11/12/2009
PERSÉCUTION de Patrice Chéreau *


Souvenez-vous, si, souvenez-vous j’ai vu ce film il y a quelques mois en présence de l’équipe du film à la Mostra de Venise où il était en compétition ! ça y est vous y êtes ? Même que je n'avais pas encore mon super appareil qui fera plus tard de belles photos de Clint...
Je n’en avais pas parlé car Chéreau fait partie de gens que j’aime. Et je déteste dire que les gens que j’aime me déçoivent. Or, il l’a fait une fois encore, après « Intimité », après « Gabrielle », je crois que Patrice et moi, on ne se comprend plus du tout.
Pourtant ça commence très fort et très bien par une scène sidérante, qui va vite, dans le métro. On suit et on a envie de suivre cet homme dont on ne sait rien. Qui ressemble à un ouvrier. C’est Daniel, il retape des appartements immenses et tout cassés. Et puis, un homme inconnu s’introduit sur le chantier où Daniel dort, sans explication. On prend peur. Daniel le chasse, mais l’homme revient et persécute Daniel. Cet homme lui avoue son amour mais Daniel n’en veut pas.
Il aime Sonia qui s’absente beaucoup pour son travail. Il la fuit, la rejette, l’attend. Elle lui manque. Quand elle revient, il l’ignore. Sonia aime Daniel. Elle est compréhensive, attentive mais se sent aussi persécutée par les exigences considérables et l’insatifaction permanente, maladive de Daniel. Et ce dernier commence à comprendre que cet homme qui le harcèle est un peu comme son double et qu’il agit de la même manière envers la femme qu’il aime, exigeant toujours plus.
Au travers de ce couple incapable de s’aimer, ou d’aimer, chacun préférant chez l’autre son absence, voilà Chéreau qui replonge dans ses pires travers, des flots incessants de dialogues hurlés, une violence qui s’affiche parfois, une théâtralité, une hystérie, les corps nus qui s’expriment comme ils peuvent…
Et pourtant, il y a de ci de là, de beaux moments malheureusement étouffés par une histoire qui finit par être grotesque d’invraisemblance et parfois même risible. Des adultes même passionnés ne sont pas obligés de s’infliger et de nous infliger ça.
Romain Duris est formidable. Jean-Hugues Anglade aussi. J'ai trouvé Charlotte terne...
On rêve pour Patrice Chéreau d’un amour sincère, idéal et apaisé.
19:00 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : persécution, patrice chéreau, romain duris, jean-hugues anglade, charlotte gainsbourg

Commentaires
Écrit par : Rob | 11/12/2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Rob | 11/12/2009
Répondre à ce commentaireC'est une histoire d'amour, j'ai même envie de mettre amours avec un "s" ! Voila 'est fait !
C'est une histoire de colère, je dirais moi de rage !
des raisons, y en a plein, ne pouvoir vivre ensemble, car vivre ensemble c'est condamner l'amour..etc..
J'ai vu le film y a trois jours...post suivra..en attendant je conseille "Qu'un seul tienne et les autres suivront" mon dernier coup de coeur !
Écrit par : kilucru | 11/12/2009
Répondre à ce commentaireJ'aime ne pas comprendre. Là, j'ai tout compris mais j'ai trouvé que c'est au delà de l'absurde et franchement fatigant.
Écrit par : de Pascale @ kilucru | 12/12/2009
Répondre à ce commentaireM'en fiche, j'irais quand même. Enfin, s'il est toujours à l'affiche quand je pourrais enfin retourner au cinéma.
D'abord Patrice Chéreau jamais il ne me décevra. Peut-être bien que parfois je ne comprends pas où il nous emmène, mais c'est sûrement de ma faute !
Comment ça "inconditionnelle" ?!
Écrit par : Axel | 12/12/2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Axel | 13/12/2009
Répondre à ce commentaireJe suis allé le voir avec 2 psychothérapeutes de mon entourage, ils ont tout compris... pas les autres.
Écrit par : Jordane | 13/12/2009
Répondre à ce commentaireSi je peux comprendre ceux qui trouvent ca trop narcissique ou parisien, ca me fait mal au coeur que beaucoup restent complètement insensibles...
Peut-être que c'est mon côté névrosé et tordu mais c'est une des oeuvres qui m'a le plus bouleversé cette année. :(
Écrit par : Voisin Blogueur | 13/12/2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : myrtle_gordon | 13/12/2009
Répondre à ce commentaireVoisin Blogueur : les larmes aux yeux devant tant de fureur ???
Je n'ai pas trouvé ce film parigotique.
Ne t'inflige pas d'auto-diagnostic, tu as aimé c'est l'essentiel.
myrtle_gordon : je pense que Daniel (Romain Duris) ne teste rien. C'est un éternel insatisfait, épidermiquement jaloux. A aucun moment il ne se remet en cause mais remet en cause tout le monde par contre et porte constamment des jugements.
Sonia et lui ne sont pas imperméables au bonheur, ils sont incompatibles. ça arrive.
Écrit par : de Pascale @ myrtle_gordon | 14/12/2009
Répondre à ce commentairePascale : dommage pour la Grenouille et la Princesse.
Écrit par : Michèle | 20/12/2009
Répondre à ce commentaireTu peux encore changer d'avis... Celui à qui j'ai proposé ne me répond pas :-)
Écrit par : de Pascale @ Michèle | 20/12/2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Michèle | 20/12/2009
Répondre à ce commentaireDu coup, j'évite de lire les commentaires, je le ferais ensuite.
Donc, ce que j'en pense : difficile à dire, mais en tout cas oui, j'ai aimé, beaucoup. J'ai trouvé que chaque acteur était filmé avec tant d'amour qu'ils respiraient tous la grâce. Je ne suis pas sûre du tout d'avoir compris de quoi il était question, mais j'ai noté (plus ou moins fidèlement...) une réplique du personnage principal "ça ne t'intéresse pas ce que je te raconte, ce qui t'intéresse c'est d'en penser quelque chose". Eh ben voilà, moi, je ne veux pas en penser quelque chose, juste suivre mon instinct, mon désir.
Instinct et désir qui disent que j'ai été subjuguée tout du long par les visages et les corps magnifiés. Que les dialogues - certes trop intellectuels pour être réalistes - ont très souvent touché quelque chose d'essentiel et d'intime. Que la souffrance intérieure m'émeut durablement, profondément. Que ces personnages en marge même quand ils n'en ont pas l'air au premier abord, c'est tout ce que j'aime prendre en plein coeur au cinéma.
J'ai aimé de la même façon que Trust me de Hal Hartley (et ma façon d'aimer ne se retrouvait pas du tout dans les critiques officielles).
Bon, maintenant, je vais lire les commentaires chez toi et puis chercher tout ce que je trouve, parce que après L'homme blessé j'avais lu une interview de Chéreau expliquant que tout n'était pas dans le film étant donné que "tous" les spectateurs vont voir un film en en sachant déjà beaucoup (ce qui n'est pas du tout mon cas en général... mais je lui pardonne quand même, toujours !)
Écrit par : Axel | 23/12/2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joël | 06/01/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Joël | 07/01/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ZORG | 29/06/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ZORG | 29/06/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @ZORG | 30/06/2012
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