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WILD HORSE NINE

de Martin McDonagh ****

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ETATS UNIS

Avec Sam Rockwell, John Malkovich, Steve Buscemi, Parker Posey, Tom Waits, Marina di Girolamo, Paola Giannini

Un binôme d'agent de la CIA Chris (le plus âgé, John Malkovich) et Lee (Sam Rockwell) sont au Chili en 1973.

Nous sommes à la veille du coup d'Etat de 1973 par Pinochet contre le Président Allende en place à ce moment et démocratiquement élu. Un régime de gauche en Amérique latine pendant la Guerre froide ? Les Etats-Unis n'aiment pas ça du tout. Chris et Lee sont donc des petits maillons de la chaîne présents sur place en vue de dispenser les méthodes impérialistes US. C'est en tout cas ce que l'on peut croire. Etrangement, ils sont envoyés par leur chef, MJ (Steve Buscemi) sur l'île de Pâques (Rapa nui pour les indigènes...) où Chris, de plus en plus bavard "sympathise" avec deux étudiantes rebelles. Là encore, est-ce bien la réalité que l'on regarde ? En tout cas leur mission est de moins en moins clandestine compte tenu des déblatérations incessantes de Chris, que Lee (don't trust Lee...) tente en vain de réprimer. Mais les deux compères vont surtout passer énormément de temps à évoquer leur passé d'agents un peu spéciaux envoyés sur les différents conflits qui ont ravagé la planète et notamment en faisant le décompte des cadavres qu'ils laissent derrière eux. L'aîné des deux ayant forcément une large avance sur son partenaire. Mais dit-il la vérité ?

Sur le même "principe" que l'inénarrable Bons baisers de Bruges, le réalisateur envoie cette fois son équipe dont on ne sait trop si elle est surdouée ou complètement à la masse, à l'autre bout du monde. Les deux compères sont très dissemblables et il n'est pas aisé de savoir s'ils se supportent, se tolèrent ou sont les meilleurs amis du monde.

C'est là que le réalisateur vient nous cueillir avec une révélation qui surgit assez rapidement (dans la première demi-heure) mais dont il est pourtant préférable de ne rien savoir ce qui fut mon cas (ne pas lire Télérama avant de voir le film donc) et permet de donner à tout ce que l'on vient de voir et à la suite une tournure et un point de vue totalement différents. Les deux gars restent deux types cyniques un peu revenus de tout. On s'y attache pourtant. Ils nous font tellement rire (dans un premier temps) grâce aux dialogues magnifiquement écrits et déclamés avec délectation et génie par deux acteurs dans une forme internationale.

Wild Horse nine est un vrai plaisir de cinéma. Cette drôle d'aventure au bout du monde, au milieu des "grosses têtes" de l'île de Pâques (comme ne cessera de les appeler Chris par provocation sans doute : "quand on en a vu une, on les a toutes vues"), des chevaux sauvages et des paysages fabuleux, c'est un rêve de voyage inaccessible. Et si le burlesque nous détend les zygomatiques, le film nous entraîne aussi dans les coulisses peu reluisantes de l'ingérence américaine à travers le monde, de ses opérations clandestines tout en nous laissant supposer de nouvelles révélations (délirantes) à propos de l'assassinat de Kennedy.

Martin McDonagh est utile au cinéma puisqu'il nous surprend, nous fait passer du rire à l'émotion. Le duo est un régal notamment dans la désinvolture, l'insolence mais aussi la fragilité que démontre John Malkovich, toujours séducteur entre deux provocations. Sam Rockwell n'est pas en reste. Leur duo est un régal.

C'est réjouissant, caustique, drôle et mélancolique. Cela fait voyager au bout du monde et en Arkansas... Un vrai et gros coup de coeur.

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