15.10.2007
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d'Andrew Dominic *****

Quitte à vous paraître obsessionnelle
(j’assume entièrement mes névroses, merci J)
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parce que vous hésitez encore,

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parce que j’ai lu tellement de bêtises sur cette merveille,

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parce que j’ai vu des gens quitter la salle (je sais ce que cette affirmation a de dangereux, mais elle peut aussi vous intriguer et vous inciter à vous faire votre opinion… c’est tellement inconcevable !),

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parce qu’il me paraît impensable que ce film disparaisse trop vite des écrans (je ne m’inquiète pas trop, il ressortira quand il aura tout raflé aux Oscar en mars prochain…),

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parce que voir les ravages de la maladie, de la folie, de la jalousie, de la fascination qui consument deux êtres, deux fantômes absurdes et fascinants qui s’aiment et se haïssent,

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parce qu’un cinéma de cette puissance, de cette qualité, de cette beauté est une récompense, une preuve de confiance envers l’intelligence du spectateur,

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parce que ce film est un cadeau…

je vous encourage une fois de plus (à cliquer ici et) à le voir car il est plus qu’un film, une aventure épique, une expérience poétique, un opéra mélancolique,
INOUBLIABLE.

10:15 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : l'assassinat de jesse james par le lâche robert ford - cinéma
13.10.2007
L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD d’Andrew Dominic *****

Je suis retournée voir ce film car l’affrontement de Jesse James et Robert Ford me hante depuis trois jours. Les plus observateurs remarqueront qu’il s’est passé quelque chose entre la première et la deuxième (je n’ai pas dit seconde…) vision…
J’avais oublié de vous parler de la musique. C’est Nick Cave qui s’y colle et c’est tellement envoûtant, adapté aux images, à la tragédie qui se joue qu’on la remarque à peine alors qu’elle fait corps avec l’atmosphère. Elle en devient indissociable, un piano, un violoncelle qui ensorcellent.
Je me suis encore davantage concentrée sur l’autopsie de cette trahison qui laisse Robert Ford exsangue et surtout complètement déconcerté, consterné par le sort qu'on lui réserve. Au lieu d’être porté en triomphe pour avoir débarrassé la terre d’un assassin, il est au contraire traité de lâche alors qu’on continue de chanter les louanges de Jesse James.
Si le film est tout entier construit sur les humeurs sombres et la mélancolie de ces cow-boys (qui pleurent beaucoup), la longue et palpitante scène où Jesse, Robert et son frère Charley se retrouvent pour préparer un nouveau « coup », juste avant le meurtre de Jesse, est d’une intensité, d’une puissance incomparable. C’est un sommet de tension où le malaise entre les trois hommes, leur peur, leur méfiance les uns vis-à-vis des autres atteint un paroxysme manifeste.
Quant à Brad Pitt et Casey Affleck, je le confirme, ils atteigent eux aussi des sommets d'interprétation absolument époustouflants. Je ne sais si Brad Pitt entrera dans la légende comme étant LE Jesse James du cinéma, mais Casey Affleck, éperdu d'admiration puis rongé de culpabilité, est sans conteste Robert Ford. Il est I.N.O.U.B.L.I.A.B.L.E.
Ce film est un chef d’œuvre, le mot est lâché.
Après cette photo, vous pouvez retrouver ce que j’en disais mardi.

