’industrie pharmaceutique.

    Samir, le fils qui est sans doute « tombé » à la place d’un autre (on le comprendra, peut-être, sans effet appuyé de la part du réalisateur), accepte un travail qu’il trouvera rapidement humiliant : déguisé en souris pour la « semaine du fromage », il remplit les rayons d’une supérette avec son frère Icham qui rêve de partir au bled qu’il ne connaît pas. Il apprend d’ailleurs, dans des scènes assez hilarantes à parler l’Arabe avec énormément de difficultés.

    Il y a Nejma (sublime Sabrina Ouazami) dont Samir tombe amoureux (on le comprend) mais qui va choisir de quitter cette province sinistrée pour « monter » à Paris.

    Et puis, il y a José qui attend Gary à côté d’Abdel aimé de tous, dangereusement insoupçonnable bien que revendeur de drogues…

    Mille thèmes sont brassés ou effleurés sans zèle ni prosélytisme par un réalisateur qui aime, respecte, écoute les autres : le monde ouvrier, les syndicats, l’intégration, les racines, le rôle et la place de la religion dans une société laïque et on applaudit Nassime Amaouche de réussir un film de cinéma aussi beau (visuellement), aussi fort avec autant de délicatesse.

    Il est entouré par le lumineux Yasmine Belmadi, les très solides Jean-Pierre Bacri et Dominique Reymond, et on comprend aussi la participation amicale de Bernard Blancan dans un film aussi discrètement militant.

    Sans oublier le dernier "personnage" du film, la sublime et obsédante musique du Trio Joubran.

    Dans la chaleur écrasante d’un été du sud de la France, cette cité se résume à une allée bordée de platanes, entourée par l’usine abandonnée et la voix ferrée. Elle finira par le miracle du cinéma par se transformer en un véritable décor de western avec son unique rue déserte, balayée par la pluie et traversée par un poor lonesome cow-boy : Gary Cooper himself ? J Pur instant de magie cinéphile et mélancolique.

    Un film et des personnages regroupés autour d’une valeur frémissante qui paraît désuète et dépassée : la fraternité !

     Nassim Amaouche dans Adieu Gary (Photo)

  • NO PASARAN

    Bernard Blancan n'est pas un acteur idiot. Non, non !

    Parfois il tourne des films en Nouvelle-Calédonie, d'autres fois dans le Sud-Ouest de la France et cela donne

    NO PASARAN de Martin et Caussé qui promet d'être une fable écologique punk avec des "éco-terroristes" dedans.

    Si vous avez la chance d'habiter le Sud-Ouest, vous pouvez vous rendre à l'une des avant-premières suivantes :

    sinon, il vous faudra patienter jusqu'au 15 juillet pour une sortie dans le Sud-Ouest et le 2 septembre pour une sortie nationale.

    En attendant, vous pouvez vous régaler et tout apprendre chez Joël ici,

    ou découvrir (si ce n'est déjà fait) le Blog/Journal (quasi) quotidien de Bernard Blancan.

    Ou encore regarder la bande-annonce prometteuse ici :

     

     

  • INDIGENES de Rachid Bouchareb ****

     

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    - « Ne les appelez pas les indigènes, mon capitaine !

    - Ben, les musulmans alors ?

    - Non, ils n’aiment pas non plus.

    - On doit les appeler comment alors ?

    - Les Hommes mon capitaine !!! ».

    Il y a toujours des scènes ou des répliques chocs dans les films. Ce film est un choc à lui tout seul. Des « africains » se sont engagés pour libérer la France, ici, Rachid Bouchareb s’intéresse aux algériens et aux marocains qui viennent pour la première fois fouler le sol de la « mère patrie », chanter « La Marseillaise » et libérer la France du nazisme. Le périple commence en Italie, se poursuit en Provence pour se terminer dans les Vosges puis en Alsace où quatre hommes résistent en attendant l’arrivée de la troupe… Quatre hommes dans la tourmente, transformés en « chair à canon » destinés à monter à l’assaut en première ligne ! Des hommes qu’on a utilisés, à qui on a menti et qu’on a oubliés.

    Vive la France !

    Rachid Bouchareb souhaite simplement que justice leur soit rendue en leur donnant une place dans les livres d’histoire, c’est peu, c’est énorme. Rendons dès à présent au moins hommage à son très très beau film, vibrant et bouleversant, qui alterne les scènes de bravoure militaire et les moments intimes. Mais ici, une fois encore, les soldats ne meurent pas dans des ralentis esthétisants et déplacés. Les hommes même s’ils sont solidaires et fraternels ne sont pas en colonie de vacances, comme parfois dans certains films, où entre deux combats, ils semblent être dans une fête entre potes. La guerre pue, les hommes crèvent de trouille, le temps s’étire, les injustices pleuvent (permissions pour les « métropolitains » et pas pour les « indigènes » par exemple…). Pratiquement deux ans à libérer un pays qui les ignorera, les rejettera, alors qu’ils se demandent parfois : « qu’est-ce qu’on fout ici mon capitaine ? ».

    Le film est beau, intense, puissant et la dernière demi-heure, beaucoup plus romanesque et spectaculaire est déchirante et bouleversante. Le tout dernier plan, douloureux et poignant vous laisse effondré dans votre fauteuil. Une fois encore, le public ne s’y trompe pas, qui ne peut manifester son adhésion qu’en applaudissant.

    Que dire des interprètes, sinon que Wong Kar Wai et son jury ne se sont pas trompés non plus à Cannes, même si Sami Bouajila me semble dominer cette interprétation sans faille. Il faut dire que son rôle est magnifique, et il est époustouflant d’énergie et d’obstination tranquilles ! De Samy Nacéri se dégage une force intérieure inouïe, une rage contenue impressionnante. Roschdy Zem, à la fois calme et tendu est une sorte de colosse tendre et fragile. Jamel Debbouze fait parler ses yeux comme jamais, prêt à tout pour être aimé et reconnu. Bernard Blancan, déchiré, à la fois brusque et humain est parfait.

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    Une histoire oubliée, voire méconnue, racontée par des acteurs impliqués, concernés, véritablement « habités »…

    faites-leur un triomphe car le film est magnifique !