Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dans paris -

  • Dans Paris de Christophe Honoré***

     

    Gloire aux réalisateurs qui nous racontent des histoires et donnent des rôles aux acteurs ! Gloire à Christophe Honoré donc qui nous offre cette petite perle inattendue. C’est le film le plus triste, le plus tendre et le plus drôle vu depuis longtemps. Il s’achève sans se terminer et vous laisse apaisé mais en manque de ses personnages… On rit et on réussit, de justesse, à ne pas pleurer car Christophe Honoré vous cueille et capture votre émotion juste avant de vous laisser vous effondrer. Suis-je claire ? Pas de chantage donc, l’émotion est brute et naturelle sans chichi…

    Pour ceux qui aiment les comparaisons et j’en connais… il y a du Truffaut, du Godard et même du Demy dans ce film et pourtant il est unique, original et personnel, comme une nouvelle/nouvelle vague. Sans doute un film de cinéphile aussi puisque l’un des personnages s’arrête un long moment devant les affiches du (très beau) « Last Days » de Gus Van Sant et « History of violence » de Cronenberg.

    C’est l’histoire de deux frères dont le plus jeune dirait au grand : arrête de te foutre à l’eau et de me faire peur, « j’ai décidé que tu ne mourrais pas aujourd’hui » ! Le grand frère c’est Paul, Romain Duris, dépressif, suicidaire, inconsolable, fragilisé par une rupture. Dire de cet acteur qu’il va finir par atteindre la grâce ne me semble pas exagéré. Il réussit à vous fendre le cœur sans un mot. Les larmes jaillissent de ses yeux… et la scène où il est anéanti dans son bain, incapable de prononcer le moindre cri, le moindre mot est un crève-cœur. Son frère le prend dans ses bras et on reprend son souffle en se disant : voilà, c’est cela qu’il faut faire, le prendre dans ses bras et le bercer, tenter d’extraire cette douleur.

    Le cadet c’est Jonathan, Louis Garrel qui pour la première fois, et contre toute attente se révèle comique, positif, énergique et déterminé. Il assure qu’il faut laisser à son frère la possibilité de faire tranquillement sa dépression nerveuse… mais il mettra tout en œuvre pour l’en sortir.

    La relation de ces deux frères (et des deux acteurs en parfaite harmonie) qui s’aiment, emporte tout. Ils sont si convaincants qu’ils deviennent indissociables.

    Quant au père, c’est Guy Marchand, absolument adorable, craquant en papa-poule qui appelle ses deux grands dadais « mon chéri » et leur fait des bisous sur la joue, leur prépare des bouillons de poule, un sapin de Noël et les rejoint dans leur lit pour leur apporter le café du matin !

    Au-dessus d’eux et de cette famille farfelue, atypique et aimante plane l’âme et le souvenir d’une petite sœur morte qui avait fait de la tristesse un mode de vie.

    N’oublions pas la merveilleuse actrice qu’est Joana Preiss, responsable du chagrin de Paul ! C’est la fille et l’actrice la plus libérée que je connaisse et qui devrait décomplexer toutes celles qui se trouvent trop grandes ou trop maigres ou trop belles ou trop moches ou trop grosses : une tornade cette fille !

    Et citons encore une scène magique et en-chantée au téléphone, il faut la voir et l’entendre pour y croire. Un enchantement !

    Christophe Honoré et son harmonieux casting nous foudroient le cœur avec cette célébration de la tristesse qui fait un bien fou.

    Allez y comprendre quelque chose !