12.05.2011
MIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen ****(*)



C'était quand la dernière fois que vous êtes sortis d'une salle de cinéma avec des ailes, léger comme une paillette cannoise ? Moi c'était hier, malgré tout. Il faut dire que Woody a mis le paquet pour nous emporter loin comme il sait parfois le faire, à condition bien sûr de se laisser embarquer sans condition ni résistance. Et si comme moi, vous ne savez strictement rien des méandres où plonge ce film avant d'entrer en salle, j'imagine que le plaisir déjà considérable peut être décuplé.
Les cinq premières minutes du film s'étalent comme un dépliant touristique où l'on pourrait s'inquiéter à penser que Woody est tombé dans le piège d'un Paris de carte postale idyllique et irréaliste. Sur un thème de Sidney Bechet d'une mélancolie à tomber, nous visitons donc Paris en long en large et en travers où ne traîne aucun papier gras et en évitant soigneusement Barbès et le XIIIème (entre autre). Et finalement les barrières, l'appréhension et la méfiance s'effondrent car Paris, c'est aussi ça, cette ville magique et intemporelle avec ses pavés, ses toitures grises, ses escaliers, ses jardins, ses ponts, ses monuments célèbres, ses grandes avenues, ses petits marchés, ses squares, ses musées. Et l'on comprend à quelle déclaration d'amour inconditionnel le réalisateur va se livrer en faisant de la capitale un personnage où son imagination, sa folie et son inspiration vont pouvoir se manifester en mode majeur. Il va nous précipiter dans un rêve insensé et délicieux où l'imaginaire et les phantasmes les plus fous peuvent enfin se réaliser. Un songe, une rêverie, un idéal de cinéma que seul le 7ème art et un réalisateur de génie (j'emploie ce mot dans tout son sens) peuvent permettre et procurer.
Woody Allen, au sommet, qui doute encore pourtant d'avoir jamais réalisé un GRAND film nous comble avec cette sucrerie dorée, subtile et profonde, drôle et mélancolique, cruelle et généreuse dont on sort le coeur allégé de toute peine et plein d'espoir. Woody laisse encore percevoir que le cinéma est un puits sans fond où l'inspiration et la fantaisie sont reines et dans lequel tout est possible, sans limite !
Mais revenons-en un peu à notre histoire ! Dès les premières scènes qui mettent en présence Inez et Gil jeune couple d'américains en vacances à Paris avec les parents de la belle et qui doivent officialiser prochainement... on sent bien que rien ne colle entre eux. Alors qu'Inez, fille à papa et maman, bourgeoise, oisive et matérialiste s'imagine déjà dans sa villa à Malibu avec son scénariste à succès de mari, Gil quant à lui bohême, intellectuel et sentimental ne rêve que de simplicité et d'une vie sous les toits avec vue sur le ciel et pourquoi pas à Paris. Elle a hâte de s'installer à nouveau sur une plage californienne, il trouve que Paris est encore plus beau sous la pluie où il aime se perdre dans les rues. Elle affirme qu'il est plus crédible en scénariste, activité lucrative, il aimerait que le roman qu'il a écrit soit publié... Gil a de toute façon peu voix au chapitre et aucun de ses souhaits n'est pris en compte par sa fiancée comme par ses parents qui le méprisent ouvertement et auraient préféré un autre parti pour leur fille. Justement, la rencontre avec des amis américains va faire que providentiellement Gil et Inez vont découvrir Paris chacun à leur façon et de leur côté. Pour notre plus grand bonheur.
Et Paris de devenir sous nos yeux émerveillés, le lieu de tous les possibles où la nostalgie, les rêves, les illusions, le passé, le présent et l'avenir s'entremêlent pour aboutir au constat vivifiant, réconfortant et exaltant qu'on peut s'enrichir du passé pour marcher vers un avenir peut-être prodigieux.
Toute la magie d'une ville et d'une histoire devant la caméra d'un réalisateur particulièrement inspiré qui, en évoquant le subterfuge de "La rose pourpre du Caire" (autre chef-d'oeuvre de Woody) dont tout cinéphile a rêvé, nous égare et nous transporte (dans tous les sens du terme) pendant 90 minutes dans un songe enchanteur.
C'est éblouissant, brillant, raffiné, c'est drôle, bavard et ironique, tout à la fois et plus que cela encore. Owen Wilson, nouveau venu chez Woody Allen, s'empare magistralement de l'univers, du phrasé, de la démarche même (mains dans les poches) de Woody qui ne peut (hélas) plus interpréter les personnages de ses rôles et possède ce qu'il faut de séduction, d'humour et d'élégance pour être absolument convaincant.
Je vous laisse le bonheur de découvrir le reste du casting sans rien vous révéler de l'histoire et aller ainsi de surprise en émerveillement. 
Et que celle qui prétend à tort que je raconte TOUJOURS la fin des films sache que je n'en dis strictement rien ici.
12:08 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : midnight in paris de woody allen, rachel mcadams, owen wilson, kathie bates, marion cotillard, michael sheen; cinéma

Commentaires
Écrit par : La Pyrénéenne | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 12.05.2011
Répondre à ce commentaire(Ton article est parfait : ni trop, ni trop peu.
Et sans doute va-t-il envoyer fissa JordanePap' au cinéma !)
