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  • Fragile(s) de Martin Valente °

    Fragile(s)

    6 personnages, 6 destins : Sara, récente chômeuse part avec son amie au Portugal, Paul subit sous prozac l’échec de son dernier film, sa femme Hélène a mis sa carrière d’actrice entre parenthèses à contre cœur et se plaint de tout et surtout d’avoir à garder son petit fils, Yves est pharmacien et plus seul qu’un chien, Vince apprend à jouer de la guitare en regardant sa femme, dans le coma, s’éteindre à l’hôpital, Nina junkie et chanteuse voudrait bien revoir son fils de 7 ans.

    Voilà, tout ce petit monde au bord de la déprime traîne son spleen et ses drames sans grande conviction. Par des ficelles scénaristiques plus ou moins épaisses, ils se rencontreront, se retrouveront ou se trouveront. L’énorme problème, c’est qu’on s’en contre fiche et que l’ennui est quasi omniprésent. Et hélas tous ces drames émeuvent bien peu, ce qui est un comble.

    Seuls François Berléand et Jean-Pierre Darroussin tirent leur épingle du jeu, car même s’ils nous ressortent leur numéro très bien rôdé de bougons dépressifs, ils le font à merveille.

  • Le faussaire de Lasse Halsström ***

    Voici l’histoire vraie d’un auteur en perte de vitesse qui a bien du mal à se faire éditer. Il s’appelle Clifford Irving. Il cherche une idée de génie qui le sortirait de la mouise, et comme il ment comme il respire, il décide avec la complicité de son meilleur ami, lui aussi écrivain, d’écrire la vraie fausse biographie non autorisée d’Howard Hughes. Le nabab d’Hollywood étant déjà depuis plusieurs années reclus volontaire et invisible de tous dans sa propriété, Clifford, avec une conviction et une force de persuasion peu communes, parvient à convaincre les éditeurs d’abord hésitants qu’il a obtenu les confidences intimes de Hughes, ce dont tout écrivain rêvait à l’époque. Le canular prend des proportions telles que même la CIA et les plus hautes instances de l’Etat sont intervenues. Il paraît même que cette mystification serait à l’origine du fameux cambriolage de l’immeuble du Watergate…

    Si la réalisation n’a rien d’innovant, elle est très soignée et le sujet à rebondissements multiples est suffisamment complexe et passionnant pour tenir en haleine deux heures durant. Le comble de l’histoire est qu’Howard Hughes en personne interviendra (à la radio… personne ne l’a jamais revu !) pour démentir qu’il a jamais rencontré Clifford Irving, sans pour autant pouvoir cacher une certaine admiration pour l’énormité de son exploit qui le conduira néanmoins en prison...

    Dire par ailleurs que Richard Gere tient ici (enfin !) son meilleur rôle n’est pas pour rien dans le plaisir du film. Roublard, tricheur, menteur et pourtant jamais vraiment antipathique, il parvient même à se convaincre lui-même. Cela confine à la folie lorsqu’il pousse le mimétisme jusqu’à imiter la voix (assez particulière) d’Howard Hughes et se travestir en son modèle. Près de lui le grand (au propre comme au figuré) Alfred Molina est plus que parfait en Sancho Panza, ami dévoué, un peu trouillard qui finira par se révolter.