12.05.2012

DARK SHADOWS de Tim Burton *

Dark Shadows : photo Johnny DeppDark Shadows : photo Eva GreenDark Shadows : photo Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Tim Burton

En 1772, pour avoir brisé le coeur d'une sublime mais cruelle sorcière, Barnabas Collins industriel chanceux en affaire comme en amour, est transformé par la jalouse en vampire et condamné à "non-vivre" enterré et enchaîné dans un cercueil. Brrrrrrrrr. Deux ans cents plus tard le cercueil est ouvert malencontreusement par des ouvriers et notre vampire assoiffé par deux siècles d'abstinence zigouille sans autre forme de procès ses libérateurs. Il s'empresse de rejoindre son domaine tout surpris de le découvrir en bien piteux état. Il y retrouve quelques-uns de ses descendants vaguement décadents et en tout cas ruinés mais tout contents de voir leur ancêtre apparaître. D'autant plus qu'il promet de leur rendre la splendeur d'antan et de faire revivre l'entreprise familiale. C'est compter sans la haine inapaisée d'Angélique (la sorcière) qui est responsable de la faillite des Collins et ne cesse de se venger d'avoir été abandonnée.

Quel ennui, quelle mollesse, quelle nonchalance ! Alors oui, l'univers baroque, gothique, fantastique et féérique de Tim Burton est là et on ne peut nier la splendeur des décors. Mais un film ne peut se limiter à cela. Et les mésaventures de Barnabas s'étirent de façon bien monotones malgré le déploiement d'intrigues multiples et de personnages d'une fadeur exceptionnelle. Sans parler de la prestation de certains acteurs à la limite de l'amateurisme (Chloé Moretz exaspérante, Jonny Lee Miller fadasse et inutile, Jackie Earle Haley grotesque, Michelle Pfeiffer grimaçante...).

On rit aussi et marier vampirisme et humour n'est pas commode sans tomber dans la parodie, mais je suis d'accord avec cette dame qui lit dans les bande-annonces, TOUT, absolument TOUT est montré dans la BA, les meilleurs moments et notamment ceux où l'on rit. Alors à ceux qui n'ont pas de CARTE ILLIMITEE, je recommande la bande-annonce, très bien faite, très attirante mais totalement mensongère puisque si prometteuse et vous fais ainsi économiser entre 9 et 11 euros (suivant les régions et les cinémas)

Je ne vais donc pas m'éterniser à parler d'un film aussi décevant parce que ça me rend malade que Tim Burton dégringole ainsi avec un opus aussi misérable ! Bien sûr, il y a une scène hot entre Johnny/Barnabas (on se demandait d'ailleurs si cet acteur était encore sexué !) et Eva/Angélique, le vampire tue pour se nourrir (audacieux non ?), néanmoins rendez-nous Sweeny Todd, Sleepy Hollow, Edward, Charlie ou les Noces Funèbres ! Rendez-nous Tim Burton !
Quid de Johnny Depp allez-vous me dire ? Peu de choses. Son maquillage, son costume, son allure sont splendides. Mais il n'est plus qu'une créature abandonnée consentante à son créateur. Et ses mimiques indignes du grand acteur qu'il m'avait semblé qu'il était. C'était quand déjà ?

P.S. : Eva Green est sublime, vénéneuse, cruelle, belle, drôle. Vivement un GRAND rôle !

21.05.2011

PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE de Rob Marshall °

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Voici le synopsis officiel : Dans cette histoire pleine d’action, où vérité, trahison, jeunesse éternelle et mort forment un cocktail explosif, le capitaine Jack Sparrow retrouve une femme qu’il a connue autrefois. Leurs liens sont-ils faits d’amour ou cette femme n’est-elle qu’une aventurière sans scrupules qui cherche à l’utiliser pour découvrir la légendaire Fontaine de Jouvence ? Lorsqu’elle l’oblige à embarquer à bord du Queen Anne’s Revenge, le bateau du terrible pirate Barbe-Noire, Jack ne sait plus ce qu’il doit craindre le plus : le redoutable maître du bateau ou cette femme surgie de son passé...

Autant de questions sans forcément de réponses et dont on se fout éperdument.

Je ne vais pas me fatiguer à faire un résumé alors que le réalisateur ne se donne pas la peine de faire un film. Un pirate sans bateau c'est comme un réalisateur sans caméra et je spoile vous le dis tout net, le "Black Pearl" est au fond d'une bouteille et pour l'en faire sortir il faut faire comme ça avec les doigts... ah ah ah !  Ce film est d'un ennui mortel qui s'installe très rapidement au bout d'environ un quart d'heure. Au début, pleine d'espoir et d'ouverture d'esprit j'étais tout à fait disposée à aimer ou au moins à passer un bon moment. Ce moment est INTERMINABLE et dure 2 heures et 20 mn qui en paraissent 10 fois plus. Johnny/Jack commence par enchaîner les cascades à travers les rues de Londres tel Jean Marais ou Belmondo. D'emblée, voir ce marin sans bateau est une curiosité. Et puis, rapidement l'incohérence, l'agitation vaine, les trahisons, les je-suis-dans-ton-camp et puis non-j'y-suis- plus, le blabla sans queue ni tête ni intérêt, l'Astrid souffroteuse etc... ont eu raison de mon indulgence. J'avoue j'ai souri : trois fois pas une de plus, et chaque fois c'était à cause de/grâce à Johnny, mais je ne me souviens même plus pourquoi.

