samedi, 26 décembre 2009
TETRO de Francis Ford Coppola ***


Benjamin est serveur sur un paquebot. Lors d’une halte forcée à Buenos Aires, il décide de rendre visite à son demi frère Angelo qu’il n’a pas revu depuis des années. Il est très froidement accueilli par ce frère qui a depuis de longues années coupé tous les ponts avec sa famille au point de ne plus porter son prénom et se faire appeler « Tetro », diminutif de son patronyme Tetrocini.
Très déçu par cet accueil glacial Benjamin décide néanmoins de s’installer pour quelques jours. Il relit la lettre que son aîné lui avait adressée 10 ans auparavant et dans laquelle il lui promettait de revenir le chercher. Le gouffre qui s’est creusé entre les deux frères semble infranchissable mais le plus jeune, plus que tout, cherche à comprendre pourquoi ce silence s'est installé, pourquoi leur famille est brisée (ils ne sont pas de la même mère) et à savoir d’où il vient, qui il est. Ce qui semble le plus rapprocher les deux hommes, est l’ombre colossale, envahissante de leur père, chef d’orchestre et compositeur mégalo et réputé capable de dire à son aîné qui lui annonce qu’il veut devenir écrivain « Il ne peut y avoir qu’un seul génie dans une famille ». La rivalité artistique n’est pas le seul obstacle qui existe entre le père et ses fils et peu à peu, en même temps que Benjamin, on va découvrir les lourds secrets qui pèsent sur les hommes de cette famille, ont engourdi puis anéanti les sentiments à force de trahison et de non-dits.
Tetro partage la vie d’une femme, très belle, d’une patience et d’une indulgence admirables. Elle a été sa thérapeute lorsqu’il fut interné dans un hôpital psychiatrique. C’est pendant ce séjour qu’il a écrit une pièce de théâtre inachevée dans un langage codé que Benjamin va décrypter et retranscrire en cachette lui donnant la fin qu’il juge la plus probable et sera à l'origine de nouvelles révélations.
Les mystères, les secrets, les trahisons sont au cœur de cette tragédie familiale où le fantôme du père absent ou présent flotte et envahit la vie telle la statue du Commandeur s’installant à la table sans y être invité.
Autant le dire, « Tetro » est d’une beauté foudroyante principalement grâce à ce noir et blanc qui illumine chaque plan, chaque décor, chaque ombre, chaque visage. La lumière est parfois aveuglante et curieusement, sans doute parce qu’il n’est pas un réalisateur comme les autres, Coppola nous propose les flash-backs en couleurs.
Lyrique et exaltée, la dernière demi-heure n’est pas sans rappeler la fin du Parrain 3.
Vinvent Gallo (magnifique), apprivoisé, dompté, maîtrisé par le Maître, est d’une étonnante et très bienvenue sobriété.
Il faut reconnaître que Alden Ehrenreich le tout jeune acteur qui interprète Benjamin est vraiment formidable également mais que sa troublante ressemblance avec Leonardo di Caprio est presque dérangeante.
Vous vous souvenez peut-être à quel point j’avais été transportée, chavirée par le précédent film de Francis Ford Coppola « L’homme sans âge »… Mon attente n’en était que décuplée et il est incontestable qu’avec « Tetro », le renouveau, la renaissance du réalisateur sont confirmés. Hélas, mille fois hélas, il ne bouleversera pas mon « classement » 2009 car s’il est un film admirable, « Tetro » souffre d’un regret impardonnable : l’absence totale d’émotion…
08:13 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : tetro, francis ford coppola, vincent gallo, alden ehrenreich, cinéma
Commentaires
Et pour le petit jeune, est-il vraiment nécessaire au cinéma de tomber sur une réplique juvénile de Mimile Hirsch
C'est surtout à lui que je n'ai PAS arrêté une seconde de penser... c'est dire si j'ai été attentive aux tourments du "génie"...
Écrit par : F | samedi, 26 décembre 2009
Répondre à ce commentaireRemarque, "on" (est un con) me reproche souvent de ne pas avoir de coeur. T'imagines un peu... moi qui suis une vraie midinette d'artichaut.
Entre Mimile et Léo, le pauvre... faut qu'il se fasse refaire la face. I joue même comme Léo !
Écrit par : de Pascale @ F | samedi, 26 décembre 2009
Répondre à ce commentaireet y ressemble à Mimile
alors j'ai pensé à l'Hircsh et son ours
et j'ai pleuré
Écrit par : MiaowMiaowMiaow | samedi, 26 décembre 2009
Répondre à ce commentaireQuande je pense à qui était derrière la caméra, je sniffe aussi !
Écrit par : de Pascale @ Miaow | samedi, 26 décembre 2009
Répondre à ce commentairedamned je suis faite
Écrit par : F | samedi, 26 décembre 2009
Répondre à ce commentaireAh? le film est fini?
J'ai pas tout vu, alors je ne dirai rien.
Écrit par : hervé | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hervé | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentairehervé : tu m'avais pourtant dit que tu avais essayé de dormir et que tu n'y étais pas parvenu.
Tu m'as menti.
Tu m'as trahie.
Tu m'as spoiliée !!!
Écrit par : de Pascale @ F @ hervé | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentairequi a dormi ?
devant le plus grand acteur du monde ?
miaowarf
Écrit par : Chat-zo | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Chat-zo | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireeuh non râââââââh
J'l'aimais bien dans The funeral, surtout les scènes où il était allongé dans son cercueil... qu'est-ce qu'il jouait bien les cadavres !
Écrit par : Chat-zo | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireou de serial killer ché pas trop.
Moi c'est quand il fait Cary Grant que je le préfère... un autre quoi.
Enfin l'essentiel c'est qu'il aime bien son papa et sa maman.
Écrit par : de Pascale @ Chat-zo | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireOn croirait toujours qu'on lui a piqué son bouillon quand il était petit
pôv truc machin chose méconnu va !
Écrit par : TeTROP | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentairebon après j'ai cru comprendre que des gens y dorment, que d'autres essaient de pleurer, mais je n'ai aps tout compris ;)
Écrit par : alexandre mathis | dimanche, 27 décembre 2009
Répondre à ce commentaireAlexandre mathis : hélas des gens y dorment, d'autres s'ennuient et moi j'aurais aimé pleurer.
Bref, vivement le prochain. Contente que tu aies adoré l'Homme sans âge. j'en tremble encore. Je vais tâcher de trouver ta note.
Écrit par : de Pascale @ TeTROP @lexandre mathis | lundi, 28 décembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alexandre mathis | lundi, 28 décembre 2009
Répondre à ce commentaire++
Ben
http://www.playlistsociety.fr/2010/01/tetro-de-francis-ford-coppola-910.html
Écrit par : Benjamin F | lundi, 04 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Benjamin F | mardi, 05 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Michèle | mercredi, 06 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Michèle | mercredi, 06 janvier 2010
Répondre à ce commentaireGiuseppe COPPOLA (oui, oui !) était le nom du marchand ambulant du conte d'Hoffmann qui inspirera plus tard le ballet Coppélia ...
Écrit par : BMR | mardi, 19 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ BMR | mardi, 19 janvier 2010
Répondre à ce commentaireL'image est sublime, c'est incontestable, le traitement de l'histoire est très intelligent (beaucoup de symboles, de correspondances, de jeux de miroir...) et l'interprétation est super juste: Maribel Verdu, belle et maternelle, Vincent Gallo, torturé ténébreux, et Alden Ehrenreich, bien que sosie de Léo, campe joliment un chien fou à la gueule d'ange.
Bref, c'é-Tetro-bien! ;)
Écrit par : Mister Loup | mardi, 19 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Mister Loup | mardi, 19 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : valerie | vendredi, 22 janvier 2010
Répondre à ce commentaireJ'aurais aimé pleuré moi.
Faut peut-être que je le revois.
Écrit par : de Pascale @ valerie | vendredi, 22 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire