samedi, 28 novembre 2009
Vincere de Marco Bellocchio *


Lorsque Ida Dalser rencontre Benito Mussolini à Trente, elle est immédiatement fascinée par cet homme qui est un fervent militant socialiste pacifiste et grand orateur. Ils deviennent amants, se marient et Ida vend tous ses biens pour financer la création du « Popolo d’Italia » journal du futur parti fasciste. Alors qu’elle est enceinte, Ida découvre que Mussolini est déjà marié et a un autre enfant. Elle ne renoncera jamais à tenter de faire reconnaître cette union et la paternité qui dérangent le dictateur qui lui n’hésitera pas à la faire enfermer dans un asile psychiatrique, la séparer à jamais de son enfant qui sera placé dans un institut religieux puis dans un hôpital psychiatrique.
Cette femme belle et courageuse est une rebelle, une héroïne de tragédie, hélas ce film ne nous la montre jamais autrement que comme une folle exaltée. Sa façon de regarder cet homme, de le dévorer littéralement du regard constamment, de se jeter à son cou, de le supplier de lui dire qu’il l’aime la rende à mes yeux hystérique et non passionnée. On comprend en voyant la femme légitime de Mussolini, la furieuse et moche Rachele, qu’il choisisse Ida comme repos du guerrier. Mais son attitude, il lui parle à peine, l’a-t-il d’ailleurs jamais regardée, et l’aveuglement d’Ida entièrement disponible placent leur relation sur un plan strictement sexuel.
Pour le reste, le film est très sombre, au propre comme au figuré. Tourné la plupart du temps dans la pénombre ou faiblement éclairé, on a parfois bien du mal à distinguer le visage des personnages. Mais les nombreux documents d’archives qui parcourent le film sont passionnants. Ils montrent un Mussolini parfaitement clownesque dans des costumes de parade invraisemblables. Et les discours monstrueusement vides devant des foules fanatisées où il ponctue chaque phrase de grimaces, mimiques et rictus ridicules sont à la fois fascinants et terrifiants.
La grande idée du film est évidemment qu’à partir du moment où Ida et Mussolini sont séparés et qu’ils ne se reverront plus, ce n’est plus l’acteur qui joue le rôle mais Mussolini lui-même par le biais des archives. D’ailleurs, Ida qui ne le verra plus, tout comme nous, que dans les reportages au cinéma dira simplement « comme il a changé ! ».
On devrait être bouleversé par le destin inqualifiable de cette femme brutalisée, droguée, enfermée, humiliée, brisée mais on reste de marbre tant le film est froid. Et pourtant il y a beaucoup de bruit et de fureur, une musique pompière et emphatique omniprésente mais l’actrice Giovanna Mezzogiorno dans un rôle "David di Donatelloisable" ("regardez comme je fais bien la folle ! regardez comme je ne suis pas maquillée et qu'on me filme en gros plan !!!"...) ne m’a émue qu’à un moment, un seul, celui où (grande cinéphile apparemment) et alors qu’elle ne reverra plus jamais son fils, elle regarde au cinéma « The Kid » de Charlie Chaplin. Ou alors, est-ce mon amour pour ce film qui a fait que ?
Par contre, les yeux de braise de l’acteur Filippo Timi qui joue Mussolini jeune puis plus tard son fils illégitime m’ont beaucoup impressionnée, ainsi que son imitation très cabotine mais plus vraie que nature des discours de Mussolini.
15:31 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : vincere, marco bellocchio, giovanna mezzogiorno, filippo timi, cinéma
Commentaires
Le sujet était vraiment intéressant mais la mise en scène du style "je vais vous montrer comme je sais superposer des images d'archives et celles du film, faire le parallèle entre la sombre folie qui embrase l'Italie dans les années 20 et la douce folie qui accable cette jeune femme" et le jeu d'actrice du style "je vais vous monter comme je suis bonne actrice" comme une mannequin qui marche avec grace sur une estrade de défilé de mode avec une robe moche, cela a beau être bien fait, ça m'emmerde ! Comme toujours lorsque la forme prend le pas sur le fond et qu'on s'amuse à se faire plaisir au lieu de travailler à l'essentiel.
L'actrice qui joue Ida Dasler m'a fait penser à Marion Cotillard pendant une bonne partie du film...Je sais ça n'apporte rien mais ça m'a fait plaisir de le dire ! Moi aussi je peux me faire plaisir.
Film à éviter...S'il n'était pas signé Marco Bellochio, il n'aurait sans doute jamais dépassé les Alpes !
