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Le bel âge de Laurent Perreau***

Le Bel âgeLe Bel âge

Claire pénètre comme par effraction dans une grande maison. Elle entre par la fenêtre, monte à l’étage, semble dérober quelque chose et se cache sous le lit lorsqu’elle entend un bruit. Un vieil homme entre à son tour…

On découvre un peu plus tard que Claire 18 ans, partage cette grande maison qui sent la poussière, les absences et les secrets de famille avec son grand-père.

Alors que le vieillard fait des tentatives d’approche pour comprendre et essayer de « recadrer » la jeune fille qu’il se reproche d’avoir trop laissé livrée à elle-même, celle-ci le repousse toujours.

Le gros reproche que je ferai à ce film subtil et délicat la plupart du temps, c’est de nous présenter les deux univers parallèles des deux personnages de telle sorte qu’ils se croisent peu alors que j'aurais aimé davantage de confrontations. On rêve de leur réconciliation, de leur étreinte…

D’autant que les deux acteurs sont fabuleux. L’ogre Piccoli, toujours le même et encore capable de s'enthousiasmer et de tout donner à un premier film, à la fois protecteur et monstre encore rugissant est vraiment touchant dans sa façon de sentir qu’il est au bout de sa vie et de refuser l’aide, la compassion ou la tendresse. Emouvant aussi lorsqu’il prend conscience de ce qu’il aurait pu apporter à cette jeune fille secrète  qui ne partage rien avec lui, même pas ses victoires en natation, sa passion. Lorsqu'il parle d'elle à un vieil ami retrouvé à l'occasion d'un enterrement, il évoque une relation faite de complicité et d'admiration réciproque.

Quant à Pauline Etienne, déjà fabuleuse dans le très récent « Qu’un seul tienne et les autres suivront », confirme par l’intelligence de ses choix et la profondeur de son interprétation qu’elle n’est pas une actrice/ado interchangeable et surestimée (telle Léa Seydoux) comme on en voit tant. Voir ses joues s’empourprer devant la caméra n’est pas sans évoquer une certaine Juliette !

Elle est au centre du film et de l’histoire, jeune herbe folle sans repère qui cherche à plaire, qui se trompe, joue avec les sentiments d’un garçon qui l’aime vraiment, s’en aperçoit trop tard, provoque, séduit. Son visage s’éclaire ou s’assombrit comme par magie. Une actrice est née.

Dans le rôle de Thomas, l'amoureux perdu, on découvre également un acteur incroyable encore jamais vu, Clément Roussier, très "truffaldien" devrait se faire remarquer par Christophe Honoré

Deux personnages séparés par au moins six décennies, une vie chargée de regrets voire de remords, une autre inquiète et déroutée par l’avenir, finalement réunis par la même histoire et peut-être aussi des sentiments…

Ah, l'année commence bien.

Commentaires

  • Et ce film m'a donné l'occasion d'entendre plusieurs interviews de Piccoli, ce qui est un pur bonheur.

  • Je suis ravie que tu ais été voir ce film qui fait partie de mon top 50... je suis d'accord pour la ressemblance avec Miss B. surtout dans la scène où elle court dans la rue qui n'est pas sans rappeler un partenaire de mauvais sang... Il ne faudrait pas qu'on la cantonne à cette ressemblance, elle semble avoir un univers et une personnalité bien à elle :)
    Et l'élocution (et l'écriture des dialogues... un bonheur d'expression) du (charmant) jeune Clément est un régal pour les tympans...
    Piccoli (et la rencontre avec Aurore) : chapeau bas quoi !

  • Ed : quelle intelligence, quelle vitalité et quelle colère toujours en lui. Cet acteur est un bonheur.

    Fred : oh non la ptite Pauline est bien différente de Juju. La seule comparaison que je faisais était au niveau de ce rougissement que seule Juliette nous avait montré jusque là. Pourvu qu'"on" ne nous la pourrisse pas. Avec Anaïs Demoustier, c'est la plus belle révélation féminine je trouve.
    Michel Piccoco quand il cause, même essouflé : J'ADORE.
    Hélas il ne nous régale que d'un seul éclat de rire tonitruand.
    Et quand il chante,
    et quand il danse,
    et quand il rit.
    Pfiou !
    Encore !
    Quant à Clément... ah la la, j'entendais François, Jean-Pierre et Antoine (Doinel), plus qu'un régal, une régalade !





    A T T E N T I O N S P O I L A D E :
    Sais-tu que j'ai baissé les yeux (je ne sais plus pourquoi...) au moment de l'étreinte... connerie monumentale !!!! Tu peux me la raconter ?

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