Je crois que je suis lassée de voir Jack/Johnny tituber, faire moult grimaces et rouler des yeux comme des billes ! Plus de surprise. Et je ne me fatigue pas non plus à vous parler des 28 fins différentes, le réalisateur tout à son nouveau joujou ne parvient pas à conclure. Rien non plus à propos de la 3D si ce n'est que j'espère vite fait que ce truc (la 3D) va faire flop quitte à passer pour une pauvre ringarde ! Zéro magie. Rien. Next. Pouah. Beurcke.

29.03.2011

RANGO de Gore Verbinski ***

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Un caméléon de compagnie s'ennuyait ferme chez ses propriétaires. Plutôt froussard et n'ayant de toute façon pas trop d'occasions de démontrer son courage, mais doté d'une imagination débordante il s'inventait des histoires dans lesquelles il était un brave. A la suite d'un accident de la route (trop long à vous expliquer), le caméléon se trouve éjecté d'une voiture et erre en plein désert de Mojave. Il se traîne péniblement jusqu'à la bien nommée ville de Dust (Poussière) où les étrangers tels que lui ne sont pas les bienvenus. Contraint de détourner l'hostilité des autochtones et remettant en marche son talent de conteur imaginatif, il s'invente un pseudo RANGO et des aventures où sa bravoure et ses exploits forcent l'admiration. Nommé shérif par le Maire de la ville, Rango est chargé d'identifier et de combattre les prédateurs qui terrorisent Dust dont un serpent maléfique lui-même inquiété par un faucon.

Bien qu'on ne puisse oublier que Dust la ville est peuplée exclusivement de reptiles, rongeurs, amphibiens, batraciens et autres cloportes (ce qui n'est pas toujours très ragoûtant), il n'en demeure pas moins que Rango le film est un western un vrai. En tout cas une parodie voire un hommage aux grands westerns et plus encore aux fameux westerns spaghetti où l'on parle avant de dégaîner, où l'on s'observe longuement avant de tirer. Le film est également truffé de références pas uniquement westerniennes et le cinéphile peut se régaler à les retrouver : Les Sept Mercenaires, Il était une fois dans l'Ouest, Las Vegas Parano, Le Seigneur des Anneaux, Arizona Dream... Par ailleurs les thèmes brassés et la lenteur de la progression de l'action font que ce spectacle souvent délirant me semble davantage destiné aux adultes ou aux grands enfants ! On peut même y déceler des considérations politiques éminemment actuelles telles l'écologie, la peur de l'autre/étranger et la manipulation des masses. En effet, Dust est une ville dont les habitants sont épuisés par le manque d'eau. Le précieux liquide est d'ailleurs la denrée rare et inestimable placée comme épargne dans un coffre à la banque. L'eau est distribuée parcimonieusement chaque mercredi suivant un rituel immuable. Mais alors que le "peuple" se déssèche, le Maire semble toujours mystérieusement prospère lui qui a compris que dans l'adversité il lui faut un modèle à admirer. Les habitants, menés par la jolie et ardente Fève et Rango devenu plus combattif vont peu à peu se révolter contre leur condition.

Merveilleux film d'animation en 2D (halleluyah !) Rango est bouillonnant de vivacité, d'inventivité et d'humour. Dans des décors si beaux et réalistes qu'ils ont parfois l'air d'être vrais, les protagonistes bénéficient d'un doublage voix luxueux. Johnny Depp est Rango le héros. Il exécute une nouvelle fois son grand numéro de déjanté au point qu'on arrive parfois à l'imaginer sous le caméléon. Il est entouré de Isla Fisher, Abigail Breslin, Ned Beatty, Harry Dean Stanton, Bill Nighy, Alfred Molina, Ray Winstone. Et c'est savoureux. Timothy Olyphant ayant la charge emblématique (et réussissant une imitation à s'y méprendre) de doubler L'Esprit de L'Ouest alias l'Homme sans Nom, alias... je vous laisse deviner. 

16.12.2010

THE TOURIST de Florian Henckel Von Donnersmarck *(*)

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Supposons que vous soyez un homme et qu'une créature de rêve vienne s'installer en face de vous alors que vous prenez le train en gare de Lyon, direction Venise et vous propose de l'inviter à dîner. Que faites-vous ? Et bien, vous vous laissez mener par le bout du nez (et plus si affinités) par la Princesse, et sans discuter encore ! C'est exactement ce qui arrive à Frank, petit prof de mathématiques américain qui voyage à travers l'Europe pour se remettre d'un chagrin, d'amour évidemment. Venise avec la plus belle femme du monde, faudrait être fou pour faire le difficile. Mais évidemment la belle Elise n'est pas une femme de tout repos...

Je dois bien le reconnaître, ce film ne casse pas trois pattes à un canard boiteux et il est absolument surprenant de voir que le réalisateur qui nous avait scotchés au mur avec son film "La vie des autres", ait cédé aux sirènes hollywoodiennes. D'autant que pour ceux qui ont vu "Anthony Zimmer" dont il est le remake, la "surprise" sera complètement émoussée. Ce film possède deux atouts imparables, pour ne pas dire implacables. Le premier est Venise, ville miracle que j'ai déjà déjà parcourue en long, en large, en travers, à pieds, en vaporetto, de nuit, de jour, en automne, en été ou au printemps... oui, je sais jamais en hiver, ça manque. Cette ville, je l'aime à la folie, je m'y sens chez moi et Florian Henckel Von Donnersmarck la filme amoureusement en altitude ou au ras des canaux. Cette ville est fascinante, envoûtante et magnétique. 

Question casting international, il y a du lourd et ce, même en dehors du couple star. Rien moins que Timothy Dalton, Bruno Wolkowitch, Paul Bettany, Rufus Sewell, Clément Sibony, Julien Baumgartner, François Vincentelli, Alessio Boni... Donc, vous le voyez, beaucoup de jolies choses à regarder. Mais  malgré tous ces beaux garçons réunis dans la même bobine, un rêve, aucun ne parvient à éclipser l'astre solaire qu'est Angelina Jolie. Le réalisateur semble même se venger de ne pouvoir serrer la merveille dans ses bras et réussit l'exploit de rendre notre Johnny (il a grossi non ?) fade comme jamais il ne l'a été. Pour une fois qu'il ne tournait pas un film pour moutards !!! Affublé d'un pyjama à rayures lors d'une longue scène de poursuite sur les toits, puis d'une veste blanche le faisant ressembler à un serveur du Caffè Florian sur la Piazza San Marco, alors que la lumière divine arbore robe et coiffure de Reine, il ne se hisse jamais à la hauteur de la classe de sa partenaire.

Vous l'avez compris, Angelina Jolie, je l'aime d'amour. Elle est la perfection incarnée. Tout est irréprochable chez elle, le visage, le profil, la silhouette, l'allure et quand elle marche on dirait qu'elle flotte. Rares sont les occasions de voir à l'écran une actrice de cette beauté sidérante, avec un tel port de reine, sublime comme une belle au bois dormant, d'une élégance folle. Trois robes et trois coiffures à tomber achèvent de mettre en valeur son chic naturel.

 Mais le film, franchement !!!

Rien.  

Alors pour Venise et pour Angelina !

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Il reste encore trois places à gagner pour "Les émotifs anonymes" de Jean-Pierre Améris : ICI !

15.06.2010

WHEN YOU'RE STRANGE de Tom Di Cillo ***

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Jim Morrison n'aurait pas dû être chanteur. Ce n'est pas ce qu'il voulait. Il s'intéressait avant tout au cinéma et à la poésie qu'il écrivait. C'est par la voix de Johnny Depp que Tom Di Cillo, grands fans, nous raconte l'histoire, l'ascension fulgurante et la carrière éphémère de ce groupe mythique The Doors, qui s'effondre en pleine gloire à la mort prématurée à 27 ans de son chanteur, le très charismatique Jim Morrison. C'est au cours de retrouvailles avec un ami perdu de vue, Ray Manzarek (celui qui sera toujours au clavier) qu'ils en viennent à parler musique. Impressionné par les textes de Jim, Ray lui propose de monter un groupe de rock. Rapidement John Densmore et Robby Krieger rejoindront le groupe.
Evidemment, on n'apprend pas grand chose qu'on ne sait déjà sur ce groupe mais le réalisateur s'appuie sur une quantité de documents d'archives vraiment impressionnante qu'on n'a peu ou jamais vus et c'est évidemment passionnant de mettre des images sur la légende. Des extraits de concert, des enregistrements, des interviews, des passages à la télévision émaillent ce documentaire qui évoque également l'histoire des Etats-Unis dans les années soixante qui commencent par un coup de feu : l'assassinat de John F. Kennedy. Seront également évoqués la guerre au Viet-Nam, le mouvement hippie contestataire de la jeunesse qui effraie tant les adultes, les assassinats de Bob Kennedy, puis de Martin Luther King, de Sharon Tate, la mort de Jimmy Hendrix, de Janis Joplin, tous les deux à 27 ans. Ces morts bouleverseront énormément Jim Morrisson qui dira "le troisième ce sera moi". Il avait raison.
Le nom du groupe a été choisi par Jim qui y tenait beaucoup. The Doors fait référence à une citation de William Blake : 
"Si les portes de la perception étaient nettoyées toute chose
apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est infinie"
tirée de The Marriage Of Heaven And Hell.
Entre chaque document, on découvre de larges extraits du film que Jim Morrison était en train de réaliser en 1970 et dont il était l'acteur principal. Sans explication, on le voit errer à travers les Etats-Unis au volant d'une voiture, traversant de grandes étendues désertiques, seul.
Mais le fil conducteur du film comme de la vie de Jim Morrison c'est la drogue, LSD puis cocaïne, et l'alcool dont il ne se débarrassera jamais. Son aptitude à l'autodestruction semblait insurpassable et rares sont les concerts où il s'est présenté sobre ou dans un état 'naturel'. Toujours au bord de l'évanouissement ou de l'over-dose, il a d'abord chanté dos au public par timidité et puis rapidement conscient de l'emprise qu'il avait sur les gens, de son pouvoir de séduction il s'est mis en scène lui-même, offrant son corps et son visage d'ange aux foules de fans proches de la transe. Sa voix grave, sombre constamment au bord de la brisure alternait les envolées rocks délirantes et les récitatifs souvent improvisés.
Bien que jalonnée de provocations et de moments pas très glorieux (certains concerts sont écourtés parce que Jim Morrisson s'effondre ou parce que la police est obligée d'intervenir pour un soi-disant attentat à la pudeur qui ne sera jamais prouvé mais qui l'affectera énormément...), on ne peut nier que quelque chose se passe au sein de ce groupe. Quelque chose de magique, prestigieux et comme surnaturel qui fait que ces quatre là ont une relation absolument unique. Bien que toujours en retrait par rapport au chanteur au physique avantageux, les trois autres n'en prennent jamais ombrage et sont toujours là pour le soutenir et tenter de l'aider à se relever dans tous les sens du terme. Et puis au-delà de tout, c'est la musique et ce qu'ils font de leur formation classique, de leur amour du jazz et du blues qui les rend intimement attachés, attentifs et fidèles les uns aux autres. C'est la musique et leur puissance créatrice qui les maintiennent au-dessus des excès de Jim qui sombre et s'autodétruit sans limite et sans fin.
Mais ce dont ce film vraiment épatant fait le plus prendre conscience c'est de la notion de temps. Ce groupe qui disparaît à la mort de son chanteur en 1971, n'a eu qu'à peine 4 ans et demi d'existence ! Et pourtant, il a vendu 80 millions d'albums et 40 ans plus tard, il s'en vend encore 1 million  par an. Qui d'autre peut prétendre un tel palmarès ? Car en si peu de temps, ils sont parvenus à devenir et à rester l'un des groupes les plus importants, singuliers, influents et inimitables de tous les temps. De ceux que l'on reconnaît dès qu'on entend les premières mesures.
Quant au chanteur, Jim Morrison, au physique et à la voix si particuliers, il est une icône indétronable, comme l'emblême d'une génération rebelle et perdue, un poète tourmenté, un intellectuel écorché, inapte au bonheur et à la vie, qui n'a jamais trouvé sa place mais dont les textes et la voix sublimes sont immortels.
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Une version époustouflante, complètement planante (bien qu'écourtée...) où Jim tient debout (à peu près) !

