13.11.2009

L’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam ***

L'Imaginarium du Docteur ParnassusL'Imaginarium du Docteur Parnassus

Dans la roulotte de bric et de broc du très très vieux Docteur Parnassus (il a 1 000 ans) il y a sa très jolie fille Valentina (Lily Cole, une révélation) qu’il protège maladroitement d’un lourd secret, un jeune homme Anton et le nain Percy. Chaque soir l’Imaginarium se transforme en spectacle ambulant qui intéresse peu de monde et qui pourtant propose aux spectateurs de vivre une expérience hors du commun : traverser un miroir qui leur fera voir la vie dont ils rêvent ou la vie telle qu’ils la gachent… suivant le degré de noirceur du personnage. L’arrivée de Tony qu’Anton et Valentina sauvent de la pendaison va bouleverser le quotidien tristouille de la bande. Mais le passé de Tony va le rattraper ainsi que le pacte que Parnassus a conclu avec le diable…

Difficile de raconter l’histoire abracadabrantesque de sorte qu’elle ressemble à quelque chose d’autant que Terry (oui, je l’appelle Terry car comme vous vous en doutez, je l’aime d’amour !) prend un malin plaisir à nous la compliquer ou est-ce par inadvertance ?

La première heure est étrange car elle semble ne mener nulle part. Sauf qu’on est en plein dans l’univers barré et total foutraque mais magnifiquement cinégénique du réalisateur, à mi-chemin entre « Fisher king » (son meilleur) et « Brazil » (son deuxième meilleur) et qu’on s’y sent bien si on l’aime. Les costumes, les décors, les machines, le passage de l’autre côté du rideau magique qui nous propulse immédiatement dans le monde d’Alice au pays des merveilles… tout est féérique. On ne comprend à peu près rien à ce qui se passe mais on est à la Foire du Trône et on s’amuse.

Et puis on est en bonne compagnie avec Heath Ledger qui avait une nouvelle fois choisi un rôle excessif et pas forcément sympathique, preuve qu’il aurait sûrement eu des choix de carrière judicieux et audacieux. C’est triste de le revoir et comme dirait l’autre… « c’est une joie et c’est une souffrance ». Il est drôle, touchant, (beau), convaincant, roublard. Manifestement, il s’amuse, il se déguise.

Puis l’on retrouve toutes les obsessions (les thèmes ?) chers à Terry, le mythe de Faust, l’éternelle jeunesse qui fout le camp, la magie, l’enfance, le mal qu’on lui fait (mais plus rien à voir avec le fétide « Tideland ») et on se sent de mieux en mieux.

Bizarremment, c’est au moment où Heath Ledger ne peut plus revenir et qu’apparaissent pour le remplacer par une pirouette scénaristique vraiment réjouissante, Johnny Depp (grandiose), Jude Law et Colin Farell que le film prend un fichu coup d’accélérateur et qu’il devient de plus en plus déjanté, grouillant d’une imagination débordante et débridée, en un mot vraiment génial.

Et on a envie de battre des mains, de crier encore, plus vite, plus fort, plus haut pour que le tour de manège ne s’arrête plus.

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

 

NB : restez jusqu'à la fin de la fin du générique, Terry ce farceur, fait une petite blague à la fin de la fin !