Pas de surprise, pas de suspens, le film nous emporte inexorablement, lentement, implacablement vers l’assassinat de Jesse James par ce lâche Robert Ford. Mais n’est-ce pas plutôt à la demande expresse de son idole que Robert Ford le tue ? Dans cette scène, intense, tendue, magistrale, Jesse James semble préparer son suicide. Avec application, il retire ses revolvers qu’il dépose sur un canapé, il prétend dépoussiérer un cadre, il tourne le dos à son assassin. Il se prépare, il attend le coup de feu, tout en observant son assassin dans le reflet du tableau, lui qui n'hésitait pas non plus à abattre d'une balle dans le dos des gêneurs désarmés…
Avant d’en arriver là, il faudra accompagner Jesse James dans ses derniers jours, sa dégringolade progressive vers la folie, la paranoïa d’un homme traqué que tout le monde inquiète. Certains supporteront mal cette lente descente vers les enfers si j’en crois la nouvelle épidémie de salle qui se vide… Car évidemment, « L’assassinat… » n’est pas un film facile, évident, lisible à la première « lecture » mais on plonge néanmoins dans une œuvre d’une majesté, d’une ampleur et d’une ambition sans pareilles qui vous poursuit encore au réveil, le lendemain. Mon bonheur de cinéphile : être hantée par un film, une ambiance, des héros, des acteurs !
On croyait que Clint Eastwood (qui ???) avait tout dit de la fin des héros et de l’ouest américain épique et mythique dans son « Impitoyable ». Non, le western n’est pas mort et n’a heureusement pas dit son dernier mot. Mais ici, pas de poursuites entre cow-boys et indiens, pas de chevauchées sur fond de coucher de soleil, pas de sécheresse, de poussière et de canyons imposants. C’est l’hiver, il fait froid, souvent sombre, la neige recouvre tout, les cavaliers comme leurs montures semblent exténuer. C’est magnifique, baigné dans un clair obscur ocre et glacial. Je qualifierai ce film de « western dépressif » qui n’est pas sans évoquer le « Dead man » de Jim Jarmush et même le trop sous-estimé « Open range » de Kevin Costner, par cette poésie, cette beauté, cette langueur et cette mélancolie dont ces films sont empreints.
Andrew Dominic, réalisateur Néo-Zélandais a une ambition folle et un talent exceptionnel. Il évoque la beauté et le côté morbide des mythes. Etrangement, Jesse James, assassin notoire et revendiqué était un bandit super-star, objet d’un véritable culte de son vivant. Des livres et des BD lui étaient consacrés. A sa mort, son cadavre « congelé » a été photographié, exposé à la foule des admirateurs qui se pressaient également pour visiter la maison où il avait vécu jusqu’à 34 ans avec sa femme (effondrée, épouvantée) et ses deux enfants. Il était le « Brigand bien aimé » alors que sa tête était mise à prix. Pour l’interpréter, Brad Pitt plus pâle qu’un mort vivant, dont le visage se décompose littéralement à mesure que sa fin approche est absolument extraordinaire. Amical puis inquiétant, il passe du rire aux larmes, s’emporte, explose de rire puis plonge brusquement dans le plus douloureux tourment. Son prix d’interprétation à Venise est amplement mérité et il me semble un concurrent évident pour Philip Seymour Hoffman (oui, je fais mes pronostics des Oscar…), tant il est exceptionnel ici.
Il ne faut néanmoins pas oublier la performance touchante et déroutante de Sam Rockwell qui offre toujours des compositions remarquables dans chacun de ses films. Mais évidemment, la découverte incontournable c’est Casey Affleck, d’abord recroquevillé sur lui-même, brûlant d’admiration, puis rongé par la jalousie, enfin détruit par la culpabilité, intimidant malgré sa gaucherie, tour à tour horripilant puis touchant, il est prodigieux.
Une standing ovation pour lui, une « Ola » pour le film.

06:55 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : l'assassinat de jesse james par le lâche robert ford - cinéma
10.10.2007
L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD d’Andrew Dominic ****

Pas de surprise, pas de suspens, le film nous emporte inexorablement, lentement, implacablement vers l’assassinat de Jesse James par ce lâche Robert Ford. Mais n’est-ce pas plutôt à la demande implicite mais expresse de son idole que Robert Ford le tue ? Dans cette scène, intense, tendue, magistrale, Jesse James semble préparer son suicide. Avec application, il retire ses revolvers qu’il dépose sur un canapé, il prétend dépoussiérer un cadre, il tourne le dos à son assassin. Il se prépare, il attend le coup de feu, tout en observant son assassin dans le reflet du tableau, lui qui n'hésitait pas non plus à abattre d'une balle dans le dos des gêneurs désarmés…
Avant d’en arriver là, il faudra accompagner Jesse James dans ses derniers jours, sa dégringolade progressive vers la folie, la paranoïa d’un homme traqué que tout le monde, même et surtout ses amis les plus proches, inquiète. Certains supporteront mal cette lente descente vers les enfers si j’en crois la nouvelle épidémie de salle qui se vide… Car évidemment, « L’assassinat… » n’est pas un film facile, évident, lisible à la première « lecture » et l’histoire et le destin de certains personnages secondaires sur lesquels le réalisateur s’attarde, ne sont pas limpides. Ça ne me gêne pas de ne pas tout comprendre quand je suis plongée comme c’est le cas ici dans une œuvre d’une majesté, d’une ampleur et d’une ambition sans pareilles qui vous poursuit encore au réveil, le lendemain. Mon bonheur de cinéphile : être hantée par un film, une ambiance, des héros, des acteurs !
On croyait que Clint Eastwood (qui ???) avait tout dit de la fin des héros et de l’ouest américain épique et mythique dans son « Impitoyable ». Non, le western n’est pas mort et n’a heureusement pas dit son dernier mot. Mais ici, pas de poursuites entre cow-boys et indiens, pas de chevauchées sur fond de coucher de soleil, pas de sécheresse, de poussière et de canyons imposants. C’est l’hiver, il fait froid, souvent sombre, la neige recouvre tout, les cavaliers comme leurs montures semblent exténués. C’est magnifique, baigné dans un clair obscur ocre et glacial. Je qualifierai ce film de « western dépressif » (crépusculaire i disent dans les revues savantes) qui n’est pas sans évoquer le « Dead man » de Jim Jarmush et même le trop sous-estimé « Open range » de Kevin Costner, par cette poésie, cette beauté, cette langueur et cette mélancolie dont ces films sont empreints.
Andrew Dominic, réalisateur Néo-Zélandais a une ambition folle et un talent exceptionnel. Il évoque la beauté et le côté morbide des mythes. Etrangement, Jesse James, assassin notoire et revendiqué était un bandit super-star, objet d’un véritable culte de son vivant. Des livres et des BD lui étaient consacrés. A sa mort, son cadavre « congelé » a été photographié, exposé à la foule des admirateurs qui se pressaient également pour visiter la maison où il a vécu jusqu’à 34 ans avec sa femme (effondrée, épouvantée) et ses deux enfants. Il était le « Brigand bien aimé » alors que sa tête était mise à prix. Pour l’interpréter, Brad Pitt plus pâle qu’un mort vivant, dont le visage se décompose littéralement à mesure que sa fin approche est absolument extraordinaire. Amical puis inquiétant, il passe du rire aux larmes, s’emporte, explose de rire puis plonge brutalement dans le plus douloureux tourment. Son prix d’interprétation à Venise est amplement mérité et il me semble un concurrent évident pour Philip Seymour Hoffman (oui, je fais mes pronostics des Oscar…), tant il est exceptionnel ici.
Il ne faut néanmoins pas oublier la performance touchante et déroutante de Sam Rockwell qui offre toujours des compositions remarquables dans tous ses films. Mais évidemment, la découverte incontournable c’est Casey Affleck, d’abord recroquevillé sur lui-même, visage d'ange et regard fuyant, brûlant d’admiration, puis rongé par la jalousie, enfin détruit par la culpabilité, intimidant malgré sa gaucherie, tour à tour horripilant puis touchant, il est prodigieux. Quel cadeau un tel rôle pour un jeune acteur !
Une standing ovation pour lui, une « Ola » pour le film.



10:25 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : l'assassinat de jesse james par le lâche robert ford - cinéma