Écrit par : myrtle_gordon | samedi, 28 novembre 2009
Répondre à ce commentaireME SOUVENIR DE SON PÈRE !!!! OMG !
quand j'y pense, je suis toute émue
Bon, OK, je sors
Écrit par : FredMJG/Frederique | samedi, 28 novembre 2009
Répondre à ce commentaireQuant à Mussolini, est-ce étonnant de se dire qu'il ne considérait les femmes que sexuellement ?
Mais bien sûr, c'est un film, alors on est en droit d'attendre de l'émotion.
Le sujet était donc mal choisi.
Écrit par : Ed | samedi, 28 novembre 2009
Répondre à ce commentaireSalutations distinguées si c'est le cas, sinon, benvenuta.
J'ai failli le dire dans ma note qu'elle est idem pareil que notre Marion avec des fois des ptites tournures à la Romy... du coup, ça fait pas beaucoup de personnalité !
Quant au staïle, je ne parle même pas des ptits bonshommes qui marchent au pas de l'oie en surimpression. Il y aurait matière.
C'est bien que les "anciens" réalisateurs cherchent encore à explorer l'univers mais bon...
Fred : moi aussi, j'y pense IRL, OMFG.
Ed : ben je me suis vaguement documentée jte ferai dire. Il semblerait que la demoiselle était une fasciste pure et dure mais dans le film à part "sors le moi ton gros nengin et dis moi que tu m'aimes"... et après les hurlements "salaud... voleur... j'aurai ta peau..."that's all;
Écrit par : dePascale @myrtle @ Fred@Ed | samedi, 28 novembre 2009
Répondre à ce commentaireMerci pour la bienvenue...Tu offres quoi en cadeau ? Une peluche ?
Ah j'oubliais, Bellochio avait dit à Cannes que l'idée du film lui était venue en voyant un documentaire sur la RAI (je crois) à propos d'Ida Dalser et qu'il a lu ensuite les 2 livres qui racontent son histoire. J'imagine sans peine que le documentaire doit être plus intéressant que le film.
Heureusement, ce soir j'ai vu Rapt (bon film mais un peu décevant pour du Lucas Belvaux que j'ai vu plus en forme, mise en scène assez convenue et j'aurais pensé qu'il se serait intéressé plus en profondeur à la partie retour à la vie après avoir été otage qui me semble beaucoup plus intéressante que la captivité, j'avais vu un docu sur le baron empain et lorsqu'il raconte la période post captivité, elle était plus intéressante et passionnante que sa vie d'otage) et surtout le Vilain que j'ai adooooooré ! D'une drôlerie et d'une subtilité jouissive !
Écrit par : myrtle_gordon | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireMerci pour la bienvenue...Tu offres quoi en cadeau ? Une peluche ?
Ah j'oubliais, Bellochio avait dit à Cannes que l'idée du film lui était venue en voyant un documentaire sur la RAI (je crois) à propos d'Ida Dalser et qu'il a lu ensuite les 2 livres qui racontent son histoire. J'imagine sans peine que le documentaire doit être plus intéressant que le film.
Heureusement, ce soir j'ai vu Rapt (bon film mais un peu décevant pour du Lucas Belvaux que j'ai vu plus en forme, mise en scène assez convenue et j'aurais pensé qu'il se serait intéressé plus en profondeur à la partie retour à la vie après avoir été otage qui me semble beaucoup plus intéressante que la captivité, j'avais vu un docu sur le baron empain et lorsqu'il raconte la période post captivité, elle était plus intéressante et passionnante que sa vie d'otage) et surtout le Vilain que j'ai adooooooré ! D'une drôlerie et d'une subtilité jouissive !
Écrit par : myrtle_gordon | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireAgenor est resté socialiste...venue en France... vie entrecoupée par 10 ans ,environ ,sous les '
drapeaux Naturalisé français en 1927 e t c
Écrit par : gamberini | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireTu m'fais rire de bon matin
Merci
:D
Écrit par : FredMJG/Frederique | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireOui, ça donne envie de s'intéresser à cette Ida mais bon, demain je l'aurai peut-être oubliée.
Quant à Rapt, oui Lucas peut mieux faire.
Et le cré Vilain : pas encore vu.
Ed : peut-être effectivly.
Fred : t'as vu, elle est fatigante hein ?
Écrit par : de Pascale @ myrtle_gordon @ Ed @ Fred | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireFaut que j'arrête de relire le comm du jour au canasson
Ça m'excite
sans compter tes hobbits du jour !
Bon, j'y vais
Écrit par : FredMJG/Frederique | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Fred | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Agathe Zeblouze | dimanche, 29 novembre 2009
Répondre à ce commentaireOui les appréciations des uns et des autres parfois ça fait enrager. Mais il ne faut pas comparer Rapt et Vincere... mon étoilage se fait au cas par cas pas en comparaison alors parfois ça fait zarbi j'en conviens.
Écrit par : de Pascale @gathe Zeblouze | lundi, 30 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : dasola | jeudi, 03 décembre 2009
Répondre à ce commentaireJoyeux Noël.
Écrit par : de Pascale @ dasola | jeudi, 03 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : luc nemeth | vendredi, 04 décembre 2009
Répondre à ce commentaireEt puis j'ai bien dit : "je me suis VAGUEMENT documentée..." Et "il SEMBLERAIT"...
Écrit par : de Pascale @ luc nemeth | vendredi, 04 décembre 2009
Répondre à ce commentairePS. les circonstances m'ont amené à me documenter de plus près (pour un article paru en Italie, sur le "retournement" de Mussolini en octobre 1914) : en l'état actuel je serais bien en peine de préciser l'orientation politique d'Ida Dalser, ni même d'affirmer, que son Benito parlait politique avec elle...
Écrit par : luc | vendredi, 04 décembre 2009
Répondre à ce commentaireD'après le film toujours, le gros Ben ne parlait pas à Ida. Il lui rendait visite pour tout autre chose.
Écrit par : de Pascale @ luc | vendredi, 04 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de luc @ Pascale | samedi, 05 décembre 2009
Répondre à ce commentaireSi, à l'hôpital psy, elle se fait "traiter" de fasciste ! Mais comme elles sont toutes folles, ça ne doit pas compter.
Écrit par : de Pascale @ Luc | samedi, 05 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de luc @ Pascale | samedi, 05 décembre 2009
Répondre à ce commentaireMais entre nous... la vie, la mort, les idées d'Ida (mes excuses à la famille) je m'en fous un peu !
Cette femme présentée dans ce film qui ne m'a pas plu, ne m'a pas plu non plus. Inutile de me donner de ses nouvelles.
Mais repassez quand vous voulez, la route est ouverte :-)
Écrit par : de Pascale@Luc | samedi, 05 décembre 2009
Répondre à ce commentaireDe plus, je trouve que cette force presque aveugle illsutre puissament toute la dévotion d'une mère pour son enfant. Ce n'est pas tant pour elle qu'elle le revendique que pour son fils. Cette posture sociale était primordiale dans cette Italie déchirée.
Après je comprend que tu n'es pas adhéréz, mais j'ai vraiment trouvé une force incroyable à ce film. Et quelle mise en scène!
Écrit par : alexandre mathis | jeudi, 10 décembre 2009
Répondre à ce commentaireMais à aucun moment le film ne m'a embarquée dans leur histoire. Je n'ai absolument pas été touchée par ce qui arrive à cette femme (alors qu'il y a vraiment de quoi) et encore moins par le jeu de l'actrice ! dommage (pour moi).
Écrit par : de Pascale @ alexandre mathis | vendredi, 11 décembre 2009
Répondre à ce commentaireConcernant le lien passion et pouvoir et les relations entre une femme du peuple et un homme de pouvoir, j'ai vu récemment la série les Tudors et c'est autre chose. Perso, je suis fascine par Ann Boleyn. Ici on est dans une situation inversée. C'est le roi Henry VIII qui est fasciné, séduit et obsédé par Ann Boleyn (qui en fin de compte le manipule et fait du roi son jouet).
L'histoire de Ida et Benito est intéressante, ce qu'on peut reprocher à Bellochio est la mise en scène de l'histoire et comment il a mis en images cette histoire d'amour. Le même film fait par Vittorio de Sica aurait eu une autre grace je pense.
Écrit par : myrtle_gordon | samedi, 12 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ myrtle_gordon | samedi, 12 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : myrtle_gordon | samedi, 12 décembre 2009
Répondre à ce commentaireOui mais contrairement aux simplistes à qui je pense, Moore est pédagogique !
Écrit par : de Pascale@myrtle_gordon | dimanche, 13 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : myrtle_gordon | dimanche, 13 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Luc@myrtle_gordon | vendredi, 18 décembre 2009
Répondre à ce commentaireContinuez à discuter de Benito, moi j'ai des Avatars sur le feu !
Écrit par : de Pascale @ Luc | vendredi, 18 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire