Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • LA PETITE CHAMBRE de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond **(*)

    Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

    Film en compétition - Suisse Luxembourg

    LA PETITE CHAMBRE de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, michel bouquet, florence loiret caille, festival international du Premier film d'annonay 2011LA PETITE CHAMBRE de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, michel bouquet, florence loiret caille, festival international du Premier film d'annonay 2011

     Edmund est un très vieux monsieur, seul et diabétique qui refuse comme le lui demande son fils qui va bientôt partir s'installer aux Etats-Unis, d'entrer dans une maison de retraite. Rose est une jeune femme, infirmière à domicile qui a donné naissance à un bébé mort-né il y a quelques mois.

    Rose devient l'infirmière d'Edmund. Le vieil homme revêche et renfrogné va dans un premier temps refuser l'aide de Rose puis l'accepter progressivement dès lors qu'il va découvrir qu'il n'est pas seul à souffrir et que vieux ou jeune, chacun peut avoir des blessures qui ne cicatrisent jamais, des chagrins inconsolables.

    Ce premier film comporte certes des maladresses et des points faibles un peu gênants tels que les seconds rôles qui ne parviennent jamais à trouver leur place, telles que certaines répliques trop appuyées ou inutiles. Il est parfois aussi trop explicatif alors que davantage d'élipses et de silence l'auraient vraiment rendu exceptionnel. Cependant il serait malvenu de bouder le charme discret et délicat, la douce musique chaleureuse qui le font vibrer néanmoins.

    Les multiples thèmes évoqués font qu'on s'interroge forcément pendant et après la projection, parce qu'ils nous concerne(ro)nt tous un jour ou l'autre : le deuil, la vieillesse, le soin à prendre de ses parents vieillissants, la maternité, la place de la famille, le couple face aux difficultés... la vie en somme. Et puis surtout, il est porté par deux acteurs qui ont mis leur talent immense au service de leur rôle et de cette histoire : Michel Bouquet, acteur majuscule tendre et bourru, encore sévère et pourtant déjà fragile, et la douce, forte et vibrante Florence Loiret Caille forment le coeur sensible de ce film humain et discret.

  • LE JOUR OÙ JE SUIS TOMBÉE AMOUREUSE POUR TOUJOURS DE

    entrer des mots clefs

    LE CAMERAMAN de Edward Sedwick et Buster Keaton *****

     Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

    Ciné-Concert en partenariat avec "La Presqu'Île", salle de spectacles d'Annonay. L'accordéoniste hors pair et cinéphile passionné Marc Perrone a posé sa musique inventive sur ce chef d'oeuvre du cinéma muet.

    le cameraman, edward sedgwick, buster keaton, marc perrone, festival international du premier film d'annonay 2011

    Luke est photographe dans les rues de New-York. Lors d'une bousculade il aperçoit Sally. Il la prend en photo et en tombe instantanément amoureux ou l'inverse. La jeune fille travaille dans une société qui réalise des films documentaires. Elle encourage Luke à s'acheter une caméra et à postuler auprès de la compagnie. Luke va réaliser un reportage dans Chinatown puis lors d'une régate. Il va dans un premier temps égarer la bobine, puis la retrouver. Il sera la risée des autres reporters professionnels avant de gagner ses galons de cameraman et de finir au bras de la belle.

    Ce qui compte ici n'est pas tant où le personnage se rend et souhaite aller mais la façon dont il s'y prend pour y parvenir. C'est tout simplement GENIAL, et le mot ici n'est pas employé de manière abusive comme souvent. Tout, absolument TOUT ce que fait Buster Keaton tient du génie. Chaque scène, le moindre de ses déplacements est un gag, une occasion de hurler de rire tant ce qu'il réalise tient souvent de la prouesse même s'il ne s'agit que de descendre ou de monter un escalier. Toutes les scènes de ce film sont « anthologiques » et voir ce petit bonhomme évoluer avec souplesse et énergie tient du miracle. C'est constamment inventif, prodigieux, délirant. Luke/Buster, par sa finesse et ses astuces s'impose face aux malabars qui convoitent sa belle. La scène de la piscine est un moment désopilant comme il est rarement donné d'en voir au cinéma.

    Le timing comique délirant de Buster Keaton, la virtuosité inventive de Marc Perrone ont rendu cette soirée de qualité exceptionnelle absolument inoubliable.

    Ma connection quelque peu hésitante et chaotique du jour m'empêche de vous en dire plus et de joindre à ces quelques mots photos et vidéos que j'avais réalisées... mais je n'ai pas dit mon dernier mot !

    18 heures : connection lancée à 100 à l'heure... voici la petite vidéo concotée par mes soins pour vous donner un aperçu :

  • LA TÊTE AILLEURS de Frédéric Pelle ***

    Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

     RENCONTRES DES CINEMAS D'EUROPE à AUBENAS.

