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  • CONTRACORRIENTE de Javier Fuentes-Leon **

    Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

    Film en compétition - Pérou

    CONTRACORRIENTE de Javier Fuentes-Leon, festival international du premier film d'annonay 2011CONTRACORRIENTE de Javier Fuentes-Leon, festival international du premier film d'annonay 2011CONTRACORRIENTE de Javier Fuentes-Leon, festival international du premier film d'annonay 2011  

     

    A Cabo Blanco, petit village de pêcheurs péruvien les traditions religieuses imprègnent la vie des habitants. Miguel a une vie bien réglée entre son travail, sa femme Mariela qui va bientôt accoucher et les parties de cartes avec ses copains au café sur la plage. Miguel a aussi un secret inavouable : il entretient une relation homosexuelle avec Santiago qui non seulement est marginal de par sa profession de peintre et photographe mais qui en plus boude la religion. Les deux hommes s'aiment en cachette et se retrouvent régulièrement dans une petite crique paradisiaque où ils peuvent vivre leur relation passionnée à l'abri des regards. Mais Santiago lassé de se cacher et d'assister au bonheur de Miguel qui sera prochainement papa, envisage de partir...

    Difficile de parler de ce film au thème ambitieux voire courageux sans rien révéler d'autant qu'une ambigüité au début du film (que j'espère lever lorsque le réalisateur sera là) m'a empêchée d'entrer en empathie avec Miguel et même de croire à la sincérité de son amour pour Santiago.

    Néanmoins ce film interroge à plus d'un titre : comment des hommes peuvent-ils vivre leur homosexualité dans une société aussi machiste, traditionnaliste, supersticieuse et bigote où chacun est averti des moindres faits et gestes de son voisin ? Comment respecter ses engagements, être honnête envers les siens sans trahir ses sentiments ?

    Les paysages sublimes, la beauté de Santiago, la profondeur des sentiments, la beauté de Santiago, la simplicité de la vie des villageois, la beauté de Santiago, la part de mystère et de trouble distillée par l'arrivée d'un fantôme, la beauté de Santiago... sont les atouts indéniables et non négligeables de ce film.*

    *Vous ai-je mentionné la beauté de Santiago (Manolo Cardona) ? Caliente no ? Si !

     

  • VAN GOGH de Maurice Pialat ****

    Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

    Film présenté dans le cadre de la thématique : "Les artistes à l'écran"

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    Après un long séjour en hôpital psychiatrique, Vincent se rend à Auvers sur Oise sur les recommandations de son frère Théo. Le Docteur Gachet, amateur d'art et ami de nombreux peintres de l'époque prendra soin de lui. Vincent s'installe donc dans une petite chambre au café du village. Il y connaîtra ses dernières amours avec Marguerite la très jeune fille du Docteur, ainsi qu'avec Cathy une prostituée. Il réalisera là la plus grande partie de son oeuvre, s'épuisant littéralement à peindre 70 toiles en deux mois mais ne se sortira jamais de la profonde détresse qui l'habitait. Il finira par se tirer une balle dans le ventre et en mourra deux jours plus tard.

    Pialat s'attache donc ici aux derniers jours de la vie de Vincent mais plutôt que de se concentrer sur la création de l'artiste (qu'on voit très peu peindre) il se focalise sur les relations souvent houleuses, parfois ambigues de Vincent avec toutes les personnes qui partagent ses derniers jours. Homme difficile à comprendre et à secourir Vincent déroute mais aimante tout le monde. Malgré cette attraction qu'il exerçait, personne ne parviendra à l'empêcher de sombrer dans le désespoir. Je pense pouvoir dire que Pialat tenait là son chef d'oeuvre et malgré la noirceur du personnage et sa fin tragique, réussissait un film particulièrement lumineux et parfois même très joyeux. Des dialogues savoureux et une direction d'acteurs remarquable font de certaines scènes des moments extraordinaires de naturel et de vraisemblance comme si on avait pour une fois et comme jamais demandé aux acteurs de faire en sorte d'oublier la caméra. Cette sensation ressentie d'improvisation est difficile à restituer par des mots.

    Quant à Jacques Dutronc qui tenait là LE rôle comme tout acteur doit rêver d'en avoir un seul dans une carrière, il est constamment et absolument exceptionnel, d'une subtilité et d'une présence inouïes.