FANTÔME UTILE
de Ratchapoom Boonbunchachoke *
THAÏLANDE
Avec Mai Davika Hoorne, Witsarut Himmarat, Aparisi Nitibhon
Synopsis : Après la mort tragique de Nat, victime de pollution à la poussière, March sombre dans le deuil.
Mais son quotidien bascule lorsqu'il découvre que l'esprit de sa femme s'est réincarné dans un aspirateur. Bien qu'absurde, leur lien renaît, plus fort que jamais — mais loin de faire l'unanimité. Sa famille, déjà hantée par un ancien accident d'ouvrier, rejette cette relation surnaturelle. Tentant de les convaincre de leur amour, Nat se propose de nettoyer l'usine pour prouver qu'elle est un fantôme utile, quitte à faire le ménage parmi les âmes errantes...
Fan de films de fantômes (je vis moi-même en compagnie d'un phénomène de cette espèce), je me réjouissais à l'idée d'en découvrir une nouvelle variation au cinéma. Hélas, si l'aspect farce déjantée m'a vraiment plu dans les premiers moments, voir tous ces personnages converser avec un aspirateur, voire faire l'amour avec lui est vraiment drôle, le film m'a totalement échappé dès lors qu'il fait référence au pouvoir, à la politique voire aux traitements infligés aux malades en psychiatrie. L'aspect queer, gay de l'ensemble m'a également échappé. Certains personnages surgissent... on ne sait qui ils sont ni d'où ils sortent. Je n'ai pas compris non plus (un détail) pourquoi le beau fantôme de la femme morte qui finit par se matérialiser, portait le costume le plus moche du monde.
Faire le ménage autour de soi, balayer devant sa porte, mettre la poussière sous le tapis... ok, toutes les métaphores autour de la poussière peuvent être évoquées, mais je me suis terriblement ennuyée malgré les très belles images de ce premier film (ce réalisateur est TRES doué) et il m'a fallu faire des recherches (merci aux internets mondiaux) pour comprendre ce qui s'était passé en Thaïlande de mars à mai 2010.
En résumé, je me suis bien ennuyée et je pense qu'à l'instar de son palmé compatriote Apichapong Weerasethakul dont j'ai quand même vu quatre films sans RIEN y comprendre (preuve que ma curiosité confine parfois au masochisme) Blissfully yours, Tropical malady (l'histoire d'un homme qui va faire caca dans la jungle) Cemetery of splendour, et Memoria, le cinéma et l'âme thaïlandais me sont totalement hermétiques.
Répéter trois fois le nom du réalisateur peut être un bon exercice d'orthophonie.
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VIVEMENT LES BONS FILMS...

Commentaires
La bande-annonce m'a laissé l'impression d'un film loufoque qui aurait pu me plaire. Les premières critiques sont vite tombées ensuite et ont douché mon début d'enthousiasme. Next !
Le côté loufoque est vite abandonné. Arnaque.
J'avais décelé dans le descriptif de ce "fantôme utile" une pointe de "Oncle Boonme", mais je ne savais rien de cette histoire d'aspirateur. Ma motivation se dégonfle d'un coup. Je ne crois pas être d'humeur en ce moment pour un cinéma ésotérique thaïlandais.
Vu la conjoncture, il me faudrait plutôt une séance de massage à coups de lattes façon Ong Bak.
Il faut avoir l'âme thaï il me semble pour adhérer.
J'avais zappé L'oncle bonnemine :-)))
Je crois qu'à travers ce film, le réalisateur a voulu dire beaucoup de choses.
L'intrigue familiale place en parallèle deux belles-filles, l'une étant devenue la belle-mère de l'autre, avec laquelle elle a, dans un premier temps, tendance à reproduire ce qu'elle a subi. S'ajoute à cela le fait que la belle-fille la plus âgée (la belle-mère donc) est issue d'une minorité.
Le versant économique de l'intrigue est une dénonciation (pas vraiment creusée) du capitalisme.
Le versant politique est, je pense, plus facile à comprendre pour le public thaïlandais (ou d'Asie du Sud-Est).
J'ai été pris par ce film, que j'ai trouvé original par rapport à ce qui sort sur nos écrans.
Et bien bravo.
Je n'ai rien compris à ce film et ai fini par m'en désintéresser totalement.
Ton histoire de belle-fille/belle-mère m'a complétement échappé.
Bonjour Pascale !
C'est une proposition bancale mais très étonnante et intéressante. On dirait qu'il y a plusieurs films ! une comédie, un drame, un film politique et un film d'horreur sur la fin. Ca surprend, mais je n'ai pas boudé mon plaisir malgré des faiblesses évidentes et que tu cites dans ton article.
Bonjour Aurore.
Je ne devais être ni assez attentive ni réceptive.
J'en pouvais plus de tous ces personnages. J'avais envie de me tirer avec l'aspirateur.
Ahahah j'adore ta conclusion. C'est vrai qu'il était charmant cet aspirateur !
Refaire ma vie avec cet aspirateur :-)