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REEDLAND

de Sven Bresser * 

REEDLAND, Sven Breser, cinéma, Gerrit Knobbe, Loïs Reinders

PAYS-BAS

Avec Gerrit Knobbe, Loïs Reinders

Johan exerce de façon artisanale le dur et peu lucratif métier de coupeur de roseaux.

Fermier veuf et solitaire il accueille parfois sa petite fille pour quelques jours dans sa ferme très isolée et lui raconte des histoires horribles pour l'endormir. Un jour il découvre le corps d'une jeune fille violée et morte sur ses terres. Il aimerait en savoir plus sur ce meurtre sordide (s'il en est qui soient propres et nobles) et désigne un jeune du voisinage qui sera relâché faute de preuves et surtout grâce à un alibi en béton.

Dès les premières images (un plan fixe de plusieurs minutes sur un champ de roseaux balayés par le vent) on se doute que l'on ne va pas être dans un film agité qui enchaîne les plans frénétiquement toutes les trois secondes. Et bien qu'il y ait meurtre, on ne se dirige pas non plus vers une enquête policière minutieuse. On entendra juste les policiers au téléphone enjoindre Yohan de les laisser faire leur travail sans qu'on ait vraiment l'impression qu'il se mêle de quoi que ce soit. Le film est donc fait d'incohérences, d'un manque criant de sens et de direction même si le réalisateur ne cesse de brouiller les pistes et de rendre un personnage central de plus en plus antipathique car obscur et ambigu. 

Le premier quart d'heure, quasi documentaire, nous montre cet homme vieillissant accomplir des taches très dures, très physiques qu'il maîtrise parfaitement. Même si les citadins que nous sommes ne comprennent pas l'utilité et le sens de ce travail c'est plutôt intéressant. Puis Johan se retrouve seul face à sa soupe, il rend parfois visite à ses voisins les plus proches qui gèrent une ferme plus moderne et s'occupe donc de sa petite fille d'une dizaine d'années. Tout cela en peu de mots mais dans une atmosphère de plus en plus oppressante qui sème le doute mais n'attise pas l'intérêt. Au contraire, l'ennui s'installe et le personnage de plus en plus opaque, cerné par des sous-entendus de narration en sa défaveur (il se masturbe devant son ordinateur devant une jeune fille dont il fantasme les traits en les remplaçant par ceux de sa voisine adolescente, il raccompagne la même jeune fille en voiture en l'assurant que ce n'est pas bien de se balader seule au bord de la route et la dernière image ne m'a laissé aucun doute...) devient parfaitement antipathique.

J'entends parler de Malick, Lynch ou Dumont à propos de ce film : au secours !!! Ce n'est pas parce qu'on entend du vent dans les arbres que... C'est le syndrome "Fargo", dès qu'il y a de la neige dans un film, bim : les frères Cohen. Ici le réalisateur s'enivre de sa propre virtuosité (les sons, les images sont splendides) et nous abandonne finalement au bout de deux heures en position de voyeur et de juge. Je ne le remercie pas mais puisqu'il nous demande de choisir, je l'ai fait : coupable ! Les fins ouvertes sont parfois délicieusement fascinantes. Ici je l'ai trouvée très déplaisante (pour rester polie).

P.S. : si vous voulez voir un film contemplatif, dépaysant et fascinant, dirigez vous plutôt vers le Pérou et sa Lady Nazca.

Commentaires

  • Dans le cas contraire je t'en empêcherais.

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