21.03.2010

MA SEMAINE AU CINEMA et ailleurs...

CHRISTOPHE*****

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L'ARNACOEUR de Pascal Chaumeil ***

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ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Tim Burton ***

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L'IMMORTEL de Richard Berry **

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BUS PALLADIUM de Christopher Thompson **

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MES COUPS DE/AU COEUR

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19.03.2010

Deux jours IMMORTEL(s) au pays des Merveilles d'ALICE (Part. 2)

A l'aube du deuxième jour, vers 10 h 30, après un copieux et indispensable petit déjeûner, un masque liftant/régénérant/hydratant/revigorant,

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nous sommes (oui j'étais à deux) partis à la conquête de Paris.

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Mais pas à l'aventure, non, pas fous. Equipés d'un plan. Mais parfois Jules tient absolument à se faire aider. Ici par une jeune femme immobile et totalement topless, totalement less d'ailleurs pour être exacte. 

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Après avoir espionné le parisien tête de chien en mode pause de midi (salade de carottes/sandwich, si c'est pas malheureux !) en plein cagnard ,

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et nous être rendus à un rendez-vous d'affaires hyper important et méga top secret (ah ah ah, ça vous intrigue hein ?), nous avons décidé de faire une partie de cache-cache dans un joli jardin, très calme, très reposant avec plein de vieilles pierres et de beaux arbres.

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où nous avons trouvé le quartier VIP/RIP.

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Et pour moi c'est décidé, ni dieu, ni maître, ni fleurs, ni couronnes. Juste une petite fantaisie et on n'en parle plus :

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Le rendez-vous donné par Al Amine pour la SOIREE ALLOCINE FAMILY & FRIENDS est à 18 h 15 au MK2... ça tombe bien vu que d'habitude c'est au Forum des Images et que donc j'ai loué le studio russe dans le 1er... juste à côté du Forum des Images si vous suivez mon raisonnement. Sauf que les invits d'Al Amine, ce ptit malin, il faut les lire jusqu'à la dernière petite ligne du bas où c'est écrit l'adresse. Donc nous avons pris un BPV* et Sandra M. nous a réservé une place dans la queue leu leu vu que y'avait "ShowCase Disney" avec le FBI** à l'entrée et que ça commençait à faire foule. Cette fois on n'a pas eu de fouille et on a pu garder nos appareils photos, nos dentiers, nos caméras et nos téléphones portatifs.

*Bus à Petite Vitesse
**Federal Bureau Of Investigation

C'est donc Al Amine, le ptit chou, qui nous accueille et aussi un peu Eric... mais depuis qu'il est chef, j'ose même plus lui dire bonjour. J'ai peur qu'il me dise

- "t'es qui toi ?"

- "ben, j'suis le numéro 81, monsieur le directeur, ouh ha toussa quoi !"

Tandis qu'Al Amine i fait toujours, "genre" qu'il te reconnaît et qu'il n'attendait plus que toi pour démarrer. Il est fort cet Al Amine.

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Donc, dans la file il y avait Sandra M. Heureusement que j'ai reconnu ses cheveux bouclés parce que, je ne sais pas qui l'a conseillée question lunettes ou si c'est la nouvelle mode parisienne mais bon, c'est moyen glamour. Je sais pas si elle repassera à Cannes cette année 

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Comme je ne supporte pas qu'une amie se ridiculise toute seule sans défense, je me suis sentie obligée d'aller chez le même fournisseur. Qu'est-ce qu'elle me fait pas faire j'vous jure ?

