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  • Mio fratello è figlio unico (Mon frère est fils unique) de Daniele Luchetti ****

    Mon frère est fils unique - Elio GermanoMon frère est fils unique - Elio Germano et Riccardo Scamarcio

    Accio, comme son nom l’indique est une teigne, il est « contre », contre tout et il le gueule haut et fort depuis l'enfance. Manrico, son frère, beau et charmeur fait bizarrement moins le désespoir de ses parents. Depuis tout petits, il s’affrontent, s’engueulent et se battent. Accio se sent mal aimé, incompris, victime d’injustices (par exemple, il est littéraire et passionné de latin, on lui impose des études scientifiques…). Il se trouve un ami qui le comprend et l’initie à une drôle de doctrine : le fascisme, alors que son frère est communiste ! Nous sommes en Italie dans les années 60 et nous allons suivre quinze ans de l’évolution de ces deux frères qui, pour corser l’affaire vont aimer la même fille, avec en toile de fond le contexte difficile, social et politique d’une région oubliée, défavorisée, négligée et en fond sonore des chansons d’époque à vous foutre le frisson.

    Après le sublime « Nos meilleures années » de Marco Tulio Giordana, le remarquable « Romanzo criminale » de Michele Placido (voyez ces deux films : C’EST UN ORDRE !), plus de doutes, le cinéma italien n’en finit plus de renaître de ses cendres tout en restant étonnamment classique et … italien ! C’est magnifique. On accroche dès la première image de la première seconde et on ne lâche plus les personnages, on les aime, on en tombe amoureux parce qu’ils sont vivants, déroutants, attachants. Le rythme ne faiblit pas un instant. Accio et Manrico nous emportent dans la tourmente sans oublier de nous faire rire aux éclats parfois et Accio, interprété, incarné par l’acteur, la tornade, le MIRACLE Elio Germano réussit le prodige de nous faire aimer un fasciste !

    Plein de rires et d’émotion, cette lumineuse tragédie est une merveille inoubliable !

    NB : VO obligatoire sous peine de grosse déconvenue...

  • La vérité ou presque de Sam Karmann **

    La Vérité ou presque - André Dussollier

    Anne (Karin Viard), présentatrice autoritaire d’une émission de télé est mariée à Thomas (Sam Karmann) professeur. Elle a été la femme de Marc (François Cluzet) industriel imbu de lui-même, à présent marié à Caroline, enceinte. Vincent (André Dussolier) écrivain homosexuel rencontre et séduit tout le monde… Le point commun entre tous ces personnages est qu’ils sont mal dans leur peau, qu’ils se mentent, se trompent !

    Ce film commence comme une comédie « chorale » où tout le monde se croise et le réalisateur pointe sa caméra sur leur faiblesse commune : le mensonge. C’est plutôt bien vu, assez libre, sans emphase, parfois drôle et évidemment magnifiquement bien interprété. Le film ronronne doucement, égrainant quelques sourires et quelques répliques féroces… Et puis, coup de théâtre et virage à angle droit, le personnage d’André Dussolier, écrivain donc, travaille à la biographie d’une chanteuse de jazz des années 50/60 qui le fascine depuis l’adolescence : Pauline Anderton… et là, miracle, le film devient intrigant comme une enquête, passionnant, émouvant, sensible. Quel dommage que Sam Karmann n’ait pas choisi de traiter uniquement la vraie/fausse biographie de cette chanteuse (musique idéale et envoûtante pendant tout le film) car dans toute cette seconde partie, il règne une ambiance presqu’ensorcelante. La finesse, la sensibilité, la délicatesse, la présence lumineuse d’André Dussolier, débarrassé de son rôle de farfelu sympa, est pour beaucoup dans la grande réussite de ce film dans le film, mélancolique et émouvant.