    .............................................

    la-tete-ailleurs-bande-annonce-1-francais.jpg1448287_3_f65f_nicolas-abraham-dans-le-film-francais-de.jpg1448288_3_ef97_anais-demoustier-et-nicolas-abraham-dans-le.jpg

    Patrick Perrin est croupier dans le triste Casino de la ville de Rochefort où des joueurs sans enthousiasme viennent perdre quelques francs. Nous sommes au début des années 90 et Patrick n'entend pas moisir éternellement dans sa morne vie. Il annonce à qui veut l'entendre qu'il va partir, très loin et très longtemps. Il met d'ailleurs au point avec son médecin traitant un programme de vaccinations qui lui permettra le moment venu d'être protégé pour n'importe quelle destination du bout du monde. Il s'achète une valise rouge, premier accessoire indispensable, puis un couteau pour « éplucher un fruit ou couper une corde » on ne sait jamais... et enfin une tenue de baroudeur, mi Indiana Jones, mi séducteur aventurier.

    Comment à partir d'un argument si mince, si peu glamour, réussir un film tellement attachant, drôle et émouvant ? Ce genre de « petit » film prodige est un mystère car tout y est simple et pourtant il vous saisit et vous transporte pour vous mener là où l'on ne s'attendait pas du tout aller. De la vie monotone d'un garçon pas immédiatement séduisant qui a des rêves trop grands pour lui, une imagination démesurée et incontrôlable Frédéric Pelle tire une histoire à la fois burlesque, touchante qu'il conclut de façon fantastique à plus d'un titre... Obnubilé par son projet, Patrick fait des rencontres comme s'il séduisait malgré lui, malgré cette espèce d'absence au monde et aux autres qui le rend distant et indolent. Il passe totalement à côté d'éventuels amis et surtout d'un véritable amour qu'il a pourtant lui-même provoqué. Les années passent sans que rien n'ait réellement de prise sur lui. Régulièrement il se rend seul sur la plage et fixe l'horizon qui l'appelle et le retient. A combien d'inertie faudra-t'il se heurter avant que cet être lunaire se trouve enfin « chez lui » ?

    Patrick est interprété par un acteur étonnant au charme insensé qui n'est pas sans rappeler un certain Jean-Pierre Léaud. Ce n'est pas rien et j'ai très hâte de le retrouver dans de nouveaux films. L'étendue de son jeu dans "La tête ailleurs" démontre qu'il est capable de beaucoup surprendre.

    ....................................

    P2020002.JPG

    A l'issue de la projection, Frédéric Pelle a évoqué avec le public ce premier long qu'il a réalisé après 6 courts métrages. Son souhait était d'adapter un roman et c'est une libraire qui lui a fait découvrir un petit livre de Laurent Graff (avec qui il a partagé l'adaptation) intitulé "Voyages, voyages". Les critères étaient que le futur film n'exige pas un budget trop conséquent mais aussi que le rôle principal puisse être tenu par Nicolas Abraham ami de longue date qui a d'ailleurs participé à tous les courts métrages du réalisateur.

    Frédéric Pelle, séduit par l'histoire de Patrick a néanmoins tout de suite vu les dangers inhérents à une histoire aussi minimaliste, qui ne développe pratiquement d'intrigue et qui suit un anti-héros, un personnage peu séduisant, peu charismatique et flamboyant. Il se demandait aussi comment traiter du temps qui passe en se concentrant uniquement sur la bulle dans laquelle vit le personnage principal ?

    Une autre motivation du réalisateur et l'un des aspects important pour lui en général, est de parvenir à rendre intéressant un être a priori insignifiant. Même si la vie n'est pas spectaculaire, l'imaginaire peut être grand et cela peut être infiniment cinématographique. Le livre comme le film fonctionnent de la même façon. La fantaisie et l'humour du personnage singulier rendent l'atmosphère légère, mais la dernière partie du film se met à délivrer une charge émotionnelle très forte et vraiment bienvenue. 

    Malgré les rêves de voyages incessants du personnage et les revues qu'il accumule régulièrement, le film ne parle pas de tourisme mais de questions existentielles qui assaillent Patrick sans qu'au fond il le sache réellement. C'est un être qui vit dans le rêve et jamais dans l'action. Son attitude est entièrement tournée vers l'imaginaire. Il est un rebelle à sa façon car il conserve toujours une réelle opacité jusqu'à découvrir da façon assez brutale, comme il arrive parfois, que le rêve est plus important que sa réalisation...

    Au vu du résultat final et de la qualité de ce film surprenant, on peut affirmer que Frédéric Pelle a déjoué tous les pièges qui l'inquiétaient.