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Avant que le pestacle commence, la troupe d'Achille Zavatte d'Allociné nous fait vivre un suspens de la mort qui tue :

- "Aujourd'hui c'est un jour spécial pour une personne spéciale !!!

- waaaaaaaaaaaooooooooooooooooh ??? (les 300) qui ? qui ? qui ?

- ben c'est Al Amine qui va nous dire qui est cette personne spéciale ! Hein Al Amine tu vas nous le dire ? (Al Amine i court à droite, Al Amine i court à gauche)

- Al Amine, Al Amine, dis le nous, dis le nous !!!

- Alors Al Amine c'est qui ???

- Euh ben c'est Cunégonde DeLatourte !

- Cunégonde DeLatourte, tu peux nous rejoindre sur la scène s'il te plaît ? Bonjour Cunégonde, comment t'appelles-tu ?

- ...

- Tu sais qu'aujourd'hui c'est le premier jour du reste de ta vie  un jour spécial pour toi ?

- ....

- C'est le jour de ton non-anniversaire !!!

- ah ah ah (300) ouh ha !!!

- Donc aujourd'hui Cunég'. Tu permets qu'on t'appelle Cunég' maintenant qu'on te connaît un peu mieux ?

- ...

- Aujourd'hui donc en ce jour spécial de ton spécial non anniversaire et comme tu es une personne spéciale. N'est-ce pas Cucu que tu es une personne spéciale ?

- Bonjour, han !

- Et bien aujourd'hui, nous allons te faire un cadeau spécial. Y'en a 10 dans le monde qui recevront ce cadeau. Nous t'offrons le Dossier de Presse collector dans sa boîte en or du film de Tim Burton, dédicacé par Tim Himself !...  Voilà.

- ..."

Moi je dis que ce qui compte dans les cadeaux ce n'est pas le cadeau mais la façon de le recevoir (Cunégonde, cache ta joie, c'est indécent). Pas vous ? Là, c'était grand !

Ensuite, Al Amine i court à droite, Al Amine i court à gauche, Al Amine i court en haut, Al Amine i court en bas. Cours Al Amine, cours !

On nous annonce que Tim était à Paris ces jours derniers et qu'il a enregistré des réponses à des questions qui lui auraient été posées. Quand Al Amine a eu fini son sprint, et ben, je te le donne Emile, il est redescendu en ptites foulées avec Tim Burton Himself. Et toc, et comme vous savez que depuis peu, j'ai un You Tube account. Voilà un petit bout :

Moi je dis les Allociné, ils sont trop forts et trop gentils de nous faire des cadeaux pareils. Allociné, c'est pas dur, je les aime d'amour ! Merci merci merci de m'aimer aussi.

Ensuite, nous avons regardé le film avec nos grosses lunettes d'handicapés. Comme je suis une femme à lunettes femme à lunettes, je craignais que ce ne soit pas supportable rapport à la fragilitude de mes yeux. Ben pas du tout. Le seul souci, c'est qu'elles pèsent une tonne et que c'est tout simplement pas possible de les garder sur le pif pendant deux heures. Alors du coup, je les tenais avec mes mains pendant que mes yeux regardaient.

Le film c'est donc, comme vous vous en doutiez un peu :

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Tim Burton ***

et c'est très beau, sauf que la 3D c'est définitivement pas pour moi. Voir un film avec des lunettes c'est comme en parler avec le dossier de presse sous le nez... Non, en fait si j'y réfléchis bien ça n'a rien à voir mais bon. Voir un film en relief, boaf, c'est un gadget. Et un film de Tim Burton n'a pas besoin de ça... Sauf qu'ici, c'est aussi quand même un peu un film de Disney mais il y a des acteurs dedans et ça change beaucoup. 

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Alice est devenue grande. Tellement grande que sa mère décide de la marier au fils d'un Lord aussi fade qu'ennuyeux. Mais Alice n'a jamais cessé de penser à un monde merveilleux qu'elle a toujours cru imaginaire. Le jour de l'annonce de ses fiançailles et alors que son prétendant attend sa réponse devant une foule d'invités, elle suit un lapin, tombe dans un terrier et retrouve le Pays des Merveilles et ses curieux habitants, le Lapin Blanc, les jumeaux obèses Tweedledee et Tweedledum, Chess Le Chat et surtout le Chapelier Fou. La cruelle et colérique Reine Rouge règne sur le royaume à coup de décapitations et Alice a été attirée au Pays des merveilles car elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette tyrannie et amener la Reine Blanche (soeur de la Rouge) à régner. Alice a du mal à croire et à comprendre qu'elle a un tel destin à accomplir...
Après un démarrage que j'ai trouvé un peu laborieux et qui se situe dans la vie réelle (ça ne m'étonne pas de moi)... dès qu'Alice arrive in Wonderland, j'y étais aussi. Evidemment on ne retrouve pas l'atmosphère sombre et parfois funèbre burtonienne. Mais il y a suffisamment de folie et d'excentricité pour prendre un plaisir constant jusqu'au dénouement dont on ne doute évidemment pas. Les personnages principaux sont tellement empreints de différences et parfois même de monstruosité qu'on y retrouve néanmoins ce qui fait la beauté, l'originalité et l'intérêt de films tel qu'Edward aux mains d'argent.
La Reine Rouge, interprétée avec beaucoup de jubilation par Helena Bohnam Carter est monstrueuse physiquement et mentalement. Son petit corps est surmonté d'une énorme tête. Cette anomalie l'a fait s'entourer d'une cour de lèche-bottes dont elle ne s'aperçoit même pas que les difformités sont des leurres. Sa rivalité avec sa soeur (bien nunuche) qui a hérité de la grâce et de la beauté, provient de ce traumas d'enfance qui a toujours fait d'elle le vilain petit canard. Elle venge cette injustice par un sadisme raffiné envers tout ce qui remue, les humains comme les animaux. Ce qui donne évidemment lieu à des scènes tordantes.
Alice, qui doit selon les moments et les missions à accomplir être plus grande ou plus petite, n'est jamais aux bonnes proportions. Elle est toujours trop grande, ou trop petite. C'est son aventure à Wonderland qui va lui permettre de s'accepter telle qu'elle est.
Mais évidemment, c'est Johnny Depp, le Chapelier Fou, magnifique, étonnant, enfantin, espiègle, courageux mais parfois envahi d'une insondable tristesse qui capte l'attention tant il rend ce personnage extraordinaire. Par sa voix, ses attitudes, sa démarche, sa folie il est le coeur de ce film. Toutes les scènes entre le Chapelier et Alice sont les plus douces et les plus belles. Et je rêve, comme dans une comédie sentimentale qu'à la fin, il épouse Alice !
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Après le film, nous nous sommes retrouvés au buffet et je me suis aperçue une fois de plus que mon message n'est pas passé. Je récidive donc :
Gens,
Allociniens,
Les 300,
Hou Ha !
LORSQUE VOUS ÊTES SERVIS (bordel). VEUILLEZ DEGAGER LE PLANCHER ET LAISSER LA PLACE A CEUX QUI ONT LES MAINS VIDES. Merci.
J'ai pu constater une fois de plus que la technique du buffet s'apprenait très jeune. Que ce soit dans un club de tarot du troisième âge, un thé dansant du dimanche après-midi, ou chez les Ouh Ah de 12 ans... il se trouve toujours une cinquantaine de biiiiiiiiiiiiiiiip qui investissent la table et ne la quittent plus. Je suppose qu'eux doivent s'en mettre jusque là, car en général quand nous partons, le buffet est rincé !
Remarquez, je suis là, j'ai l'air de couiner, mais pas du tout ; ça nous permet à nous autres les quelques uns qui nous aimons d'amour d'aller manger au restau après.
Il y avait donc :
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Bridget, On ze road again, Maxime (le petit ami de) Florian, et Sandra M. (qui ne veut pas salir son genou droit).
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Le fou et la Reine
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Aïe mes ch'veux !
Nous avons trouvé un chouette restaurant entre eau et voie ferrée, qui ne diffusait pas de match de foot sur écran géant avec le son poussé à 24. Et c'était bien chouette, d'autant que nous avons été rejoints par deux garçons délirants de chez Vodkaster, Ludovic et David. On a parlé cinéma mais pas que. J'ai regretté 2 minutes d'être loin de Maxime et Flo et l'absence de Jérôme et Jonathan... mais ça n'a pas duré parce que j'étais entre Sandra et Bridget ! Et j'ai hâte Al Amine si tu m'entends de remettre ça.
Le lendemain, nous avons rencontré FredMJG, et ça c'était bien velu comme j'aime... Et d'ailleurs, Chouf Ze Ring qu'elle m'avait envoyée à Nowel
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Puis en attendant le départ, nous avons continué à tourismer comme deux provinciaux !
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13.11.2009

L’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam ***

L'Imaginarium du Docteur ParnassusL'Imaginarium du Docteur Parnassus

Dans la roulotte de bric et de broc du très très vieux Docteur Parnassus (il a 1 000 ans) il y a sa très jolie fille Valentina (Lily Cole, une révélation) qu’il protège maladroitement d’un lourd secret, un jeune homme Anton et le nain Percy. Chaque soir l’Imaginarium se transforme en spectacle ambulant qui intéresse peu de monde et qui pourtant propose aux spectateurs de vivre une expérience hors du commun : traverser un miroir qui leur fera voir la vie dont ils rêvent ou la vie telle qu’ils la gachent… suivant le degré de noirceur du personnage. L’arrivée de Tony qu’Anton et Valentina sauvent de la pendaison va bouleverser le quotidien tristouille de la bande. Mais le passé de Tony va le rattraper ainsi que le pacte que Parnassus a conclu avec le diable…

Difficile de raconter l’histoire abracadabrantesque de sorte qu’elle ressemble à quelque chose d’autant que Terry (oui, je l’appelle Terry car comme vous vous en doutez, je l’aime d’amour !) prend un malin plaisir à nous la compliquer ou est-ce par inadvertance ?

La première heure est étrange car elle semble ne mener nulle part. Sauf qu’on est en plein dans l’univers barré et total foutraque mais magnifiquement cinégénique du réalisateur, à mi-chemin entre « Fisher king » (son meilleur) et « Brazil » (son deuxième meilleur) et qu’on s’y sent bien si on l’aime. Les costumes, les décors, les machines, le passage de l’autre côté du rideau magique qui nous propulse immédiatement dans le monde d’Alice au pays des merveilles… tout est féérique. On ne comprend à peu près rien à ce qui se passe mais on est à la Foire du Trône et on s’amuse.

Et puis on est en bonne compagnie avec Heath Ledger qui avait une nouvelle fois choisi un rôle excessif et pas forcément sympathique, preuve qu’il aurait sûrement eu des choix de carrière judicieux et audacieux. C’est triste de le revoir et comme dirait l’autre… « c’est une joie et c’est une souffrance ». Il est drôle, touchant, (beau), convaincant, roublard. Manifestement, il s’amuse, il se déguise.

Puis l’on retrouve toutes les obsessions (les thèmes ?) chers à Terry, le mythe de Faust, l’éternelle jeunesse qui fout le camp, la magie, l’enfance, le mal qu’on lui fait (mais plus rien à voir avec le fétide « Tideland ») et on se sent de mieux en mieux.

Bizarremment, c’est au moment où Heath Ledger ne peut plus revenir et qu’apparaissent pour le remplacer par une pirouette scénaristique vraiment réjouissante, Johnny Depp (grandiose), Jude Law et Colin Farell que le film prend un fichu coup d’accélérateur et qu’il devient de plus en plus déjanté, grouillant d’une imagination débordante et débridée, en un mot vraiment génial.

Et on a envie de battre des mains, de crier encore, plus vite, plus fort, plus haut pour que le tour de manège ne s’arrête plus.

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

 

NB : restez jusqu'à la fin de la fin du générique, Terry ce farceur, fait une petite blague à la fin de la fin !

08.07.2009

Public Enemies de Michael Mann ***

 Johnny Depp, Michael Mann dans Public Enemies (Photo) Christian Bale, Michael Mann dans Public Enemies (Photo)

La vie, les évasions, les amours, les emmerdes de John Dillinger (vrai) ennemi public N° 1 à Chicago dans les années 30 et aussi, et surtout la traque qu’a menée contre lui son ennemi juré le F-B-ien implacable Melvin Purvis. Cette lutte sans merci n’est pas sans rappeler celle de Broussard contre Mesrine (dans le thème évidemment, pas dans le traitement…).

Je vous le dis tout net, je n’ai pas ressenti la grande secousse que j’attendais, que j’espérais. Mais je peux dire aussi qu’après les calamiteux vicieux de Miami, filmés nuitamment par une nuit bleutée, qui ont réussi l’exploit de permettre à Colin Farel de militer pour le regard de poisson mort (et réciproquement), à Gong Li de se ridiculiser comme jamais et à Jamie Foxx d’être transparent, Michael Mann est de retour aux affaires !

Son ennemi public, si on excepte une ou deux courses poursuites où la caméra est sans doute fixée sur le chapeau d’un mec qui court (n’oubliez pas votre sacavomi), et une surabondance de « tacatac des mitraillettes qui revienn’t à l’attaque »… est un sans faute visuel avec décors très in the mood for thirties, plans vertigineux, lumières qui s’embrasent, gros plans audacieux… Et une splendeur auditive, jazzie, bluesie, la voix de l’immense Billy Hollyday parfois et une chanson « Black bird » qui chavire le cœur.

La chasse à cet homme, gangster tantôt brutal tantôt grand seigneur qui rendait parfois l’argent de ses braquages aux clients, par un agent imperturbable et inflexible, donne évidemment lieu à d’inévitables scènes de bravoure lors des attaques de banques, des évasions spectaculaires ou des interventions musclées des fédéraux qui n’hésitent pas à faire de sérieux "dommages collatéraux" (traduire : tuer des gens qui n'ont rien à voir avec l'affaire...). Evidemment, on sait et on constate encore que sur ce plan, Michael Mann n’est pas manchot et il nous maintient en alerte permanente.

Mais en fait, je ne sais ce qui manque à ce très bon film de divertissement pour être un GRAND film inoubliable.

Peut-être le manque total d’émotions.

Il me semble qu’on est davantage conquis par Johnny Depp que par son personnage. L’acteur évidemment et comme toujours irréprochable insuffle dureté, brutalité, naïveté, nonchalance, romantisme et humour à ce John Dillinger. Il est parfait du début à la fin, de la tête aux pieds.

Mais je ne sais si les garçons doivent prendre modèle sur sa façon de draguer. Irrésistible au cinéma… si vous essayez d’imiter sa façon d’emballer une fille, vous risquez de vous prendre des râteaux ! cela dit, sur grand écran, on rêvasse comme des chiffes molles en s’enfonçant langoureusement dans son fauteuil et en soupirant « poulala,  il sait y faire !!! »

Marion Cotillard est mimi comme tout. Mais évidemment, les scènes de filles dans les films de garçons ont tendance à faire ralentir l’action, surtout quand elle se mettent à raconter (au lit !!! c’est un truc d’américains ça ???) leur enfance difficile. Et puis, je me dis que c’est quand même ballot pour une actrice française d’aller faire carrière à Hollywood et d’être habillée et coiffée comme une souillon. Cela dit dans les scènes de torture, elle est nickel la môme. Et puis après tout, je ne vais pas la plaindre : successivement dans les bras de Johnny et de Christian… ça va bien cinq minutes… pourquoi pas Guillaume Canet tant qu’elle y est !

Et puis, bien sûr, il y a Christian Bale. Totalement calme et maîtrisé. Il porte le costume et le chapeau comme personne… et à un moment mon mec m’a demandé de choisir mon camp. J’ai rechigné et je sais, un film où on prend le temps de discuter le bout de gras, c’est pas bon signe… mais j’ai quand même dit : « mougnongnon, c’est pas possible, eueueueh, scrongneugneu... pas choisir... nooooon !!!",

« c’est Christian OU Johnny, pas les deux ! » qu’il a insisté autoritaire.

Et ben, croyez-le ou pas… à un moment en pleurant, j’ai sangloté : « Bon allez, Christian !!! ».

Enfin, il y a la rencontre des deux bestioles, sex symbol sur leurs deux pattes arrière. Et là, un régal intégral… voir deux acteurs, des grands garçons et tout, faire un concours de « c’est qui qu’a la plus grosse ??? ». J’en pouvais plus ! Au fond de moi j’applaudissais des quatre bras en pensant qu’un mec c’est déjà bien mignon quand on y regarde de tout près, mais deux… c’est le paradis !

On peut jouer à ce jeu si vous voulez :

d’après vous qui a l’avantage dans cette scène ?

 

Et j'oubliais, le final... Clack Gable au cinéma...

 

 

 

Petite anecdote vraie et savoureuse je trouve :

John Dillinger a tellement marqué le Bureau Fédéral que la silhouette sur laquelle ses membres s'exercent au tir est la sienne.

 Johnny Depp, Michael Mann dans Public Enemies (Photo)

LA NUIT EST BLEUE POUR MICHAEL MANN !

27.01.2008

Sweeney Todd –The demon barber of Fleet Street de Tim Burton ****

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Helena Bonham Carter et Johnny DeppSweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Johnny Depp

Benjamin Parker, barbier sans histoire, amoureux fou de sa jolie femme blonde et tout émerveillé par son joli bébé blond, est injustement condamné et emprisonné par le vilain Juge Turpin jaloux de ce bonheur. Quinze ans plus tard, Benjamin revient éperdu de vengeance. Il change de nom, devient Sweeney Todd, retrouve son échoppe et s’associe à Nellie Lovett, étrange boulangère qui confectionne les tourtes les plus infectes de Londres.

L’histoire tient en un mot : VENGEANCE, et Tim Burton l’étire sur deux heures d’en-chantement baroco-gothique étourdissant, visuellement splendide. Dès le générique, on est dans l’ambiance : c’est sombre et ça va saigner. Rapidement on se souvient que Johnny Depp a été Edward aux mains d’argent en d’autres temps et qu’il s’en souvient lui aussi, même si cette fois il joue de la lame de façon diabolique et malsaine. Sweeney est l’exact opposé d’Edward, son dark side, sa version funèbre et démoniaque. Alors qu’Edward s’excusait, tout penaud en présentant ses ciseaux : « je ne suis pas fini », Sweeney affirme en présentant ses mains armées de rasoir : « voilà enfin que mes bras sont complets ! ».

Avant d’en arriver à sa vengeance proprement dite, qui ne doit s’exercer que sur le juge et son bailli, Sweeney polit son bistouri dans la gorge de nombreux innocents (attention ça gicle rouge vif,  fort et beaucoup...). Il le fait sans le moindre état d’âme, encouragé par son amoureuse complice qui passe les victimes dans un hachoir géant avant de les inclure à ses tourtes qui deviennent les plus appréciées de la ville. Elle le dédouane encore en lui affirmant : « vous ne tuez que des étrangers ! Personne ne peut les regretter ! ». A-t-il une âme d’ailleurs, a-t-il encore des sentiments, ce monstre, ce bourreau dont la caractéristique est qu’il en arrive à oublier le but ultime de son action, la vengeance, en prenant goût incontestablement à son nouveau job ? Sa minutie, le soin zélé et sadique qu’il prend à son nouvel emploi d’égorgeur public le conduit même à commettre d’irréparables fautes. Cet opéra meurtrier et sanguinaire n’empêche pas Nellie de rêver d’une vie respectable où son tueur et elle couleraient des jours heureux. Cette rêverie permet à Tim Burton d’abandonner un temps son univers lugubre et verdâtre aux couleurs désaturées (magnifiques) pour nous offrir une incursion dans un monde digne de Walt Disney tout en rose et paillettes où Sweeney s’étiole, rongé par sa vengeance inassouvie. Très drôle.

Les acteurs du film poussent tous la chansonnette, Jonnhy Depp et Helena Bonham Carter (son double féminin), plus pâles que des morts vivants... le font très bien et la musique tonitrue toujours à bon escient. Alors comment expliquer qu’un film musical ressemble tant à un film muet ? Parce que... Johnny Depp justement, Johnny Depp encore et toujours, qui ne se contente jamais d’être là où on l’attend mais qui mène l’outrance ou l’introversion à leur paroxysme. Moins il y a de dialogues mieux il se porte et on le comprend. Les expressions de son visage à transformation sont des tirades, des répliques, des monologues. Avec un personnage de monstre, impénétrable et taciturne il parvient une fois encore à capturer l’écran qu’il occupe avec simplicité, sobriété et voracité. C’est à n’y rien comprendre mais c’est ainsi, Tim Depp et Johnny Burton et réciproquement savent exactement où et comment nous embarquer.

Merci ! Encore !

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Johnny Depp
Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Helena Bonham Carter
Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Tim Burton sur le tournage