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UNE FAMILLE HEUREUSE

de Nana et Simon ***

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Avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava

Synopsis : Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu'à ce qu'à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule.

Et Manana ne fait pas qu'annoncer son départ. Elle part véritablement, sans tambour ni trompettes. Elle a tout organisé, choisi son appartement.

Stupeur générale.

Entassée depuis des années sans doute dans cet appartement trop petit, cette famille se pensait unie au point que personne ne pouvait la quitter. Malgré les cris, les tentatives d'intimidation, les appels que Manana recevra pour revenir, elle reste inflexible. Participe parfois aux réunions de famille organisées comme des pièges pour la faire revenir, mais elle ne cède pas.

J'ai d'abord eu envie de la secouer cette femme si douce, si discrète et pourtant si déterminée. Pourquoi ne s'explique-t-elle pas une bonne fois pour toutes ? Pourquoi ne donne-t-elle pas ses raisons à cette famille qui s'interroge et ne comprend pas ? Et puis j'ai fini par la comprendre et l'approuver à 200 %. A quoi bon s'expliquer avec ces gens égoïstes qui vocifèrent constamment et pensent que la dévotion de Manana leur est acquise à tout jamais. Elle leur a consacré sa vie jusque là. A présent, elle n'aspire à rien d'autre qu'au calme d'un endroit à elle, rien qu'à elle où elle peut écouter sa musique classique, faire mal sa cuisine, lire, planter des tomates sur son balcon, jouer tranquillement de la guitare et chanter comme au temps de la jeunesse et tenter parfois de rassurer sa fille perdue dont on voit qu'elle crève d'envie de lui dire : "ne fais pas les mêmes conneries que moi, ne te laisse pas enfermer dans un mariage et une maternité aliénants ou insatisfaisants".

Entre une mère acariâtre et grincheuse, véritable reproche ambulant, un père mutique, une fille mariée dont la seule ambition est de procréer, un fils glandeur scotché à son ordinateur et un mari qui ne découvrira la présence de sa femme que lorsqu'elle ne sera plus là, Manana n'a fait que subir, supporter et se dévouer. C'est en tout cas ce que l'on suppose. Et c'est fini.

Et puis Manana, de plus en plus belle à mesure que le film avance et qu'elle réécrit son histoire pour elle-même, cessant de n'être que l'épouse de, la fille de, la mère de... retrouve par hasard des amis de fac' et participe à une soirée "d'anciens". A la suite d'une maladresse totalement involontaire, elle découvre un secret bien gardé qu'elle ne soupçonnait pas. Là encore, elle va réagir comme elle le fait toujours, avec calme, pondération et sans doute intelligence. Là où d'autres laisseraient exploser leur colère, leur déception, leur indignation !

Les scènes se succèdent et l'émancipation de Manana force le respect. Ni haine, ni colère chez cette femme. On aimerait crier avec elle : "FOUTEZ-MOI LA PAIX !" mais non, elle contemple le vent dans les branches de l'arbre qui frôle sa fenêtre. Les fenêtres sont toutes ouvertes dans ce beau film, qui donne à découvrir des gens, des traditions, une langue, un peu d'un pays.

Et puis, je ne sais si c'est la coutume en Géorgie, mais en toute occasion les hommes se mettent à chanter et ces polyphonies sont des splendeurs qui rythment magnifiquement le film et l'histoire.

Commentaires

  • Je l'ai vu ! Plutôt qu'une famille heureuse, je l'aurais appelé "une famille encombrante". Elle cumule la pauvre. Qu'est-ce que j'ai eu envie de la secouer aussi au début et encore après. A sa place j'aurais explosé. Mais c'est un beau portrait de femme qui s'autorise enfin l'autonomie. Les films géorgiens que j'ai vus faisaient une large place aux chants et aux réunions de famille, ça doit être assez culturel.

  • J'espère que le titre est ironique car personne ne semble... n'est heureux dans cette famille encombrante et BRUYANTE !!!
    Moi j'ai fini par admirer sa réaction ou son absence de réaction. C'est ce qui s'appelle "prendre du recul". Inutile de discuter... je ne dirais pas "avec ces cons"... mais à quoi bon ajouter des cris aux cris, ils ne comprendraient pas ?
    Elle a toute mon admiration !
    Je n'ai pas le souvenir de films géorgiens, il faudrait que je creuse, mais quelles splendeurs ses chants. Et on dirait qu'ils ont tous fait la maitrise de Radio France ces hommes (ça leur fait au moins une qualité).

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