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LES RAYURES DU ZÈBRE de Benoît Mariage ***

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José est chargé de repérer de jeunes talents du ballon rond en Afrique.

Lorsqu'il rencontre Yaya, jeune ivoirien sdf et vaguement délinquant, il lui promet une grande carrière de joueur professionnel. Il le ramène en Belgique où, c'est le moins que l'on puisse dire, la vie du jeune homme va être bouleversée.

Le titre et l'affiche ne m'inspiraient guère. Sans compter que l'idée de voir des garçons chahuter autour d'un ballon : non merci. Et puis, ma douce moitié m'a convaincue, et puis Benoît Poelvoorde... Et je ne regrette pas. Je pensais au moins rire, mais j'ai pleuré. Et au cinéma, j'aime pleurer. D'abord, que ceux qui comme moi exècre ce sport dans ce qu'il a de plus obscène, le déferlement de haine et de racisme des supporters, les sommes indécentes, les pseudos circonstances de grande réconciliation patriotique... et j'en oublie.

D'ailleurs j'en profite de "parler sports" pour vous dire que dans la mesure du possible je ferai tout pour boycotter Sotchi et ses jeux de la honte. Je dis bien dans la mesure du possible car je sais à quel point pendant quinze jours, même pour moi qui écoute plus la radio que je ne regarde la télé, je serai agressée régulièrement par les résultats de performances de personnes dont je n'ai que faire, dont on n'a jamais entendu parler et dont on ne parlera plus dans trois semaines ! Ouf c'est dit.
Revenons en au film.

Je disais donc aux anti-foots de ne pas fuir ce film car même s'il suit les tribulations d'un agent et d'un footballeur recruté sur place en Côte d'Ivoire, il doit y avoir environ 5 minutes de foot au total dans le film. C'est donc tout à fait supportable. Le foot n'est ici qu'un prétexte pour traiter de thèmes beaucoup plus profonds tels que le contraste toujours aussi impressionnant entre l'abondance au nord et la misère au sud. L'arrogance des européens toujours prêts à ressortir leur casque colonial et leur short beige et l'obstination des africains à vouloir trouver un ailleurs meilleur.

Les clichés s'accumulent dans la première partie et Benoît Poelvoorde qui a repris un fort accent pour l'occasion, joue à fond de son rôle de beauf primaire avec panse à bière et dédain affiché pour les ivoiriens et surtout les ivoiriennes qu'il "consomme" comme une denrée périssable. Mais on sentait bien que le réalisateur forçait le trait pour nous amener vers une seconde partie en Belgique bien plus subtile et grave. Le désarroi du jeune Yaya, sa brusque ascension mais aussi les intérêts en jeu qui font fi de la santé ou de la personne humaine en général sont relatés sans emphase ni pathos. En filigrane du parcours de Yaya, les tourments de la paternité ratée puis revendiquée et enfin assumée de José, offrent à Benoît Poelvoorde, acteur supra sensible,  las et désenchanté, l'occasion d'une nouvelle performance d'une rare subtilité.

P.S. : dans le formidable Les convoyeurs attendent, nous avions "nonobstant"... ici nous avons... mince j'ai oublié... Désolée, mais promis, si je retrouve, je vous dis.

Commentaires

  • J'aurai pu écrire exactement la même chose que toi sur le ballon rond et le sport, mais voilà .. Benoît Poelvoorde ! (je t'ai dit que je l'avais croisé à Paris, il y a quelque temps ? il y a une prestance incroyable). Donc, j'irai.

  • Tu as raison.
    Je l'ai côtoyé à un festival... il était pas en forme...

  • Un très joli film, qui dit sans doute des choses très vraies.
    Le retour au village m'a mis une boule au ventre.

    "Merci de tout ce que vous avez fait pour lui"...

  • Oh oui je crois que ça doit être même loin de la vérité... Les pauvres joueurs qui ne font plus l'affaire une fois en Europe sont abandonnés.
    Le retour au village oui, c'est triste. J'ai failli pleurer aussi.

  • J'ai boycotté la cérémonie d'ouverture en remplaçant un collègue malade à la commission permanente du conseil d'administration de mon boulot ! J'ai d'ailleurs remercié ma proviseure d'avoir mis la réunion à cette heure-là, ça faisait dix personnes de moins devant les écrans.
    Le sport ça me file de plus en plus la gerbe, et ton film, là, il va me faire chialer en plus !

  • Je sais même pas quand ça avait lieu la cérémonie.

    Ce film parle plus de rapports humains que de sport... et oui, il fait pleurer. Mais c'est bon de pleurer au cinéma.

  • Le sport, les sportifs, les supporters...
    tout ça me file de l'urticaire GEANT !

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