dimanche, 17 février 2008
Juno de Jason Reitman*

Juno 16 ans tombe enceinte. Elle décide de ne pas avorter mais d’offrir son bébé à un couple en manque et désir d’enfant.
Dans un monde parfait tout le monde serait incroyablement bon, généreux, compréhensif et aurait toujours pile poil la réaction idéale à une situation donnée. Mais le monde que nous décrit Jason Reitman est « presque » parfait car une gamine de 16 ans délurée comme pas deux, tombe enceinte. Qu’à cela ne tienne tout va quand même pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles et Juno mène sa grossesse tambour battant, continue à aller à l’école et nous affirme que tout le monde la regarde bizarrement (ce qu’on ne voit jamais à l’écran), trouve le couple idéal, bourgeois jusqu’au collier de perles de la dame. On se dit que dans ce monde rose bonbon qui essaie de nous faire croire à l’anticonformisme très très convenu de la fillette parce qu’elle parle et jure comme un charretier, quelque chose de dramatique va finir par arriver, ou simplement un grain de sable qui enrayerait la belle machine… quelque chose qui ressemblerait à la vraie vie quoi ! Et bien, la jolie dame au collier de perles va se faire larguer comme une malpropre par son immature mari qui joue de la guitare et porte des t-shirts ridicules... Non mais vous vous rendez compte ??? Etc, etc, jusqu’à épuisement et happy end ! Evidemment la petit Ellen Page est à croquer mais on atteint très très rapidement les limites de son jeu sans nuances… La photo ci-dessus en est (pour moi) la preuve flagrante. J'ai remarqué ce geste de la main qui se lève chez les actrices qui ne savent plus quoi faire de leur corps et comment exprimer quoi que ce soit...
Je ne demande pas au cinéma d’être réaliste (au contraire) mais un chouilla de vraisemblance m’aurait aidée à y croire un peu. Trop d’idéal tue la crédibilité. Et puis, dans ce monde de politique régressive, il ne faut peut-être pas s'étonner de voir un film anti avortement... finalement !
Enfin, je crois que ce qui a terminé de m'agager très très fort, c’est d’avoir entendu partout, ici et là et même ailleurs des comparaisons entre ce tout petit petit petit minuscule film et la pépite en or massif qu’est « Little Miss Sunshine »… franchement rien à voir…
08:15 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : juno, cinéma
Commentaires
Écrit par : Sandra.M | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireJe suis d'accord aussi "thank you for smoking" (non merci, j'ai arrêté) qui ne chatouillait même pas où ça devait soi-disant faire mal.
Rassure toi, ici aussi tout baigne dans l'happy end et l'amour rose guimauve.
Et le discours anti avortement !!! on retourne 40 ans en arrière... faut le voir pour le croire.
Écrit par : @Sandra M. | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : diane selwyn | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireJ'me disais aussi que ça sentait un peu l'anti-avortement à deux balles...
Mais ça avait l'air sympa...
Écrit par : zouizoui | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireEn conclusion : Il reste largement regardable, mais entre ça et un "Into the Wild"...si vous avez vraiment envie de dépenser 9 €... y a pas photo ;-)
ps: Little Miss Sunshine est incomparable, nous sommes d'accord.
Écrit par : Osmany | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireje suis content de ne pas avoir été le seul à être déçu par ce film
Écrit par : Nico2312 | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : damouredo | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireDiane : ben, tout sauf consensuel j'ai trouvé ! Plutôt pernicieux !
Zoui : oui va voir autre chose !
Osmany : ben j'ai pourtant lu chez toi il me semble que c'était une pépite et que tu conseillais de s'y précipiter. Tu as le droit d'aimer et d'avoir un avis.
Moi quand je ne vais pas bien avec des trucs relou à régler je demande quand même au ciné de ne pas se foutre de la gueule.
Et puis, ce n'est pas parce que TOUS les critiques et même l'affiche comparent "ça" à "Little miss sunshine" qu'il faut relayer la même bêtise qui est une grosse erreur !
De toute façon, cte manie des comparaisons, je ne la comprendrai jamais.
Nico : ce film est pire qu'une déception, c'est une arnaque !
Damouredo : sûrement pas pour les ados !!! Ah ? je suis enceinte ??? Pas grave je vais donner mon bébé à la naissance. Pouah !!!
Écrit par : De Pascale à tous | lundi, 18 février 2008
Répondre à ce commentaireJe trouve juste que un petit film américain est toujours plus intéressant même dans ses défauts qu'un gros film américain...
Écrit par : bertrand | jeudi, 21 février 2008
Répondre à ce commentaireJ'aurais également mieux fait d'oublier une chronique entendue à la radio quelques jours auparavant et qui décrivait ce film comme un pur moment de bonheur dont on sortait heureux, tout simplement heureux. Pour ma part, je suis sorti déçu, tout simplement déçu.
"Juno" n'est pas un film désagréable à regarder mais effectivement, on n'y croit pas. Tout est trop facile et donc sans grand intérêt. Ca ressemble à l'adaptation cinématographique d'un improbable "Martine tombe en cloque". Quand le futur père adoptif se débine, on a bien l'espoir que le film évolue vers quelque chose d'un peu moins superficiel. Mais non! Super Juno arrête sa voiture sur le bas-côté de la route pendant trente secondes, pousse un cri et c'est reparti!
Tout n'est pas à jeter pour autant. J.K. Simmons assure dans le rôle pourtant un peu étroit du père maladroit mais avec un coeur gros comme ça. Je retiendrai surtout au crédit de "Juno" les personnages des parents adoptifs et du père naturel qui révèlent au fil du récit leur part d'ombre ou de lumière et apportent au film une crédibilité qui lui fait tant défaut par ailleurs.
Par contre, je n'y ai pas du tout vu un film anti-avortement. Juno choisit l'avortement et si elle y renonce finalement, ce n'est pas, il me semble, suite à une prise de conscience qui aurait modifié son positionnement moral face à l'avortement. Juste qu'elle a la trouille.
Écrit par : Fabrice | dimanche, 24 février 2008
Répondre à ce commentaireEn réponse à Fabrice, et sans aucune méchanceté de ma part, quand tu dis qu'elle refuse l'avortement par peur, il me semble au contraire qu'elle le refuse parce que la gamine qui milite contre l'ivg devant le planning familial lui dit que son embryon a des ongles (qu'est-ce qu'il faut pas entendre!!!), et du coup, en entendant les bruits des ongles des gens dans la salle d'attente, elle réalise que son embryon est vivant. On ne peut pas faire plus moraliste comme raccourci!
Écrit par : Platinoch | lundi, 03 mars 2008
Répondre à ce commentairePlatinoch : oui, c'est vrai que la plupart des gens n'y ont vu qu'une gentille comédie. Il ne faut pas oublier que l'embryon est une personne... heureusement que ce genre de films est là pour nous le rappeler !
Écrit par : de Pascale @Frabrice@Platinoch | lundi, 03 mars 2008
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