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LOUISE EN HIVER

de Jean-François Laguionie ***(*)

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Synopsis : À la fin de l'été, Louise voit le dernier train de la saison, qui dessert la petite station balnéaire de Biligen, partir sans elle. La ville est désertée. Le temps rapidement se dégrade, les grandes marées d'équinoxe surviennent condamnant maintenant électricité et moyens de communication.

Fragile et coquette, bien moins armée que Robinson, Louise ne devrait pas survivre à l'hiver. Mais elle n'a pas peur et considère son abandon comme un pari. Elle va apprivoiser les éléments naturels et la solitude. Ses souvenirs profitent de l'occasion pour s'inviter dans l'aventure.
Cela pourrait être infiniment triste voire insupportable de voir et entendre cette vieille dame qui ne cesse de répéter "ils vont s'apercevoir de mon absence. Ils vont venir me chercher". Or personne ne vient. On ne sait pas réellement qui est ce "ils" qui ne se manifeste d'ailleurs pas. Mais finalement, même si on s'interroge face à cette solitude, on finit par ne plus être triste pour Louise, même si on commence par avoir très peur pour elle. Mais elle va se découvrir des talents insoupçonnés en bricolage et en débrouille pour survivre.

Elle décide de quitter l'appartement qu'elle juge trop humide et se construit une cabane directement sur la plage et organise ses journées entre la pêche, les courses au supermarché dans lequel elle entre par effraction et ses longues promenades. Sa rencontre avec un vieux chien aussi abandonné qu'elle, et qu'elle appellera Pépère, accompagnera ses journées chargées en rituels.

Le plus drôle est sa douche froide matinale sur la plage.  Et ça amuse beaucoup Louise, toujours facétieuse et optimiste d'être nue au Club Mickey face au Grand Hôtel. Les saisons passent et Louise comprend que personne ne viendra jamais plus la chercher, elle s'habitue, s'installe. Elle est chez elle. Parfois un petit coup de blues la tourmente, alors, avec sa pelle ou son balai, elle écrit en grand sur le sable : "POURQUOI ?" Mais souvent ce sont les souvenirs qui lui tiennent compagnie. Imagine-t-on qu'une aussi vieille dame a pu être une petite fille espiègle, abandonnée par sa mère ? Ou qu'elle a plus tard été une jeune fille amoureuse, parfois cruelle avec ses amoureux ? Pour conter les périodes marquantes, les étapes de sa vie, pas besoin de discours, juste quelques saynètes pour illustrer et l'on comprend. Et l'on est assailli par des questions existentielles sur la vieillesse et la solitude, le flottement de la vie, l'aspect fugace et provisoire de l'existence. Terrible.

Le réalisateur semble équipé d'un pinceau d'une infinie douceur. Aucune couleur criarde, tous les tons sont pastels. Si la ville de Biligen est fictive, je m'y suis sentie comme chez moi, sur une plage du Nord, voire au pied des falaises d'Etretat (excepté le temps, continuellement au beau fixe même en plein hiver...) avec ses couleurs changeantes à chaque heure du jour. Louise les apprécie d'ailleurs à leur juste valeur en disant qu'elles sont là rien que pour elle. Le cri des goélands encore plus bruyants que les vacanciers qui reviendront l'été suivant sans même remarquer sa présence. Louise, désormais chez elle aura du mal à accepter ce retour en masse, brutal, et finalement s'en accommodera.

C'est Catherine Frot qui prête sa voix à Louise. Et je mets quiconque au défi de reconnaître la moindre intonation de l'actrice. Le timbre convient parfaitement à l'ensemble d'une douceur exceptionnelle. C'est de l'art animé, de la peinture animée. Magnifique.

Commentaires

  • Ne dis pas de mal du climat d'Etretat s'il-te-plaît !! Je compte y aller bien sûr, je serais surprise de ne pas aimer.

  • Je ne dirai jamais de mal de cet endroit... Au contraire.
    C'est IMPOSSIBLE que tu n'aimes pas.

  • Je pense que c'est un bon film pour moi en ce moment !

  • Tu as finalement trouvé une cabane sur la plage et un chien pépère ?

Les commentaires sont fermés.