:)
Écrit par : MariePap' | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireAifelle : t'as intérêt spice de courge ! Et oh, faudrait te créer un beau gravatar pour que ça fasse plus joli dans mes comms ! http://www.gravatar.com/
Écrit par : @ La Pyrénéenne @ Aifelle | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireJe fais dans la juste bonne mesure ? C'est fou ça !
Et pourquoi donc, tu ne l'as pas traîné avec toi ?
Il est encore tombé amoureux d'une brune sans coeur ?
Écrit par : @ Marie Pap' | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nath | 12.05.2011
Répondre à ce commentairePour les brunettes sans coeur, sais pô, crois pô, espère pô.
(et j'ai même pas vu Titeuf !)
Écrit par : MariePap' | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireMariePap" : j'ai pas vu et ne verrai pas Titeuf. C'est grave ?
Ah t'es pas en perm" à Nantes ??? Tu les fais où tes 400 coups ?
Écrit par : @ Nath @ MariePap" | 12.05.2011
Répondre à ce commentairewaou c'est beau !
J'aime ce que fait Woody Allen alors au vu de ton billet ultra **** j'y cours !
Bises (tu es donc à Cannes ... quelle chance !)
Écrit par : Didi | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireEn fait, je fais pareil avec les revues de ciné, et les 4èmes de couvertures des livres. J'aime bien me faire ma propre opinion, avoir ma propre surprise, sans qu'on me dise du tout ce que je vais découvrir.
Écrit par : Ed | 12.05.2011
Répondre à ce commentairetu vas batailler avec le gardien du Panop' pour inclure tes 5 *
Bon, rien qu'à l'idée de croiser Owen dans les rues de Paris, je vais me laisser tenter malgré mon désamour Allenien
Écrit par : FredMJG/Frederique | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireEd : JAMAIS la fin.
Fred : pourquoi tu le désaimes ? Il a eu une ptite baisse de régime mais il s'est rattrapé avec Match Point ((entre autre) non ? Et puis tu as raison, Owem marche très bien dans les rues !
Écrit par : @ Didi @ Ed @ Fred | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ralph McReiss | 13.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ralph McReiss | 13.05.2011
Répondre à ce commentaireHé, vous arrêtez, les filles ?!
Bon, sinon, il est bien le film ?... il sort des fois les mains de ses poches, Owen, ou pas ?
Ne me parlez plus jamais de brunes. OK ?
Écrit par : Jordane | 14.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : FredMJG | 14.05.2011
Répondre à ce commentaireTant pis pour le s, on s'en fout !
Jordane : nan ! t'as enfin compris que les blondes, c'est doux, c'est chaud, c'est fidèle, aimable, aimante et tout !
Owen ne sort JAMAIS les mains de ses poches ! Pour quoi faire t'façon ?
Fred : hein ??? Owen met les mains dans ses poches pour se les gratter ?
Écrit par : @ Ralph @ Jordane @ Fred | 14.05.2011
Répondre à ce commentaireLui seul, SAIT de quoi je cause.
Écrit par : FredMJG | 15.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Fred | 15.05.2011
Répondre à ce commentairePS. Au fait tu vis en Lorraine ? (cc @Jordane)
Écrit par : FredMJG | 15.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jordane | 15.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : MariePap' | 16.05.2011
Répondre à ce commentaireEt finalement c'est REnnes.
C'est dingue !
Écrit par : @Marie-Pap" | 16.05.2011
Répondre à ce commentaireLe tour du Grand Ouest en 80 secondes !
Écrit par : Marie-Pap' | 17.05.2011
Répondre à ce commentaireà revoir tout de suite d'urgence !!!!
Écrit par : Nico2312 | 23.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Nico2312 | 23.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Max | 28.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | 29.05.2011
Répondre à ce commentaireEd : arrête je dois être la SEULE au monde à ne pas dire ce qui arrive au héros !!! Mais il fallait bien que je me la joue en faisant référence à la Rose Pourpre qui reste un des sommets alleniens en ce qui me concerne, mais qui finalement pouvait enduire d'erreur.
Écrit par : @ Max @ Ed | 29.05.2011
Répondre à ce commentaireEn revanche, APRES, j'adore savoir ce qu'untel ou l'autre ont aimé ou détesté.
Écrit par : Ed | 29.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @ Ed | 29.05.2011
Répondre à ce commentaireJe t'ai TOUJOURS dit que la pluie était romantique :)
Écrit par : Frantz | 25.07.2011
Répondre à ce commentairesurtout quand je ne suis pas dessous :-)
Il fait du bien ce film n'est-ce pas ?
Écrit par : @Frantz | 26.07.2011
Répondre à ce commentaireLet's see Midnight in NYC :)
Écrit par : Frantz | 27.07.2011
Répondre à ce commentaireOublie tout.
Profite des trois chéris :-)
La vie va...
Écrit par : @Frantz | 27.07.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : corine | 08.01.2012
Répondre à ce commentaireIl y a de la magie dans ce film, Paris magnifiquement filmé, c'est drôle et envoûtant.
Alors ce soir vers minuit je traînerai mes guêtres près de notre vieille cathédrale de Senlis.
Envie de rencontrer Louise Brooks...
Écrit par : amadeus526 | 13.05.2012
Répondre à ce commentaireEt oui, grand film !
Écrit par : @madeus526 | 13.05.2012
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire