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  • Alexandra d’Alexandre Sokourov ***

    Alexandra - Galina Vishhnevskaya

    Alexandra vient rendre visite à son petit fils, militaire russe en Tchétchénie. Dans des conditions misérables, cette femme encombrée de son corps fatigué, va vivre quelque temps parmi ces jeunes hommes.

    On suit pas à pas Galina Vishnevskaya (madame Feu Rostropovitch) et on ne la lâche pas d’une semelle. Sa difficulté à se déplacer (qui l’agace beaucoup) et sa vieillesse sont le premier choc face à la beauté, la jeunesse et la vigueur des gamins qui l’entourent. La présence incongrue de cette « baboochka » indisciplinée et incontrôlable est parfois cocasse, mais ce qui étreint le cœur c’est de voir de quel respect, de quels regards plein de tendresse elle est couvée par ces militaires toujours prêts à lui offrir un bras pour l’aider. La guerre ne se montre pas, aucun coup de feu n’est tiré. On assiste juste parfois au départ des militaires pour des missions et on découvre dans la ville proche, les immeubles éventrés. Une conversation soudain intime entre la grand-mère et le petit fils révèle toutes les blessures et les sentiments tus dans les familles. Lorsque la grand-mère rencontre les femmes tchétchènes, il se passe quelque chose d’encore plus fort, comme un appel à la compréhension, à l’échange. Ce sont les femmes qui semblent appeler de leurs vœux à la réconciliation.

    C’est beau, simple, fort et irréel comme de demander l’impossible.

  • 99 F de Jan Kounen °°°

    Vie et mort et/ou rédemption de Victor, publicitaire « crétin irresponsable » (c’est lui qui le dit) autoproclamé artiste créatif qui porte des costumes à 5 000 Francs et roule en voiture impossible en méprisant tout ce qui remue autour de lui.

    Qu’y a-t-il à sauver de ce produit (je n’invente rien c’est écrit dessus) ? RIEN. Car ce produit est très laid, bête, pas drôle. Il ne dénonce rien, il crache dans la soupe, pas plus. Cela baigne dans la coke, le vomis, la merde et le sperme et ça se prend à de nombreuses reprises pour Jésus Christ. Deux fins sont proposées, l’une très conne et l’autre très très conne. On ne croit ni à l’une ni à l’autre. Enfin, comme le spectateur est aussi pris pour un con, une voix off lui explique de façon ininterrompue ce qui se passe sur l’écran. Cerise sur le clafoutis, on reçoit une jolie leçon de morale finale nous expliquant qu’avec 10 % du budget annuel de la pub, la moitié de la faim dans le monde serait éradiquée… Pourquoi pas 20 % du budget qui supprimerait la totalité de la faim ??? Le premier pas vers cette belle action humanitaire qui semble tarauder la conscience de Kounen et/ou Beigbeder (apparitions ridicules) : ne pas faire ce film qui a dû engloutir un sacré budget pub.

    Beurcke !