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LE CHANTEUR DE GAZA

de Hany Abu-Assad ***

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Avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah

Ce film raconte l'histoire vraie de Mohamed Assaf jeune homme de Gaza dont la passion pour le chant le conduit à participer et à remporter l'édition 2013 de l'émission de téléréalité Arab Idol, l'équivalent de notre La France a un incroyable talent (je crois).

La particularité de cette success story tient au fait que Mohamed est palestinien et qu'il vit dans le territoire occupé que l'on connaît sous l'appellation Bande de Gaza dont les habitants sont des réfugiés, coincés entre Israël et l'Egypte. Pour faire vite. Je serais bien incapable d'évoquer ce conflit d'une complexité sans nom, qui dure depuis des décennies et ébranle parfois la stabilité du monde. Qu'on accorde pas aux palestiniens ce territoire d'une largeur de 6 à 12 km et d'une superficie de 360 km2, qu'ils revendiquent, est pour moi, esprit simple, simpliste, simplet, une énigme sans nom ! Mais les hommes aiment faire la guerre, c'est un fait, sinon ils s'ennuient. Je pense toujours quand je pense à Gaza et à d'autres endroits de la Planète, à la chanson de Nino Ferrer Le sud, et à ce passage en particulier :

"Un jour ou l'autre il faudra qu'il y ait la guerre
On le sait bien
On n'aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c'est le destin"

Fin de la parenthèse.

L'intérêt du film tient essentiellement je trouve, à son contexte politique, sa situation géographique. Et le réalisateur nous offre une vision démente de la ville de Gaza, comme on en voit jamais. Dès lors que Mohamed réussit à passer clandestinement en Egypte où ont lieu les auditions, le film est sympa, plaisant alors qu'avant il était vraiment passionnant. On ne ressent pas les difficultés qu'il a rencontrées pour passer la frontière (merci Wikipédia) et se retrouver seul dans un pays inconnu avec pour seul bagage : sa voix. Mais si le film perd en intensité dramatique, il n'en est pas moins intéressant. Mohamed réussit miraculeusement à obtenir le fameux sésame "bleu" qui lui permet de participer aux auditions et dès lors qu'il franchit les différentes étapes, devient l'emblème, le porte-parole de Gaza ville meurtrie de la Palestine, Etat inexistant. Et c'est beaucoup de responsabilités sur ses frêles épaules. De garçon qui veut simplement chanter, pour faire honneur à sa sœur (jumelle je pense) qui lui voue une admiration sans borne, il devient la voix d'un peuple et sa fierté. Malgré cette partie un peu faible, il est difficile de ne pas avoir envie de se lever lorsqu'un peuple tout entier acclame son héros !

Mais la première partie, heureusement plus longue que la seconde est une immersion totale dans Gaza. Le réalisateur s'attarde sur l'enfance de Mohamed au cours de laquelle il forme avec sa sœur adorée et deux amis, un groupe musical obstiné et terriblement attachant. Les quatre enfants (bien meilleurs acteurs que les adultes qui leur succèdent) sont formidables. Ils vont à l'école, sont de bons élèves et passent leur temps libre à faire de la musique en utilisant des bidons, des casseroles, des boîtes pour accompagner Mohamed qui dès l'enfance, chante admirablement. Ils gagnent quelques sous en animant des mariages, en vendant le produit de leur pêche. On dirait presque une ville "normale", une VIE normale. Et les enfants ont cette capacité surhumaine de survivre à tout, de s'adapter à toutes les situations. Je ne vous parle pas du destin de la sœur Nour, mais la petite qui l'interprète est EXCEPTIONNELLE.

Les ruines, les immeubles éventrés nous rappellent où l'on est. Pourtant aucun bruit de bombe ou de moteurs d'avion qui survolent la ville n'apparaîtront ici. Le réalisateur a la finesse de ne pas jouer du pathos et du misérabilisme, même si le style et les conditions de vie sont incroyables, si des adultes sans scrupules rackettent les enfants...

Et une fois de plus, ayant échappé au pire dimanche... on se dit qu'il fait bon vivre sous nos latitudes vous ne trouvez pas ?

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