12/04/2012
NANA de Valérie Massadian ****



Nana a 4 ans et elle assiste sans broncher avec deux autres enfants à l'abattage d'un cochon dans une ferme. Puis elle accompagne son grand-père dans une promenade à travers champs et forêt. Enfin, elle rentre chez elle avec sa mère dans une maison isolée en pleins bois. Un jour, sans doute après l'école, Nana se retrouve seule dans la maison, plusieurs jours peut-être...
Ce conte cruel et impressionnant nous propose d'accompagner pendant un peu plus d'une heure une toute petite fille incroyable qui va devoir comme une grande faire face sans faiblir à tout ce qui peut arriver à un enfant si petit laissé seul. Pendant une heure, quasiment en apnée, le spectateur est plus terrifié que l'enfant. Nana s'occupe, prend un livre, détache avec obstination un lapin mort pris dans un collet, rassemble ses jouets sur une nappe, sur un canapé. Elle bougonne, raconte, soupire, s'habille toute seule comme une grande. Même lorsque sa mère est là, elle n'obtient aucune aide pour couper sa viande. On a envie de secouer la mère, une jeune femme perdue, triste, inconsciente. On ne saura rien d'elle que ce mot laissé à son père qui en dit si peu et si long... : "répare le portail. Signé : ta fille". On a envie de prendre Nana dans ses bras et on ne peut qu'assister inquiet à tous les dangers auxquels elle s'expose sans pleurer jamais.
Etrange et magnifique film qui explore l'enfance d'une bien curieuse façon. La réalisatrice semble nous dire qu'un enfant est un combattant et que rien ne peut lui arriver. Il faut dire que sa fabuleuse interprète Kelyna Lecomte accomplit des miracles en étant seule à l'écran pratiquement tout le temps avec une force et une présence impressionnantes. De très longs et magnifiques plans séquences fixes permettent à Nana de s'exprimer et nous en foutre sacrément plein la vue. On y retrouve "Ponette" pour la dureté des épreuves qu'elle endure, mais aussi la petite Paulette de "Jeux interdits" pour sa façon insouciante d'appréhender la mort à travers celle des animaux. Quand enfin, on voit Nana exploser de rire grâce à un jeu stupide, on se dit que vraiment l'enfance a raison de tout et n'a peur de rien.
08:10 Publié dans 2 **** INDISPENSABLE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : nana de valérie massadian, kelyna lecomte, cinéma


Commentaires
Écrit par : Jordane | 13/04/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Jordane | 13/04/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : jane | 13/04/2012
Répondre à ce commentaireMoi aussi quand les enfants souffrent je deviens marteau.
Je n'ai JAMAIS pu revoir "Le cahier"... alors que je l'ai en DVD. Et je cherche tout le temps à avoir de ses nouvelles sur internet, mais RIEN...
Tu verras, tes moutards ne risquent rien. C'est une combattante la Nana !
Écrit par : @jane | 13/04/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : uiop | 15/04/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @uiop | 16/04/2012
Répondre à ce commentaire1. la mise en scène est formidable, que des plans fixes il me semble, mais qui embarquent loin , loin, loin
2. la petite fille est adorable, j'avais envie de lui faire des bisous et de lui expliquer plein de trucs tellemnt qu'elle a l'air de déjà tout comprendre.
3. euh... rien, faut le voir, c'est tout.
Écrit par : Florence | 19/04/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Florence | 19/04/2012
Répondre à ce commentairemerci des quelques renseignements qui pourront m'être donnés.
Écrit par : bernadette18 | 01/09/2012
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