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sami bouajila

  • LES BIENHEUREUX

    de Sofia Djama ***

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    avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Lyna Khoudri, Faouzi Bensaïdi, Amine Lansari,

    Synopsis : Alger 2008, quelques années après la guerre civile. Amal et Samir ont décidé de fêter leur vingtième anniversaire de mariage au restaurant. Pendant leur trajet, tous deux évoquent leur Algérie : Amal, à travers la perte des illusions, Samir par la nécessité de s'en accommoder. Au même moment, Fahim, leur fils, et ses amis, Feriel et Reda, errent dans une Alger qui se referme peu à peu sur elle-même.

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  • OMAR M'A TUER de Roschdy Zem ***

    Omar m'a tuer

    Est-il utile de rappeler les faits ? En juin 1991 une femme est assassinée dans sa villa du Sud de la France. Sur le mur de la cave où le massacre de la dame a eu lieu, écrit avec le sang de la victime les enquêteurs découvrent une inscription : "Omar m'a tuer" avec cette somptueuse faute d'orthographe que seuls les journalistes relèveront. Quelques jours suffisent à la police pour arrêter Omar Raddad, le jardinier de Ghislaine Marchal la victime. Cet "arabe de service" fait un coupable idéal. Néanmoins, malgré un procès et un verdict sans appel, condamné à 18 ans de réclusion criminelle Omar Raddad sera écroué et ne cessera de clamer son innoncence. Il ne devra son salut qu'à Jacques Chirac qui lui accordera la grâce présidentielle. Grâcié 8 ans plus tard mais toujours pas innocenté à ce jour, il ne cesse de se battre pour être réhabilité et laver son honneur souillé. Malgré Jacques Vergès, l'avocat des causes perdues qui, selon ses propres mots trouve en Omar Raddad son premier innocent, cet homme reste la victime d'une erreur judiciaire pendant qu'un assassin court toujours.

    En effet, Roschdy Zem ne laisse pas de place au moindre doute, Omar est innocent et son film est un procès à décharge qui fait apparaître les innombrables zones d'ombre, les irrégularités, les preuves abandonnées ou détruites qui démontrent l'innocence de l'accusé. Ces indices sont tellement nombreux que je n'en cite aucun et vous les laisse découvrir.

    Le réalisateur ne s'acharne pas contre la justice et n'enfonce pas non plus le clou d'une enquête et d'un procès bâclés voire truqués à grand renfort d'effets de manches et de sous-entendus qui laisseraient supposer un acharnement raciste. Il se concentre davantage sur son personnage, un homme tranquille qui dégage une sorte de pureté, une douceur et une indéniable gentillesse, sans omettre quelques "travers" de l'homme telle que son addiction aux jeux de casino ou la fréquentation des prostituées (ce qu'il démentira toujours). Bien qu'en France depuis de nombreuses années Omar Raddad ne parle ni n'écrit le français ce qui fait atteindre aux interrogatoires lors de l'arrestation des sommets d'incompréhension où l'homme ne sait même pas de quoi on lui parle.

    C'est lors de sa détention qu'Omar trouvera le plus de bienveillance et d'humanité de la part des co-détenus de sa cellule. Malgré cela, l'homme entamera une grève de la faim pour tenter de se faire entendre. Est-ce cette grève de la faim ou l'enquête parallèle d'un écrivain grand bourgeois (la partie du film totalement ratée avec un Podalydès tellement mou et peu concerné qu'il semble complètement à côté du sujet, du rôle et du film) manifestement plus préoccupé de l'opportunité d'écrire un best-seller que par l'homme accusé à tort qui ont alerté Chirac ? En tout cas, Omar Raddad est sorti de prison en 1998 mais n'a toujours pas obtenu la révision de son procès.

    Sans emphase et presque classiquement Roschdy Zem clame l'innocence d'Omar Raddad. En cela il est aidé par l'interprétation hallucinante qu'en propose l'immense Sami Bouajila qui sans outrance non plus offre toute l'humanité et la compassion possibles à son personnage.

  • MA PREMIÈRE SÉRIE

    Oui je vous vois arriver avec vos gros brodequins, vous allez dire "mais qu'est-ce qui lui prend ? qu'est-ce qu'elle y connaît ? De quoi je me mêle ?" et tout ça. Sauf que, si ici j'ai dit des trucs... enfin UN truc, c'est juste pour aider la dame du blog qui compte ses commentaires et moi, vous savez quand je peux rendre service... Mais surtout, le truc c'est pas que je n'aime pas les séries (c'est vous qui avez toujours trahi, interprété, déformé ma pensée), c'est que je ne les connais pas, ça ne m'intéresse pas pour la simple et bonne raison que je me sens tout à fait incapable de suivre pendant des semaines, des mois, des années les mésaventures d'un groupe, d'un personnage ou d'un concept ! C'est tout. Et puis je ne veux pas me sentir comme devant "Lost" à suivre ce machin tout un été (avec quelques ratés...) et me retrouver le bec dans les plumes à devoir attendre la saison suivante pour savoir qui a tué Laura Palmer ! Plus jamais ça !

    Cela dit, je ne vous cache pas que j'ai regardé, il y a très très longtemps UN épisode des Desperate

    mais devant tant de laideurs (y'a une constante dans le sourcil non ?), d'hystérie, de bourgeoisie, j'ai lâché prise en une fois. Oui, je sais, je ne suis sans doute pas tombée sur le bon épisode, en plus c'était en VF et la VF c'est le mal... mais je n'avais pas le choix. C'était ça, ou rien !

    Une autre fois, j'ai dit "zou" et hop, "Prison Break" n'en était qu'à ces premiers balbutiements, et je suis tombée sur ça :

    et je me suis dit "nooooooooooooooooooon !!! toute cette profondeur concentrée en un seul regard, c'est juste trop pas poss... Mais pourquoi n'ont-ils pas choisi Gérard, ou Sam ou Jason ???". En tout cas, j'ai bien ri. Merci.

    Dans un autre moment d'égarement, je me suis trouvée face au Docteur Maison, et là... WTF

    ce type, alors qu'il boîte bas, arpente non stop les couloirs d'un hôpital si blanc et si clean (ça existe ???) que t'as les yeux qui saignent. Il donne des ordres et pose des diagnostics définitifs sans même voir les patients. Il fait "genre" j'suis trop un misanthrope mais on voit tout de suite qu'au fond, c'est une crème. Sa bande de sous-fifres le suit en trottant derrière lui (alors que c'est lui qui boîte) et en levant les yeux au ciel. J'ai pas pu, je suis pas revenue.

    J'aurais aimé m'intéresser à "Lie to me" parce que lui, je l'aime d'amour :

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    mais en quelques minutes je l'ai vu faire tant de grimaces que je me suis dit "non, je préfère rester sur une bonne impression ou un merveilleux souvenir". Et puis malgré le titre... la VF c'est vraiment, définitivement LE mal, absolu !

    Voilà, tout ça pour vous dire que j'ai entendu dans mon France Inter qu'il y avait ceci sur France 2 à 20 h 35 le vendredi

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    et je suis totalement accro ! Heureusement, ça ne dure que trois semaines. Il faut dire qu'il y a Sami et Sandrine que j'aime d'amour l'un comme l'autre. Et qu'ils sont tous les deux absolument fascinants dans des rôles qu'ils n'ont jamais tenus au cinéma. Elle plutôt sèche et antipathique. Lui, inquiétant, imprévisible en serial killer...

    Sami Bouajila est Toman un homme qui a vécu son enfance comme un animal au fin fond de la forêt après que ses parents se soient fait abattre sous ses yeux. Une partie de lui est restée "animale" et il tue en série de façon tout à fait impulsive des hommes qui s'en prennent aux enfants. Sandrine Bonnaire est Daphné, une journaliste qui arrive sur l'Île de la Réunion à la recherche d'un homme qui l'a abandonnée jadis. Le spectateur sait que Toman a tué cet homme mais pas ce qu'il a commis et il aide néanmoins Daphné à le chercher.

    Dans des paysages sublimes de la Réunion, on suit cette histoire passionnante, au rythme assez lent. La violence surgit parfois de façon tout à fait inattendue lorsque Toman trouve une nouvelle victime. Sami Bouajila passe dans la même seconde du sourire le plus irrésistible à l'expression la plus menaçante et terrifiante possible. L'atmosphère étrange, moite parfois languissante et inquiétante, la musique volatile et l'interprétation haut de gamme sont la réussite de cette (mini) série fascinante
    Les deux derniers épisodes de série,signature,sami bouajila,sandrine bonnaire vendredi soir.

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  • DE VRAIS MENSONGES de Pierre Salvadori

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    Jean est amoureux fou d'Emilie mais il n'ose lui déclarer sa flamme. Pourtant il la côtoie chaque jour puisqu'il est l'homme à tout faire (peinture, électricité, pliage des serviettes...) du salon de coiffure dont Emilie est la patronne avec son amie, une nunuche rousse à frange. Un jour, Jean se jette à l'eau et envoie une lettre d'amour anonyme à Emilie qui la benne* illico. Emilie a une mère dépressive qui ne se remet pas du chagrin que son mari l'ait quittée il y a quatre ans. Alors ni une ni deux, Emilie recopie la lettre et l'adresse à sa mère qui se met à revivre !!! Sauf que... bon !

    En fait, je n'ai pas vu ce film. Enfin, si un peu, mais pas complètement. Je suis sortie au bout de trois quart d'heure. J'ai reçu un SMS... (no panic je suis TOUJOURS en mode vibreur)  et j'ai eu subitement autre chose à faire !

    Cela dit, j'étais pas obligée obligée de partir mais au bout de trois quart d'heure j'étais déjà en train de me dire "mais quand est-ce que ça va commencer ???", quand mon vibreur a vribré. Alors finalement, ça ne m'a coûté beaucoup de quitter la salle. En effet, cette comédie m'a tout l'air d'être souriante, mais elle est sans rythme et à base d'un comique de répétition lassant. En trois quart d'heure, oui je sais j'insiste, j'avais déjà pu assister à la redite de plusieurs gags ! Et puis, bon, le gars qui a bac + 28 et qui se retrouve à plier les serviettes dans un salon de coiffure (oui je sais vous allez me dire qu'avec le chômage des jeunes diplômés tout ça... ne vous fatiguez pas) alors que la nouille de service ne sert à rien, ça le fait pas. Les situations sonnent faux dès le début. Voir la mère, Nathalie Baye cheveux défaits traîner en robe de chambre pieds nus dans la rue pour suivre un type et se jeter littéralement à son cou, boaf aussi.

    Alors évidemment Audrey Tautou est adorable et charmante, voir photo n° 2, Sami Bouajila ben... voir photo n° 1 ! j'adore les garçons qui ont l'air trop petits dans leurs jeans, et Nathalie Baye fait bien la fofolle. Mais quand le jeu des acteurs consiste en tout et pour tout à écarquiller de grands yeux ébahis voir photo n° 3 et qu'au bout de trois quart d'heure (je vous l'ai déjà dit ?) il ne s'est toujours rien passé... je ne regrette pas d'être sortie, oui, je sais c'est moche. Même pas honte.

    * du verbe "benner" foutre à la benne quoi !

  • HORS LA LOI de Rachid Bouchareb ***

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    Chassée de ses terres par des colons français, une famille algérienne (3 garçons, 2 filles et les parents) s'installe à Sétif. Le 8 mai 1945, la population fête la fin de la guerre et profite de ce rassemblement pour revendiquer l'indépendance de l'Algérie. La manifestation se transforme en massacre lorsqu'un policier tire sur un jeune homme. Le père et les deux filles sont tués lors des émeutes. Abdelkader est emprisonné en France comme opposant politique et s'engagera dans le Front de Libération Nationale (FLN) à sa sortie de prison, l'aîné Messaoud le rejoindra de retour d'Indochine, tandis que le plus jeune Saïd s'installera avec sa mère dans un bidonville de Nanterre (saisissante reconstitution) avant de devenir proxénète à Pigalle puis associé dans une boîte de nuit avant de faire fortune dans les combats de boxe.

    Ce n'est pas une leçon d'histoire que nous donne Rachid Bouchareb mais à travers les difficultés d'une famille marquée et secouée par les événements qui ont jalonné l'histoire de l'Algérie, mais surtout celle des algériens de France, il retrace le destin de trois frères qui avaient comme point d'ancrage l'amour indéfectible de leur mère. Des français de France nous ne verrons que les policiers. C'est donc bien du seul point de vue des algériens que le film se situe. Et c'est passionnant parce que le réalisateur nous détaille trois perspectives, trois façons de choisir ou pas de s'en sortir, trois manières différentes de vivre un engagement ou de décider qu'il faut s'en sortir coûte que coûte.

    Ce cinéma a belle allure, c'est un cinéma ample, lyrique et passionné, ponctué de scènes d'action efficaces et puissantes, d'autres plus intimistes. Rachid Bouchareb est à l'aise dans ces deux extrêmes. Film de gangsters, chronique politique, saga familiale, petite histoire des "petites" gens intégrée dans la Grande, "Hors la loi" est tout ça, c'est-à-dire éminemment populaire au très bon sens du terme, jamais prétentieux ou péremptoire mais toujours sincère et romanesque, donc accessible et captivant.

    Incontestable directeur d'acteurs accompli, Rachid Bouchareb réunit pour la deuxième fois son prestigieux casting quatre étoiles (sauf Samy Nacéri, hélas) d'"Indigènes", qui accomplit cette fois encore des prouesses et des miracles. Il faut dire qu'avec ces quatre là, il joue sur du velours. Sami Bouajila s'est emparé du rôle d'Abdelkader l'activiste forcené prêt à tout sacrifier au FLN même ses frères avec une telle détermination qu'il en fait presque peur. Son investissement est tellement radical qu'il en perd parfois toute humanité. Il ne s'accorde aucun répit dans sa lutte mais c'est pourtant à son grand frère Messaoud qu'il laisse le soin d'accomplir toutes les sales besognes. On ne sait jamais tout à fait si c'est à la cause ou à son frère que ce dernier est le plus dévoué. En tout cas, Roschdy Zem, constamment en lutte contre ses états d'âme et sa mauvaise conscience est un colosse aux pieds d'argile absolument fascinant. Jamel Debouze, toujours meilleur, toujours différent, est Saïd, le petit caïd de Pigalle qui refuse de "faire l'esclave chez Renault" et trouve les combines pour s'en sortir confortablement.

    Evidemment je n'oublie pas Bernard Blancan, ici colonel Faivre de la DST, ancien résistant qui continue après la fin de la guerre à faire son boulot "pour la France". Inflexible mais sûr de son engagement patriotique, il est ce flic appliqué néanmoins capable de respecter et d'admirer son adversaire au point de lui dire qu'ils auraient pu faire partie du même réseau de résistance. A ce titre Sami Bouajila et lui ont l'avantage de partager l'une des plus belles et plus fortes scènes du film. C'est aussi à Bernard que revient la très belle réplique finale au double sens et l'on décèle sous l'apparence imperturbable, l'humanité et la désillusion.

     

    NB : si vous ne l'aviez pas regardée en mai, je vous invite à (re)voir la vidéo de l'interview que Sandra M. avait faite de Bernard Blancan à Cannes, mais surtout à aller voir le film évidemment.

  • La sainte Victoire de François Favrat ***

    La Sainte VictoireLa Sainte Victoire

    Le rêve de Xavier, gosse d'une banlieue du sud de la France, est de devenir "quelqu'un", d'avoir de l'argent et une Rollex (bien avant 50 ans). Malgré ses modestes origines il parvient à devenir architecte et son rêve ultime de réussite est d'obtenir un marché public. Il est persuadé que sa rencontre avec Vincent Cluzel, candidat outsider à la mairie de la ville, vertueux et humain sera le dernier tremplin qui le mènera au sommet. Il devient très proche de cet homme avec qui il devient ami, et finance entièrement la campagne du candidat. Il parvient à mettre en lumière une sombre histoire de magouille qui disqualifie définitivement l'adversaire. Après l'élection remportée, Xavier est persuadé que Vincent va l'aider par recommandation à lui faire obtenir le fameux marché dont il rêve. Mais Vincent est réellement un homme politique honnête qui n'usera pas de son pouvoir pour favoriser ses proches.

    Voilà encore une bien belle surprise en cette bien belle semaine cinématographique ! Un film politique dépourvu de manichéisme où les gentils ne sont pas complètement blancs et les méchants complètement noirs. On découvre (et c'est rare au cinéma) que des hommes et des femmes peuvent s'engager parce qu'ils ont des convictions et un désir réel de vouloir changer les choses ou au moins les faire bouger. On voit des hommes et des femmes francs et honnêtes mais pas naïfs et confrontés à des décisions, des choix. Pour parvenir à un résultat, il faut souvent négocier et consentir quelques compromissions sans pour autant renier ses principes et ses amitiés.

    Tout s'enchaîne parfaitement dans ce film multiple, même si après l'élection, le film politique se transforme davantage en décryptage de la psychologie des personnages. Rythmé et haletant de bout en bout, s'éloignant quelque peu de la résolution et du happy end redouté ce film à la fois divertissant et profond que je recommande sans hésitation est aussi servi par un casting luxueux et brillant. Christian Clavier en politicien de haute moralité est absolument crédible et surprenant, tout en intelligence, finesse et sobriété. Face à lui, Clovis Cornillac, un poil déchaîné est finalement parfait en opportuniste blessé par la vie qui assume sa vulgarité. Mais il y a aussi une nouvelle révélation, Vimala Pons formidable en fille de Christian Clavier qui préfère l'amour à son confort bourgeois et Valérie Benguigui, Marilyne Canto Sami Bouajila militants impliqués et convaincants, et Marianne Denicourt, Michel Aumont, Eric Berger. Il est rare qu'un casting complet soit à ce point d'un niveau aussi élevé !

  • INDIGENES de Rachid Bouchareb ****

     

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    - « Ne les appelez pas les indigènes, mon capitaine !

    - Ben, les musulmans alors ?

    - Non, ils n’aiment pas non plus.

    - On doit les appeler comment alors ?

    - Les Hommes mon capitaine !!! ».

    Il y a toujours des scènes ou des répliques chocs dans les films. Ce film est un choc à lui tout seul. Des « africains » se sont engagés pour libérer la France, ici, Rachid Bouchareb s’intéresse aux algériens et aux marocains qui viennent pour la première fois fouler le sol de la « mère patrie », chanter « La Marseillaise » et libérer la France du nazisme. Le périple commence en Italie, se poursuit en Provence pour se terminer dans les Vosges puis en Alsace où quatre hommes résistent en attendant l’arrivée de la troupe… Quatre hommes dans la tourmente, transformés en « chair à canon » destinés à monter à l’assaut en première ligne ! Des hommes qu’on a utilisés, à qui on a menti et qu’on a oubliés.

    Vive la France !

    Rachid Bouchareb souhaite simplement que justice leur soit rendue en leur donnant une place dans les livres d’histoire, c’est peu, c’est énorme. Rendons dès à présent au moins hommage à son très très beau film, vibrant et bouleversant, qui alterne les scènes de bravoure militaire et les moments intimes. Mais ici, une fois encore, les soldats ne meurent pas dans des ralentis esthétisants et déplacés. Les hommes même s’ils sont solidaires et fraternels ne sont pas en colonie de vacances, comme parfois dans certains films, où entre deux combats, ils semblent être dans une fête entre potes. La guerre pue, les hommes crèvent de trouille, le temps s’étire, les injustices pleuvent (permissions pour les « métropolitains » et pas pour les « indigènes » par exemple…). Pratiquement deux ans à libérer un pays qui les ignorera, les rejettera, alors qu’ils se demandent parfois : « qu’est-ce qu’on fout ici mon capitaine ? ».

    Le film est beau, intense, puissant et la dernière demi-heure, beaucoup plus romanesque et spectaculaire est déchirante et bouleversante. Le tout dernier plan, douloureux et poignant vous laisse effondré dans votre fauteuil. Une fois encore, le public ne s’y trompe pas, qui ne peut manifester son adhésion qu’en applaudissant.

    Que dire des interprètes, sinon que Wong Kar Wai et son jury ne se sont pas trompés non plus à Cannes, même si Sami Bouajila me semble dominer cette interprétation sans faille. Il faut dire que son rôle est magnifique, et il est époustouflant d’énergie et d’obstination tranquilles ! De Samy Nacéri se dégage une force intérieure inouïe, une rage contenue impressionnante. Roschdy Zem, à la fois calme et tendu est une sorte de colosse tendre et fragile. Jamel Debbouze fait parler ses yeux comme jamais, prêt à tout pour être aimé et reconnu. Bernard Blancan, déchiré, à la fois brusque et humain est parfait.

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    Une histoire oubliée, voire méconnue, racontée par des acteurs impliqués, concernés, véritablement « habités »…

    faites-leur un triomphe car le film est magnifique !