30.06.2011
NI A VENDRE NI A LOUER de Pascal Rabaté **



Tenter de résumer ce film me fatigue alors je vous en propose le synopsis officiel : c'est enfin le week-end, un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Ce week-end-là, deux retraités se rendent dans leur résidence secondaire, une maisonnette aussi vaste qu’un timbre poste, et croisent un couple de punks ayant pour gîte une maison dessinée sur le sable d’une plage. Plus loin, deux imposteurs vêtus d’orange et de vert se mettent au golf non loin d’une procession funéraire. Au même moment, un représentant en parapluies a rendez-vous avec une maîtresse sado-maso dans un hôtel du bord de mer où séjournent deux couples dont l’existence sera chamboulée par un cerf-volant perdu. Il est aussi question d’étudiants des beaux arts, de voitures de sport, de voitures sans permis, de voitures de golf, de voitures volées, de caravane, de toile de tente, de lecteur de code-barres, de cadre photo décoré de coquillages et de tempête nocturne. Un week-end où les destins, les classes sociales, les générations, les sentiments, les douleurs comme les joies, se croisent. Un week-end à la mer, en somme.
Ce que j'en pense :
après les délicieux Petits Ruisseaux, Pascal Rabaté confirme qu'il aime les petites voitures ridicules. Et ici une galerie de plus ou moins "beaufs" bien typés et caricaturaux se croisent sans se voir dans une petite cité balnéaire au bord de l'océan (qu'hélas on voit trop peu !). Et c'est drôle parfois, original aussi et burlesque. C'est muet et ça marmomme, du coup ça fait penser à Jacques Tati. La musique est youplaboum, plein de personnages ne pensent qu'à baiser, les couleurs châtoient et du coup ça fait penser à Emir Kusturica (du temps où il était drôle !). Les cadres sont parfois bien jolis et bien travaillés et c'est donc plaisant à regarder. Et puis le casting est en or massif : Jacques Gambling, Maria de Medeiros, François Damiens, François Morel, Marie Krémer, Arsène Mosca, Chantal Neuwirth (la plus émouvante)...
Mon gag préféré ? La fabrication des codes barres ! J'en pouffe encore !
Un film sitôt vu, sitôt oublié qui ne fait pas de mal mais qui fait du bien alors franchement de quoi se plaint-on !

Commentaires
Je pose la question
De quoi ?
Écrit par : FredMJG | 30.06.2011
Répondre à ce commentaireDe quoi donc ?
Écrit par : @Fred | 30.06.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | 30.06.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @ Ed | 30.06.2011
Répondre à ce commentairec'est beau, les Pays de Loire, hein ? :)
Écrit par : Jordane | 03.07.2011
Répondre à ce commentaireLa vie est dingue !
Écrit par : @Jordane | 03.07.2011
Répondre à ce commentaireQuid de Tati ? En plus ? Du sexe et pas du plus appétissant. En moins ? Tout.
A l'exception de quelques gags plus ou moins prévisibles mais effectivement drôles, une vision dérangeante et caricaturale d'une humanité ridicule, stupide, affligeante.
Celle de nos villes, de nos connaissances, de notre quotidien, le trait incisif et noir en plus. Une humanité au bord du gouffre, enfoncée dans son absence d'espoir, sa solitude sans fond, une médiocrité qui atteint la déchéance la plus abjecte.
Le sexe voire le sadomasochisme a remplacé l'amour, la connerie a éliminé toute étincelle lumineuse d'intelligence, les tatouages et piercings ont supplanté Rembrandt et Monet.
Du propriétaire ahuri de magasin en faillite au croque-mort atteint d'un hoquet irrépressible et incapable de fermer le cercueil d'un mort trop grand ce n'est pas le comique qui dérange. On venait pour cela. Plutôt un sentiment d'être en milieu de connaissance, de regarder une humanité à la dérive, une société où le dérisoire tient lieu de quotidien, le ridicule de paraitre, la bêtise de ligne d'horizon.
Les concerts de pop-rock-electro-rap et autre dénomination pour oublier Schubert et Beethoven, devant un parterre d'enfants incrédules puis de papies-mamies gâteux illustrent l'insignifiance et le grotesque d'une époque ou génie rime avec minable et espoir avec solitude.
A la fin de la séance le silence dans la salle relevait autant de la gêne de s'être vu crûment dans la glace que de la tristesse de l'absence de solution. Les lendemains qui chantent relèvent de la volonté et de l'espoir. Rabaté a filmé une humanité désespérée et désespérante. Celle d'aujourd'hui.
Écrit par : Monestel | 10.07.2011
Répondre à ce commentaireLes concerts... pour oublier Beethoven et Schubert ?
Quid de Mozart et Picasso ??
Excuse-moi mais j'ai bien ri !
Écrit par : @Monestel | 10.07.2011
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire