Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

les faussaires

  • LES FAUSSAIRES de Stefan Ruzowitzky ***

    les faussaires,cinéma

    Sally (Salomon) Sorowtisch, juif allemand, roi des faussaires est déporté au camp de Mathausen. Plus tard, il sera transféré au camp de Sachsenhausen, 1ère classe des camps de concentration où il sera chargé avec d’autres faussaires experts en imprimerie, typographie etc… d’imprimer de fausses livres sterling afin de tenter de déstabiliser l’économie anglaise…

    Il ne suffit pas de mettre des hommes en pyjamas rayés et de les installer dans des baraquements crades pour nous faire croire à l’abomination des camps. Ici, les hommes parqués dans les camps tremblent littéralement de trouille et c'est palpable à l'écran. L’un deux dira, terrifié « on est pas en prison ici, ils veulent nous tuer ». On est révulsé tant la terreur devient réaliste. Evidemment, je ne comprendrai jamais et ce n’est même pas le cinéma qui m’y aidera, comment des hommes, au-delà de la barbarie ont pu faire « ça » à d’autres hommes… mais ici, on atteint il me semble une idée de ce que furent l’effroi et l’ignominie tant le réalisme tient du documentaire. Lorsque la poignée d’hommes chargés de créer les faux billets se retrouvent, privilégiés dans un camp où ils sont nourris, appelés par leur nom (et non sous leur numéro), on ne cesse de trembler avec eux car ils continuent d’être considérés, malgré leur rôle précieux, comme des juifs par les nazis, c’est-à-dire moins que des chiens. Il suffirait de presque rien pour qu’ils soient exécutés. L’un d’eux le sera, le nazi chargé de l’exécution viendra raconter à ses camarades que « bien que juif, il est mort comme un homme ! ». No comment.

     

    Au-delà de l’aspect quasi documentaire, le film tiré d’une histoire vraie racontée dans un livre « L’atelier du diable » par l’un des protagonistes, Rudolf Burger, se vit comme un véritable thriller emballant.

    Mais le plus troublant est que l’on sort de la projection avec mille questions en tête. Notamment sur l’héroïsme, la façon de se comporter dans des situations extrêmes. Est-ce collaborer que de vouloir rester en vie ? De quoi les survivants peuvent-ils se sentir coupables ? Pourquoi les victimes deviennent-elles ou se considèrent-elles parfois comme des coupables ? L’un des héros dira « je refuse de me sentir coupable de survivre ». Cette histoire forte, bouleversante et dérangeante est aussi magnifiquement interprétée par deux acteurs sublimes Karl Markovics, franchement antipathique parfois (est-on forcément sympathique parce qu’on est juif et déporté, semble également nous interroger ce film ?) et August Diehl, magnifiquement intense (sorte de Christopher Walken d’outre Rhin), tous deux charismatiques et magnétiques !

     

    P.S. : j'ai vu ce film avec "mon Dada"... ce qui est une expérience que je vous recommande ! Le Dada en question étant un spectateur qui vit un film plus qu'il ne le regarde, sautant, sursautant, s'exclaffant !!! Une expérience vous dis-je !