Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

DETROIT

de Kathryn Bigelow ***

0174665_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Avec John Boyega, Will Poulter, Algee Smith

Synopsis : Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation.

À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux.

Jusqu'ici le cinéma de Kathryn Bigelow ne m'avait guère convaincue. Outre les très anciens et plus estimaubles Point Break (aaaah Patrick Swayze en surfer peroxydé, aaaaah Keanu Reeves en infiltré troublé) ou le très alambiqué Strange Days (Aaaaah Ralph Fiennes) la dame sait s'entourer nous a récemment fourni ses Démineurs, le film où des mecs en Irak cherchaient à savoir qui a la plus longue en espérant ne pas sauter sur des mines ! Et son Zero Dark thirty le film dans lequel elle faisait traquer Ben Laden par Jessica Chastain et offrait à NOTRE Reda Kated la meilleure scène, on ne peut pas dire que ce cinéma ait eu beaucoup d'effet sur moi. Qu'une dame d'apparence aussi féminine et fluette réussisse à faire un cinéma aussi musclé et  bas de plafond testosteroné est d'ailleurs une énigme.

En tout cas, ce Detroit relève largement et brillamment le niveau je trouve. Kathryn Bigelow se lance cette fois et avec toujours autant d'énergie dans une dénonciation des violences policières et de la parodie de justice qui s'ensuivit. Comme pour ses deux précédents opus, elle s'appuie sur une histoire réelle. Hélas, si les faits remontent à 50 ans, ils résonnent d'une étrange et lamentable actualité dans la nouvelle Amérique de Trump (mais pas que : "hola que tal ?"), raciste, violente et belliqueuse.

Comme toujours, le film est long, très long, presque 2 heures 30 qu'on ne voit pas passer même si la scène essentielle, asphyxiante, s'éternise et nous plonge dans un couloir et nous colle au mur comme les quelques clients de l'hôtel qui seront pendant des heures, interrogés, battus, terrorisés par 3 flics racistes et bas du bulbe. On croit à plusieurs reprises que la scène est finie, que les tortures vont prendre fin, mais la réalisatrice nous en remet une couche. Il semblerait qu'elle se soit appuyée sur les témoignages des survivants de l'époque. Insoutenable.

Avant d'en arriver là, on fait connaissance de quelques personnages, la plupart sont de jeunes garçons noirs dont un revient du Viêt-Nam et deux jeunes filles blanches peu farouches plus ou moins en rupture avec leur famille et désireuses de vivre quelques aventures croustillantes. La ville connaît quelques émeutes et soumet la population noire d'un quartier défavorisé de Detroit à des contrôles arbitraires. C'est là qu'intervient un flic, le jeune Philipp Krauss qui pousse le zèle jusqu'à abattre dans le dos, un fuyard désarmé ! Sa hiérarchie n'est pas fière mais le remet quand même dans le circuit. Lors de la nuit d'émeute de cet été 67, il va avec deux collègues, un peu moins enflammés que lui (mais ça peut s'arranger) s'acharner sur quelques jeunes gens qui s'étaient planqués dans l'Algiers Motel pour boire des coups et rigoler un peu. Leur terreur va aller croissant à mesure que le sadisme de Krauss prend de l'envergure. Et nous, pauvres spectateurs avons parfois envie de crier grâce avec paradoxalement l'envie malsaine de voir jusqu'où ce petit nazillon, bête et raciste (pléonasme) peut et va aller.

Parmi les victimes des policiers se trouve le très talentueux  Larry Reed des Dramatics (clic ici pour écouter ces love singers, ou encore ici pour une sublime version de Me and Mrs Jones) qui s'apprêtait, juste avant sa nuit de cauchemar, à signer un contrat avec la Motown. La bande son est donc un régal pour les oreilles.

J'ai trouvé l'interprétation touchante. En particulier celle de de John Boyega. Veilleur de nuit dans un commerce avoisinant le motel, il va assister à certaines scènes sans pouvoir rien faire et sera même un temps soupçonné (normal, il est noir) d'être à l'origine du premier coup de feu, objet de ce carnage. A noter également l'interprétation très subtile de Will Poulter. Il réussit malgré son rôle de nazi sadique à ne pas tomber dans la caricature.

Commentaires

  • Je suis tenté, mais encore hésitant.
    Tu penses que ça pourrait me plaire, franchement ?

  • Oui oui oui, trois fois oui. Il FAUT voir ce film.
    Si comme moi tu n'as pas aimé les deux précédents, celui-ci est MILLE fois meilleur et franchement passionnant.
    Vendu ?

  • Vendu. Je l'inscris dans ma liste des possibles.
    Décidément, depuis septembre, les bons films s'enchaînent, non ?

  • Rebonjour Pascale, je compte bien aller le voir quand il sortira la semaine prochaine. Bonne journée.

  • J e n'arrive pas à cerner à quelle hauteur tu recommandes ce film ! J'avais bien aimé Zero Dark thirty , celui-ci me tente, mas j'hésite encore avec d'autres.
    Belle journée !

  • A une hauteur élevée :-)

  • Je prends le temps de commenter avant que tu ne fermes ces commentaires (6 mois, pfff). Juste pour dire que je n'ai pas encore revu PointBreak mais que j'ai adoré ce Detroit.
    Une ambiance noire, de la soul forcément noire, pour un film noir dans une salle obscure. Ce fut parfois anxiogène, limite étouffant mais un grand film américain.

  • Hélas je ne peux rien faire pour la fermeture des commentaires après 6 mois.
    c'est Blogspirit... qui décide. J'ai demandé à ce que ça ne le soit pas mais spa poss' qu'ils disent.
    Oui c'est un film qui m'a mise en apnée parfois.

  • Je repasse par ici... et aussi par Detroit.
    L'envie m'a pris de m'y replonger, et avec le recul,
    je trouve que c'est un parfait complément
    de ma lecture en cours,
    même électricité dans l'air,
    de Detroit à Boston
    dans Le Silence de Dennis Lehane.

    Sinon, Detroit, j'ai pris autant de plaisir à regarder de nouveau ce film,
    mais, depuis ce billet, n'ai toujours pas pris le temps
    d'apprendre le surf avec Patriiiick....

  • Nan t'as jamais vu le gang des présidents ??? J'hallucine.

    Ça remonte ce Detroit mais je me souviens qu'il m'avait secouée ce film.
    Et le parallèle avec le silence est pertinent.

Écrire un commentaire

Optionnel